CONTES CHAOUI ET KABYLES (Algèrie)

selectionnés et proposés par Izem Aberbac

LA LEGENDE DE BOURK D'APRES E MASQUERAY (1876)

IL y avais un douar a iflen (1) en -dessous du rocher . la vivait un homme age .IL avait deux filles et l une d'elle se nomait aicha la folle (2) vint un maghrebi ecrevain (3) elle lui dit "ecris mon amant"IL lui dit "apoorte un oeuf " elle l 'apporta ,il ecrevait sur l 'ouef(4) et lui dit "de semaine en semaine survielle -le!" elle s'en retourna et surveilla l'ouef . l'oeuf s'ouvrait.elle y trouva une serpent(5) elle le porta dans une fente du rocher ensuite elle attendit .elle attendit.elle en fut bien punie elle y trouva un grand serpent. un dragon! IL sortit de la fente .elle s'enfit la nuit le serpent fait le tour du douar .
les chiens aboients la femme ce leve ,elle fait lever son maris (6) il lui dit :qu' ya t il ? ELLE lui dit :grand serpent vient dans le douar pour tout divorer "l homme se leve .il selle sa fument la femme dit "j'irai avec toi ,moi et les enfants " il monte en selle ,il prend sa femme deriere lui (7) il presse la jument il va vers ilfen . la etait bourk l aveugle .ils crient.les gens viennent "qu ya t il? REPOND : un dragon devore le douar "on va au dragon : la on le trouve entrain de devorer le douar ,on le chasse au sommet du kef(8) on pousse sur lui de grenades pierres et du feu le feu s eleve jusqu ai ciel (9) le serpent fond,et une graisse epaisse sort du bucher ,c 'etait aux jours de l 'ete.les abielles (10) travaillent sur cette graisse et en font du miel,au moment de couper les ruches (11) .on coupe beaucoup de miel on l entasse dans des paniers. mais les gens n en mange pas : ILS crainent de mourir ils ce disent"donnans-le bourk qui est aveugle et vieux. sil meurent peu importe ILS lui donnent un pen .il le mange.li se frotte a nouveau les yeux .il et gueri(12) aicha-la folle lui dit "ils ont voulu te faire mourir " il lui dit "fais
lever mes fils qu"ils viennent les fils arrivent(13) le pere leur dit "il ne demande pas le prise du sang(14) donnez moi aicha la
folle "il lui disent;"volontiers ils lui donnent et elle enfante :aith-aicha.aith-saada.menaa.ouled azouz15

1- ilfen ou iguelfen:vieux village au sud du dj azreg un douar est un hamea a l ecrat du village
2- tabaloult ou bahloula la folle "bahloul" est encore un nom courant dans la region de batna
3- le marocain est etranger et lettre:il pet ecrire
4- l 'oeuf est souvent associe aux pratique magique
5- le serpent et presque partout un animale malfique
6- maitresse au foyer.elle jouit d une autorite
7-on voit encore reelle aujourdhui le mari prendre sa femme en croupe
8- flaise abrute
9-le feu est un element purificateur ,liberateur
10-l'apiculture est une activite repandu dans les aures
11- la ruche traditionelle est un panier cylindrique en diss
12- le miel est apercie comme un medecament de choix !
13- pas de decision importante sans reunir la "djemaa" familialle
14- la "diya" l'ammande imposee au meutrier elle etait ver 1900 a tagoust ,de 750 frans pour un homme ,de 375 franc pour femme
(ou si le coupable et un enfant )
15- il s 'agit de quatre fraction des ouled-abdi (abdawi).le nom de bourk existe encore dans la region.

I GUELFEN

80 A 200 M AVANT D ENTRER dans les gorges de tighanimine on prend a droite une mauvaise piste . tres rocailleuse sur 2 km .qui grimpe en lacets sur le versant nord du dj krouma (1543m) et s engage dans la forets.la vue est tres belle sur la partie nord de l'oued el abiod (arris) la piste argileuse suit a niveaux ,l axe NE-SO DU dj azregu ou "ich aziza" (1937m) on croise une piste venanant du nord elle permetterait en contournant le dj tahda '1899m) de rejoindre pres de la fm (maison forestiere) du meme nom la piste venant du col de baali par l 'alpage de mondji et allant ver nara et menaa la piste sort de la foret des pins pres des hameaux de tafrent tout de suite a droite une piste assez peu visible sengage dans le lit de l oued qui cantourne par l est le massif du dj azregu ( la montagne bleu ) parcours curieux ou l'anse glisse entre les deux rives a moins qu un grand rocher oblige a un detour sur berge grand rocher oblige a un detour sur berge on atteint a 1396m, un seuil d'on l'on redescend ,assez brusquement (danger!) vers nara on renterait alors a batna par menaa (oued abdi ) on longe des champs cultives(aires a battre) au bord d'une faille du dj asslef on apercoit au sud , les ruines du village de bahloul et ses greniers fortifiers en suivant la rive sud de louest la piste arrive face au vieux village d'iguelfen ,domminant ses cultures en terasses et surmonte d une impressionnante "guelaa" a 6 ou 7 niveaux on peut s'y engager a pied en laissant les voitures pres de l'ecole et demandes a visiter les greniers commerciale avec ses innobrable cellules ,beaux tissages dans le style de rhoufi une piste multiere mene du sud vers dissa et baniane . des traveaux etait en cours pour prolonger cette piste au dela d'ighelfen jusqua menaa en countournant par l ouest le dj ich oumred (1344m) par thniet el hamra .ourhanine et ourka en attendant il faut revenir vers batna par tighanimine et arris source livre en flanant dans les aures


L'EPOPPEE D UN BANDIT D'HONEUR
MESSOUD BEN ZELMAT (1917-1921) d 'apres jean dejeux (1978)

condamne injustement ou voulant se venger d une injustice un paysan devient hors la- lois il prend le maquis et se faire redresseur de torts donnant aux pauvres ce qui'il prend aux riches aidé par son clan il et invulunerable ,jusquau moments ou trahi il est arrete ou tue les conditions crées par la guerre de 1914-18 ont favoriser la resistance aux autorites insoumis deserteurs criminels de droit commun .victimes des gardes forestiers se rufugient dans la montagne une bande evolue en 1917 ,dans le sud des aures sous les ordres de boumessrane,une autre se manifeste a foum toub ,dans la nuit du 14 au 15 octobre une quarantaine de bandits pilent les maisons ligotent les viellards bousculent les femmes ont met ces exactions sur le compte de BEN ZELMAT (le gaucher) qui etait cette originaire de de douar zalatout (t kout ) IL avait juré de venger son frere ali qui emprisonne a arris pour le vol d un mulet s etait evade avait -assassiner dans le maquis l autorite francaise essaie tous le moyens pour reduire ces bandes menaces primes indicateurs .patrouilles .de goumiers et de volontaires ect.... mais la populations sachant que ces bandits n en voulaient qu aux traitres admire leur audace et leur impunite colporte et amplifie leur faits d 'armes et leur fournit a l 'ocasion nouriture,munitions.hospitalite rensignement malgre les multiples operations monteés contre les bandes leurs chefs courent toujours jusqu en 1919 BEN ZELMAT avait respecté les europeens meme s'il semble en avoir dissuade l un ou l autre d 'executer ses projets le gouvernements generale decide de lancer , en octobre 1919 une vaste operation regroupant fantassins cavaliers ,tirailleurs et senegalais la population s'en plaint malgre les arachages les bandits restents insaisissables et continuents a ranconner ou abattre leurs adversaires le 20 fevrier 1920 le caid messoud du douar chelia est assassine par benzelmat lui mene dont on suit a la trace les deplacements .boumessrane denonce par des berges .est tue le 12 octobre 1920 pres de biskra ben zelmat qui ce cachaient dans le djbel chechar avec l intention de gagner la tripolitaine echappe de justesse a la mis decembre il est tue le 7 mars 1921 au doaur mellagou par des goumiers on retrouve sur lui un fusil lebel 1886.72 cartouches le cachet en argent du caid assassine des jumelles et theatre et un petit coran de poche l annonce de sa maorts se repand rapidement l echo d alger du 13 mars evoque ses vingt victimes est ses 8 condamnations ainssi que les 10.000 francs qui ont ete repartis entre les 10 goumiers qui l 'on eliminer sil na pas la dimention d un heros national le bandit d 'honneur reste un symbole il est craint mais admire par ce qui il tient tete a celui qui domine il na pas peur d affronter la sofrane et la morts dans la legende qu est venu amplefier le chant de azriyetil est l homme la nuit a la balle rapide capable d enlever la femme qu il aime capable de tuer l homme qu il hait capable aussi de jeter a plaines mains des billets de banque taches de sang que les danceuses foulent du pieds au rhytme de bracelets d argents 'jean servier) il est aussi celui qui est genereux pour les pauvres et QUI SAIT FAIRE RENDRE GORGE AUX PUISSANTS LA MEMOIRE COLLECTIVE NE PEUT L OUBLIER .....


LA LEGENDE D EL KANTARA
D APRES E.PERRET (1886)

Napoleon III FIT halte a el kantara en juin 1885 le repas termine .le souverain demeuraient pensif et son regard se pardait
dans le fabuleux décor qui se deroulaits a ses pieds L ‘un des chefs arabes reunis autour de lui le caid des ouled ali-ben saber demanda a sa majeste la permission de lui raconter la legende d el kantara .el il fit le recit suivant fidelement par l interprete avec toute sa saveur arientale A l epoque ou les chortes victorieuses des musilmans precedees par la memes anges noirs(1) armes de glaives de feu qui avaient chasse adam et eve du paradis teresstre quittainet le desrt par marchera la conquete du tell(2) un guerrier grievement blesse fut laissé par les djawads (3) aux pieds des rochers d el kantar sous la garde d un ange noir le soldat fut bientot devore par la soit .il se tourna vers la montagne etendit son bras armé de l epee infernale don’t la lame s alongera jusq’au sommet de la montagne et la trancha violement sur deux lignes parailleles l ‘eau captive de l autre coté de la montagne se precipeta a travers la gorge qui veniat d etre fuite(4) l ‘ange alors plongea dans l eaux limpide sa main qui se creusa comme un vase profond :le guerrier etancha sa soif et s’endormait profondement Quand il s’eveille il se tourna vers l’ange et lui dit “j ai fain” “l esclave du dieu tres haut nivela la terre d ‘un coup de son epeé de feu
et par la volonte de dieu l’osis d’el kantara surgit,avec ses dattiers ses pecheurs ,ses abricotiers ses figuiers ,ses vignes.les palmiers qui se dresse le plus pres du blesse se pencha vers lui et il put en allongeant le bras ceuillir des datters dorees(5) c’est ainssi que dieux pourvut aux besoins d’un defenseur de la foi le guerrier retablit convertis a la croyance de mahomet les berberes de contree avec les quels il s allia et sa propriete peupla l osis (6) “quand a l’ange noirs,dieu le rappela a lui ,il dort dans un coin inconnu de l’oasis,et il ne se reviellera que l’orsque la foi en danger exigera la fermeture du col d’el kantara(7) “

1- le coran parle d’ange qui regardent l’enfer protegent les crants assistant les mudjahidines dans leur lutte contre les infideles
2- lors de l expedition d’okba –ben nafaa au VII eme sicle
3- les chefs nobles
4- les eaux de l oued –fedhala et l ‘oued el hai “le fleuve de vie”
5- L oasis compterait aujourd hui pres de 100.000 palmiers
6- Les kantari son fiers de leur origines arabes ….
7- Comme si le danger venait du nord ce site remarquable a ete surnomme foum es_sahra la bouche du desert FROMENTIN L APPELAIT LA PORTE D OR

D AUTRES TIREES DU LIVRE " MONOGRAPHIE DES AURES"

LE ROI BAGHAI

La légende s'est emparée de la destruction de Baghai au moment de l'invasion hilailienne, elle est connue de tous les montagnards de l'Aurès qui ont donné aux personnages les noms les plus connus de la contrée. Nous ne pouvons résister au plaisir de la raconter ici ... "En ce temps-là un certain roi nommé Baghai avait 07 filles M'Toussa, Khenchela, Sbikha ... toutes riches comme leur père. Une épaisse forêt d'oliviers s'étendait entre le domaine de Baghai et celui de sa fille M'Toussa et le pays était si sûr que tous les jours le roi envoyait à sa fille un mulet chargé de figues sans conducteur. Le mulet suivait son chemin dans la forêt, présentait lui-même sa charge à M'Toussa et revenait à Baghai en portant des raisins. Or, il arrive que le mulet arrive un jour sans raisin. Baghai fit faire des recherches et ses serviteurs découvrirent dans le djebel Mahmel (sud-est de Khenchela) les traces des pas d'un chameau. Cet animal ne pouvait être la monture que d'un envahisseur arabe. Aussitôt Baghai écrivit à ses filles de fuir en emportant leurs richesses. Lui-même fit enlever tous les trésors de son palais et n'y laissa que 02 colombes dont l'une était complètement déplumée. Peu de temps après les Hilailis se répandirent dans le pays, le trouvèrent abandonné et parvinrent rapidement au chateau de Baghai. Toutes les portes en étaient ouvertes, sauf celles de la chambre qui contenait les colombes. Quand ils l'ouvrirent l'un des oiseaux s'envola ; l'autre resta entre leurs mains et ils trouvèrent sous son aile le billet suivant : la colombe s'est envolée avec ses plumes. Gardez l'oiseau déplumé" .


Episode de la Djazia et de Diab.

Nous extrayons la légende suivante d’un très remarquable travail du cne Vayssière sur la tribu des Ouled Rechaich d’origine berbère, parlant encore le chaouia et qui habitait jadis l’Aurès . L’élément arabe représenté par quelques familles hilaliennes les pénétra vers le milieu du II° siècle . Le chef de famille était un nommé Diab Ben Ghanem renommé entre tous par sa sagesse dans les conseils sa bravoure et sa vigueur dans les combats. On lui donnait le surnom de Bou Khebir , ceux qui le suivaient prirent celui de Bou Mokhaiber. Etablie d’abord en Tripolitaine après son exode de l’Egypte cette fraction des Ouled Hilal descend des environs de Gafs vers le Sahara par Tamerza, Négrine et Ferkane, séjourne près de M’Sila donne son nom à la rivière qui y passe (Ouled Hellal ou Hila) pousse jusqu’à Badès sur l’oued El Arab , remonte peu à peu cette vallée jusqu’à Khenchela puis s’éparpillant à droite et à gauche laisse dans chaque point où elle fait séjour quelques familles fatiguées par la difficulté de la route. C’est ainsi qu’on en trouve des traces en peu partout dans l’Aurès mais principalement dans le djebel Cherchar et les monts des Ouled Rechaich. Les légendes relatives aux Ouled Hilal, à leurs luttes contre les berbères aux exploits de leurs chefs forment une épopée complète qui nous transporte aux âge héroîques et qui nous donne une idée fort exacte de l’esprit et les moeurs arabes ; amour loyauté chevaleresque à côté de ruses voisines de la duplicité, luttes épiques, récits de chasses, scènes de la vie nomade et pastorale, on trouve de tout dans ces chansons de geste dont l’ensemble constitue un véritable cycle héroîque d’un grand souffle poétique et d’une grande originalité. Elles sont en prose vulgaire mêlée de morceaux rythmés ; « les vers sont, disent les Arabes , à l’ensemble ce que le sel est à la viande ». Il est peu de tolba principalement chez les Ouled Rechaîch qui ne les connaissent pas ; elles font les frais des longues veillées autour des feux de bivouac, elles sont assez nombreuses pour qu’on puisse les varier presque indéfiniment. Les auditeurs du reste ne se fatiguent jamais ; accroupis dans leurs burnous ils écoutent dans un silence religieux la voix du conteur qui s’élève au milieu du calme de la nuit ; de temps en temps un d’eux allonge son bras nu pour attiser le feu et la flamme jette alors un reflet plus vif sur tous ces visages bronzés et attentifs. Le spectacle de ces hommes immobiles dans le cadre merveilleux des nuits sahariennes frappe l’imagination autant que les récits du rapsode et on se croit transporté aux âges héroîques où Diab le Hilali courait la plaine à la poursuite de la Djazia. Cette djazia joue un grand rôle dans l’épopée hilalienne ainsi que son amant Diab Ben Ghanem ; elle a donné son nom au tombeau romain qui se trouve un peu à l’est de Khenchela dans la plaine de Sbikha près du lieu dit Enchir Oum-Kif. Près de ce point se trouve aussi la Kouba de mergueb Ed Diab. Voici cette légende :

Au moment où la tribu avait planté ses tentes dans le Sahara vivait une jeune fille d’origine noble dont tous les guerriers célébraient la beauté ; elle s’appelait Djazia Bent Serkane . La tribu était fière d’elle et les plus belles chantées le soir autour des feux avaient été composées en son honneur. Un jour Djazia avait réuni chez elle 40 jeunes filles nobles pour une réjouissance. Or ce jour-là un jeune homme de la même fraction du nom de Diab Ben Ghanem qui était orphelin et avait pour fortune 40 brebis et 01 bélier, avait mené son troupeau en pâturage dans le voisinage de la tente de la jeune fille. Remarque de loin une réunion de femmes il laissa son troupeau et s’approcha pour les voir de près. Comme il les examinait il aperçut près de la tente de Djazia 02 vases dans lesquels celle-ci avait planté des artichauts ; ces plantes bien soignées portaient de beaux fruits qui donnèrent envie au jeune homme. Il tira son couteau les coupa et les mangea. Djazia l’aperçut et lui cria : « Za, Hif » le chassant ainsi en signe de mépris par le cri dont on se sert pour pousser les chameaux, et lui souhaitait une maladie habituelle de ces animaux. Diab lui répondit en vers : » Cette maladie est pour celui qui ne soigne pas son hôte - la verdure image du printemps doit être réservée à l’hôte ».

Piquée par ces mots, Djazia dit aux jeunes filles qui se trouvaient avec elle : »Allons prendre chacune une de ces brebis du troupeau de ce jeune homme ». Elles firent ce qui leur était dit et rapportèrent à la tente les 40 brebis du Diab. Ce que voyant celui-ci prit le bélier et l’apporta lui-même. Chacune des jeunes filles égorgea la brebis qu’elle avait apportée, Diab de son côté égorgea le bélier en disant : »La viande de mouton est la viande des amoureux, - elle est savoureuse - les agneaux et le lait caillé sont la nourriture des Arabes - une troupe puissante s’est jetée sur mon troupeau - les guerrières qui la composaient étaient en nombre égal aux brebis. - Elles ont laissé un bélier seul et appelant ses brebis, - comme une mère, par des bêlements plaintifs - ce bélier représentait ma part de butin - le mâle appartient toujours au mâle.- Toutes les brebis ont été égorgées, - j’ai égorgé aussi le bélier.- Tel est le cours du monde, - on est tantôt riche tantôt pauvre - mon bien a été mangé par des jeunes filles nobles ; - C’est un honneur et un heureux présage pour moi ».

Ces paroles et l’air de grandeur avec lesquelles elles étaient prononcées donnèrent à Djazia qui se dit : » Ce Diab Ben Ghanem est un homme ». Elle persuada à ses compagnes toutes filles de grande tente de demander chacune à ses parents une chamelle pour la donner à Diab Ben Ghanem en remplacement des brebis qu’il leur avait si galamment sacrifiées et qui constituaient toute sa fortune. Ce qui fut dit fut fait ; chacune des jeunes filles lui donna une chamelle et Djazia elle-même lui donna un chameau mâle. Diab Ben Ghanem continua à garder son troupeau de chamelles comme il gardait son troupeau de moutons. Environ 01 an après comme il les avait menées en pâturage il vit venir à lui un homme qui conduisait 02 pouliches par le figure. Une d’elle, de robe blanche se roulait à terre et se relevait si lentement qu’elle ne tirait pas sur le licol et que son maître ne s’apercevait même pas de son manège Diab se dit que cette pouliche devait être de race et de merveilleuse vitesse ; il demanda au maître des pouliches qui était juif s’il voulait les vendre ; celui-ci répondit affirmativement . Diab lui
demanda : »Combien veux-tu de la pouliche blanche ? L’homme répondit : »Donne-moi tout ton troupeau, je te donne ma pouliche blanche ». Diab se récria. Après de longs pourparlers, le juif lui donna la pouliche pour 08 chamelle.

Diab dès ce moment conduisit toujours son troupeau avec cette pouliche blanche ; il lui donnait au lieu d’orge le lait de ses chamelles. 03 ou 04 ans s’écoulèrent et la pouliche blanche devint une belle jument. Pendant ce temps le troupeau de Diab s’était augmenté il était devenu presque riche avait pris une femme et un berger le remplaçait dans la garde de ses chamelles ; lui passait tout son temps à chasser . Il commença dès ce moment à prendre part aux razzias que les gens de sa fraction dirigeaient contre les peuplades voisines et bientôt sa réputation de vaillance et de courage s’étendit dans toutes les tribus. Vers ce temps-là la renommée de la merveilleuse beauté de la Djazia parvient jusqu’aux oreilles d’un juif marchand très riche qui parcourait les tribus pour son commerce. Ne pouvant la demander en mariage l’idée lui vint de l’enlever. Pour exécuter son projet il se rendit au douar de Djazia monté sur un cheval si vigoureux et si rapide qu’il ne lui croyait pas son pareil. Arrivé près des tentes il demanda suivant son habitude : »Qui veut acheter des bijoux, des bracelets d’or et d’argent » ? Djazia qui l’avait entendu dépêcha une de ses femmes avec mission de lui choisir 02 bracelets d’or.

La servante alla trouver le marchand qui après lui avoir demandé de la part de qui elle venait lui remit 02 bracelets pour les présenter à sa maîtresse. Celle-ci les trouva d’un beau travail mais après les avoir essayés les renvoya en disant qu’ils étaient trop grands. Le marchand remit 02 autres bracelets d’un beau travail aussi mais qui cette fois se trouvaient trop petits. Comme la servante les rapportaient encore, le juif lui dit : » Prie donc ta maîtresse de venir essayer elle-même. C’est seulement en voyant son poignet que je pourrais lui choisir ce qu’il lui faut ».

La Djazia avertie par sa servante sortit de la tente et s’approcha de l’étranger qui était à cheval. « Pourquoi ne mets-tu pas pied à terre » . Il lui répondit : « Je suis pressé et ma marchandise n’est pas encombrante. J’ai d’autres douars à visiter. Essayer vite et je vais partir » . La Djazia s’approcha sans défiance. Comme elle tendait ses mains au juif pour lui montrer la grosseur de ses poignets celui-ci la saisit attira la jeune fille à lui, l’enleva sur sa selle et partit à fond de train.

Immédiatement les gens du douar qui avaient assisté sans avoir eu le temps de s’y opposer à cet enlèvement si audacieux sautèrent à cheval et se mirent à la poursuite du ravisseur appelant à leur aide les gens du douar voisin. Ce jour-là Diab Ben Ghanem était allé à la chasse avec 02 de ses amis, Zidet Bou Zid. Les chasseurs avaient tué une gazelle et s’étaient arrêtés pour en faire cuire un quartier . Leurs chevaux étaient près d’eux. Les brides pendant à terre mâchant leurs mors encore blanche d’écume. Tout à coup la jument blanche de Diab leva la tête, dressa les oreilles et hennit longuement. Diab s’écria : » La jument blanche hennit, serait-elle donc inspirée ? ou la tribu est razziée ou la Djazia est enlevée » . Les 03 hommes sautèrent à cheval et se dirigèrent vers leur douar. En arrivant ils apprirent l’enlèvement de Djazia et sans mettre pied à terre se lancèrent à la poursuite du ravisseur. Ils ne tardèrent pas à atteindre en suivant leurs traces les Ouled Hilal qui poursuivaient l’audacieux marchand ; ceux-ci par l’effet même de leur poursuite s’étaient échelonnés suivant la vitesse de leurs chevaux. Diab dont la jument avait autant de fond que de rapidité les dépassa l’un après l’autre et à la tombée de la nuit se trouva sur les talons du Juif. Dès qu’il arriva à portée de voix il cria à Djazia qui tournait la tête pour voir si en poursuivait son ravisseur. « O celle dont les yeux sont semblables à ceux d’une jeune gazelle, - dont les joues brillent comme un soleil, - dont les bras ont l’éclatante blancheur des sabres hindous, - O mon amante de toutes les nuits - pour qui mon coeur brûle d’amour, - O Djazia ! n’aie aucune crainte, - de mes mains je ferai pleurer ce juif fils du pêché, - et nous retournerons en paix à notre campement ». Diab aurait pu dès ce moment atteindre le Juif mais il pensa que s’il le faisait les autres poursuivants arriveraient presque aussitôt sur lui et qu’il ne pourrait rester un instant seul avec la Djazia . Il prolongea donc la poursuite en retenant sa jument toujours pleine d’ardeur malgré la longueur de la course fournie : A la nuit tombante il comprit qu’il avait assez l’avance sur ses compagnons pour n’avoir pas à craindre d’être rejoints par eux.

Il craignait d’autre part que l’obscurité grandissante qui servait ses projets en lui cachant ses traces ne favorisant la fuite du ravisseur. Il enleva sa bonne jument dans un suprême effort atteignit le juif embarassé de son fardeau et le perça de sa lance. Diab et Djazia qui s’aimaient secrètement depuis leur 1° rencontre étaient donc enfin réunis ; seuls dans la nuit profonde, libres de se dire leur amour et de se le prouver loin des regards importuns et méchants. Djazia toute la joie de cette rencontre inespérée sentant son amour grandir encore pour celui qui venait de la délivrer des mains de son odieux ravisseur voulu aussitôt descendre du cheval du juif sur lequel elle était restée pour aller se jeter dans les bras de son libérateur et de son amant. Mais Diab bien qu’il eut autant de hâte qu’elle de la serrer sur son coeur n’oublia pas la prudence. Ne voulant pas compromettre celle dont l’honneur lui était plus cher que la vie , il sut pour un moment faire taire son amour et imposa silence aux désirs qui le consumaient. Il pria Djazia de rester en selle puis gagna un peu de terrain sur les cavaliers qui venaient derrière eux, et lui fit faire un grand détour de manière à entrer à leur douar en les évitant. Ils marchèrent ainsi côte à côte pendant environ une heure. Diab prodiguait à sa compagne les paroles les plus tendres et celle-ci le coeur tout gonflé d’amour ne lui répondait que par des soupirs et des mots entrecoupés. A un moment leurs chevaux s’étaient rapprochés Diab se pencha saisit la jeune fille par la taille l’attira vers lui et posa longuement ses lèvres sur ses lèvres. Frémissant jusqu’au plus intime de son être et à moitié pâmée Djazia après un moment se dégagea de son étreinte : « O Diab ! murmura-t-elle d’une voix aussi faible que la brise du Sahara un soir d’été, Diab doux objet de mes rêveries de vierge, toi que j’aime depuis longtemps sans que ma mère le sache ton amour est encore plus doux que ton bras n’est fort ; je suis ta chose et ton bien . Ne me fais pas souffrir plus longtemps. Mets pied à terre et viens sur mon coeur !.

Diab lui répondit : « O Djazia ta salive est plus agréable à mes lèvres que la fraîche source de l’oasis après une longue course. Je t’aime depuis le jour où je t’ai vue pour la 1° fois et tout mon être frémit à la pensée que tu vas être à moi. Je te veux. Je te désire jusqu’à en mourir. Mais il vaut mieux ne pas descendre de cheval. Demain les cavaliers de notre tribu
suivront nos traces et s’ils voient que nous avons mis pied à terre ils ne manqueront pas de médire et de soupçonner ta vertu . L’amour ne doit pas faire oublier la prudence et nous pouvons être heureux à l’insu de tous » . Il dit et s’appuyant sur sa lance sauta légèrement sur le cheval de la jeune fille . Celle-ci qui avait compris son intention lui fit place derrière elle
puis se tournant vers lui l’entoura de ses bras, le baisa sur la bouche et s’abandonna en fermant ses grands yeux de gazelle ...

Après qu’ils se fussent livrés à toutes les ivresses de l’amour partagé, Diab Ben Ghanem remonta sur sa jument qui était restée attachée à sa lance fichée à terre et les 02 amants se remirent en route . Ils marchèrent toute la nuit, toute la journée du lendemain et ne rentrèrent à leur douar que vers le soir . Cependant en les voyant revenir tous 02, les Hilailia se doutèrent que Djazia avait donné sa récompense à celui qui l’avait délivrée des mains de cet infidèle fils du mal . Ils envoyèrent 02 cavaliers suivre les traces laissées par les 02 jeunes gens pour voir s’ils avaient mis pied à terre et s’étaient reposés côte à côte ; les cavaliers rendirent compte 03 jours après que les traces étaient partout régulières et que nulle part Diab et Djazia n’étaient descendus de cheval . Une partie des Hilailia accèptèrent leurs déclarations et admirent que la
Djazia était sortie intacte de l’aventure. Il parut impossible à d’autres qu’un homme vaillant et courageux comme Diab venant de délivrer une jeune fille de la beauté de Djazia et restant en tête à tête avec elle durant toute une nuit n’eut pas profité de l’occasion unique qui s’offrait à lui . Parmi ces derniers se trouvait Khalifa Zenati guerrier réputé par sa valeur,
le plus influent de la fraction des Zenata dont on le considérait comme le chef. Depuis longtemps il aimait Djazia en sercret ; la pensée que la jeune femme avait appartenu à un autre lui déchirait le coeur et aigri par la souffrance il soutenait avec âpreté et violence que Djazia n’était plus vierge . Les esprits s’échauffèrent peu à peu ; les Drid défenseurs de la Djazia, et
les Zenata qui soutenaient les accusations de leur chef en vinrent aux injures puis aux coups. 02 jours de suite les cavaliers des 02 parties se montrèrent dans la plaine et chaque fois de nombreux cadavres restèrent sur le terrain. Peiné de ces massacres inutiles qui faisaient périr la fleur des cavaliers de la tribu, Khalifa Zenati proposa à Diab Ben Ghanem que les Drid cosidéraient en raison de sa vaillance comme leur principal champion d’en finir par un combat singulier . Diab accepta . Les 02 guerriers se rencontrèrent le lendemain au milieu d’un grand cercle formé par les gens des 02 parties . La Djazia était présente et semblait en quelques sorte présider ce combat livré pour elle et dont sa réputation de vertu était l’enjeu. Les 02 combattants étaient si maîtres de leur monture et si habiles dans le mouvement du sabre et du bouclier qu’ils luttèrent toute la journée sans parvenir ni à se blesser ni à se démontrer . Ils combattirent ainsi 07 jours de suite sans résultat .

Le 8° jour au matin pour encourager son champion, Djazia lui envoya son collier . Diab le porta à ses lèvres, le baisa, aspira longuement son parfum qui était celui de sa maîtresse puis avant d’aller au combat le passa au cou de sa jument . La lutte ayant commencée à la 1° passe le sabre de Diab glissa sur le bouclier de son adversaire et atteignit la jument de Zenati . Le coup était si violent que la jument s’affaissa pour ne plus se relever . Khalifa Zenati démonté les chances n’étaient plus égales et le combat fut encore interrompu . Diab demanda à son adversaire quand il recommmenceraient ; celui-ci lui répondit qu’il lui en ferait donner avis. Dès le lendemain matin Khalifa Zenati se mit à la recherche d’une bonne monture . Ne réussissant pas à trouver une il se résolut à envoyer sa propre fille chez Diab Ben Ghanem pour lui demander de lui vendre sa jument ; il savait bien que Diab, généreux et chevaleresque, ne pourrait rejeter la demande d’une femme .

Djazia eut vent de son intention par l’indiscrétion d’un serviteur ; elle se rendit le soir même à la tente de Diab devant laquelle sa bonne jument était attachée à côté d’une autre de moindre valeur également de couleur blanche, enfonça des aiguilles dans les jambes de derrière de sa jument favorie puis les recouvrit de goudron de manière à cacher les aiguilles et à faire enfler les jambes de la bête. Le lendemain la fille de Khalifa Zenati se présentait à la tente de Diab ; celui-ci lui fit le meilleur accueil et après les 1° souhaits de bienvenue, l’invite à s’asseoir et à prendre une collation . Elle lui répondit : « La meilleure et la plus belle agréable collation que tu puisses m’offrir c’est de m’accorder la chose que je vais te demander ». Diab lui dit : » Je suis heureux si tu as un désir que je puisse satisfaire ». A ce moment entrait dans la tente Djazia qui venait avec quelques unes de ces compagnes saluer la fille du Khalifa Zenati. Celle-ci alla immédiatement au-devant d’elle, l’embrasse puis l’ayant prise à part lui montra les 02 juments blanches qui étaient à la corde devant la tente et lui demande laquelle Diab montait dans les combats . Djazia lui désigna la moins bonne en ajoutant que l’autre avait les jambes enflées et d’ailleurs était médiocre . La fille du Khalifa rentrant alors dans la tente demanda à Diab de lui vendre pour son père la meilleure de ses juments . Diab lui répondit : » Je ne puis tien te refuser. Les 02 juments qui sont devant la tente sont à moi. Choisis celle que tu voudras, je te la donne. La jeune fille après un moment d’hésitation se décida pour celle dont les jambes étaient saines. Diab lui fit mettre immédiatement un bridon et l’envoya à la tente de Khalifa Zenati. Khalifa en voyant arriver cette jument dit à sa fille : « Ma fille, cette jument n’est pas celle de Diab. Il t’a trompé et ne mérite pas la réputation de noblesse et de générosité qu’on lui a faite. « La jeune fille répondit : »O mon père Diab était le plus noble et le plus généreux des hommes. Si je ne vous amène pas la jument qu’il montait quand il combattut contre vous, n’en accusez que moi seule. Il y avait 02 juments attachées devant sa tente : l’une avait les jambes saines l’autre avait les jambes enflées. Il m’a prié de choisir j’ai cru bien faire en prenant celle-ci dont les jambes étaient en bon état « . Khalifa reprit : « Ma fille tu as fait pour le mieux ; mais s’aurait été une bonne fortune pour ton père si tu avais choisi l’autre même avec ses jambes malades ». Il fit ensuite seller la jument , la monta, l’essaya. Quoique bien loin de valoir la jument favorite de Diab elle n’était pas à dédaigner Khalifa comprit qu’il ne pouvait en trouver une meilleure et dès le lendemain envoya son cartel à Diab Ben Ghanem. Cependant Djazia dès le départ de la fille de Khalifa avait enlevé les aiguilles qu’elle avait enfoncées dans les jambes de la jument favorite de Diab, avait lavé ses blessures avec de l’eau fraîche puis avait fait sur toutes les jambes une application de henné. La bonne bête guérit presque de suite et, sa jument se trouvant en état Diab dut accepter le Cartel de
Khalifa Zenati. Les 02 adversaires se rencontrèrent comme précédemment au milieu d’une sorte de cirque formé par les spectateurs des 02 fractions . Au 1° choc Diab atteignit son ennemi au côté, Khalifa tomba . Diab s’élança sur lui. Les 02 hommes roulèrent l’un sur l’autre . Aucun d’eux ne se relevant les assistants se demandaient avec anxiété lequel des 02 sortirait vainqueur de cette étreinte mortelle. Chacun des 02 parties faisait des voeux pour son champion mais personne n’osait s’avancer sur les combattants. Après un long moment d’attente Djazia s’écria : » La mort s’est abattue sur eux ». Se levant alors au milieu de ses compagnons et s’adressant à Diab lui-même elle lui cria : » O Diab lève-toi et viens ». En attendant la voix de son amie, Diab se leva et vint rejoindre ses compagnons en disant : « Toujours le 1° au combat ; - ma lance est comme empoisonnée , - mon sabre est aigu et tranchant, - leurs blessures sont toujours mortelles, - j’ai tué la jument de Zenati, - au jour d’un combat loyal, - mon adversaire a pu s’échapper de mes mains, et le combat a été interrompu, - mais au jour fixé par la destinée, - il ne lui est plus resté de refuge, - je l’ai percé de ma lance aigue, - et il s’est écroulé comme une ruine, - O malheureux Khalifa Zenati - tu est parti et les tiens sont toujours là ». La victoire de Diab fut considérée par les Hilailia comme une sorte de jugement de Dieu ; elle mit fin aux médisances des Zenata qui s’accordèrent dès lors à proclamer la vertu de la Djazia. C’est ainsi que Diab Ben Ghanem sauva la réputation de sa maîtresse à la fois par sa prudence et par sa valeur. Elle récompensa en continuant à l’aimer et à lui accorder ses faveurs à l ’insu de tous . Tout dans ce récit ne rappelle-t-il pas les chansons de nos coeurs d’amour et ne sent-on point que les rapsodes arabes de jadis avaient vécu intimement côte à côte avec nos troubadours ? Ce respect de la femme cette indiscrétion dans l’amour, ce combat qui ressemble tant à ce qu’on nommait le jugement de Dieu , ne prouvent-ils pas que la colonisation arabe de ce temps s’était affiné au contact de nos chevaliers à l’époque des croisades ... dont nous venons de raconter la légende mais un certain Ahmed surnommé le Hilal. Il est le plus jeune des 07 garçons fils d’un même roi et demande à son père de marier ses 06 frères et lui-même avec 07 jeunes filles issues du même père et de la même mère . Comme le sultant ne peut les satisfaire ils partent à la recherche d’un royaume errant tous les 07 dans le Sahara . Ahmed rencontra des ogres, des voleurs, des dragons, des rivières qui se combattent , des montagnes qui s’entrechoquent . Il triomphe de toutes les difficultés et parvient au chateau d’un roi qui a 07 filles de la même femme . Après une série de combats il se marie . Sa femme lui donne un anneau magique qui lui asservit les génies . Ses frères, jaloux de ses services le trahissent et l’abandonnent dans un puits ... Mais il s’échappe grâce à son anneau, revient dans le royaume de son père et met ses 06 frères à mort.

Une autre fois il est fiancé à une jeune fille du Souf et habite la plaine de Sbikha près de Khenchela . Son cheval gris nourri par lui-même de lait et de dattes le porte au coeur du Sahara . Il a décidé le père de sa fiancé à passer l’été dans la Sbikha ; mais le père retira sa parole et pendant qu’Ahmed accompagne un de ses troupeaux du côté de Constantine il retourne au Souf emmenant la jeune fille . Des traîtres ont enfermé le cheval d’Ahmed dans un chateau voisin . Il revient, se livre au désespoir et appelle son cheval . L’animal brise de ses 04 pieds les murs du chateau, renverse ses gardiens et rejoint son maître . Ahmed lutte dans le Sahara contre les tourbillons de sable il est aveuglé son cheval reste près de lui et pleure . Un oiseau survient qui indique un remède au jeune héros . Il enlève sa fiancée et retourne à la Sbikha. Ces légendes héroiques ... ne se racontent qu’en langue arabe. On assiste encore aujourd’hui sous les tentes et sous toutes les petites maisons des Chaouia aux représentations rapsodiques des anciens grecs. Le soir, car il est inconvenant de conter pendant le jour, suivant la qualité de voyageur et suivant qu’il se trouve au milieu d’indigènes instruits du passé ou tout à fait sauvage un orateur commente soit les hauts faits de Sidi Abdellah, le convertisseur musulman de l’Aurès, le brûleur de chrétiens, soit les
aventures de Ahmed El Hilali, soit les tours d’adresse de quelque voleur illustre, soit une fable enfantine . La 1° série est la plus ancienne, elle se conte ainsi en arabe : »Comment Sidi Abdellah ruina Tébessa ? ... Ce que dit Abdellah devant l’Aurès ... Comment Sidi Okba fut tué par les Berbères » ...


LE LEGENDE DE BOURCH

« Il y avait à Ilfen (ou Guelfen ou Iguelfen) un douar installé au-dessous d’un rocher. Là vivait un homme âgé . Il avait 02 filles et l’une d’elles se nommait Aicha Tabalhoult (la folle) . D’autres disent qu’elle se nommait Aicha El Bahloula. Vint un Maugrébien écrivain. Elle lui dit : » Ecris à mon amant « . Il lui répondit : » Apporte un oeuf ». Elle l’apporte. Il écrivit sur l’oeuf et dit : » De semaine en semaine surveille-le ». Elle s’en retourna chez elle et surveilla l’oeuf. L’oeuf s’ouvrit et il en sortit un serpent ; elle le porte dans une fente de rocher . Ensuite elle attendit . Elle en fut bien punie . Un jour qu’elle passait près du rocher elle y trouva un grand serpent un dragon qui sortait de la fente où elle l’avait déposé quand il était petit . Elle prit peur et s’enfuit. Le serpent la suit et la nuit il fait le tour du douar ; les chiens aboient la femme se lève et fait lever son mari . Il lui dit : » Qu’y a-t-il ? « Elle répondit : »Un grand serpent vient dans notre douar pour tout dévorer ». L’homme se lève, il selle sa jument ; la femme lui dit : » J’irai avec toi, moi et les enfants ». Il monte en selle il prend sa femme derrière lui, il presse sa jument et se rend à Ilfen. Là était Bourch, vieillard aveugle. Ils crient, les serviteurs de Bourch accourent : » Qu’y a-t-il » - « Un dragon dévore notre douar « . On va au dragon on le trouve en effet qui dévorait le douar . On le chasse au sommet du kef. On jette sur lui de grandes pierres et des arbres jusqu’à ce qu’on le couvre. On allume du feu ; la flamme s’élève jusqu’au ciel . Le serpent se fond et une graisse épaisse coule du bûcher . C’était aux jours de l’été . Les abeilles viennent butiner sur cette graisse et en font du miel. Le moment est venu de couper les ruches on récolte beaucoup de miel .
On l’entasse dans des paniers ; mais les gens n’en mangent pas . Ils craignent de mourir . Puis ils prennent la résolution d’en faire manger à Bourch disant : « donnons-en à Bourch qui est vieux et aveugle, s’il meurt peu importe » . Ils lui en donnent un peu. Il le mange ; il se frotte les yeux ; il voit. Il dit : « Ajoutez-en un peu ». Ils lui en donnent un grand morceau. Il mange, il se frotte les yeux, il est guéri. Aîcha Tabahloult lui dit : »Ils ont voulu te faire mourir » . Il lui . Il lui répondit : » Fais venir mes fils qu’ils viennent ». Les fils arrivent. Le père leur dit : » Je ne vous demande pas la dya (prix du sang) ; donnez-moi Aîcha ». Ils lui disent volontiers. « Ils la lui donnèrent et elle enfanta de nombreux enfants dont la descendance constitua les tribus qui peupladent aujourd’hui l’Aurès ». Les hommes les plus instruits ne sont pas d’accord sur l’origine de ce Bourch ; les uns comme l’ancien cadi de l’Aurès qui habitait Sidi Okba, Si Said Ben Mohamed le disent romain . D’autres le donnent comme descendant du prophète et venu dans le pays avec les Ouled Hilal . Tous cependant sont d’accord à peu près sur le nombre et la descendance de ses enfants. D’après ces dires on peut établir ainsi l’arbre généalogique des dernières tribus de l’Aurès : BOURCH BEN ALI BEN MOHAMED BEN AHMED BEN CHIKH BEN CHIKH ETLANI BEN ATRAD BEN ATRI BEN ALI BEN HELLAL BEN MOHAMMED BEN AMER ELAUSARI fut marié deux fois ; de ces mariages il eut : avec TOUBA

ALI
Belkheir (Taghit Sidi Bel Kheir des Ouled Abdi)
AZZOUZ (Ouled Azzouz des Ouled Abdi)

ABDALLAH
El Abed (Ahmar Khaddou)
Hadjez (Ahmar Khaddou)
Merzoug (Ahmar Khaddou)

SAADA
Hamidane)
Slimane )
Khelif ) (Amentane, Menaa, Nara des Ouled Abdi)
Yahia )

YOUSSEF
Lakhdar ( Batna)

avec AICHA TABAHLOULT

ABDERRAHMANE (Ahmar Khaddou)

DAOUD
Moussa (Ouled Daoud)

ABDI
Daoud )
Youssef ) (Chir, Ghezal, Rebia, Akhrib, Nouader, Taghit,
Mahdi ) Haydous, Teniet El Abed, Baali, Ouled Azzouz
M’Sellem ) des Ouled Abdi)

HAMACHI (Tebessa)

YOUB (Ahmar Khaddou)
La 1° famille qui se sépara de Bourch fut celle de Daoud qui s’établit non loin de son père, à environ 07 ou 08 km et y construisit un fort village, encore existant aujourd’hui, auquel elle donna le nom de Belloul ou Bahloul, qui était celui de la mère de Daoud, Aicha El Bahloula . Le fils de Daoud s’appelait Moussa et les Ouled Moussa sont encore une des fractions les plus importantes des Ouled Daoud . Puis 03 autres enfants de Bourch, Abdallah, Abderrahmane et Youb s’installèrent dans l’Ahmar Khaddou . Les Ouled Lakhdar se fixèrent aux environs de Batna et les Hamachi dans les environs de Tébessa. Il ne nous reste plus qu’à nous occuper de la descendance des 03 autres fils : Ali, Saada et Abdi, les seuls qui demeurèrent dans le pays. Ils fondent d’abord le village de Tazert près de Taghit Sidi Bel Kheir, et c’est de cette localité qu’ils vont s’élancer à la conquête de la vallée de l’oued Abdi .