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CONTES CHAOUI ET KABYLES (Algèrie) selectionnés et proposés par Izem Aberbac LA LEGENDE DE BOURK D'APRES E MASQUERAY (1876) IL y avais un douar a iflen (1) en -dessous du rocher
. la vivait un homme age .IL avait deux filles et l une d'elle se
nomait aicha la folle (2) vint un maghrebi ecrevain (3) elle lui dit
"ecris mon amant"IL lui dit "apoorte un oeuf "
elle l 'apporta ,il ecrevait sur l 'ouef(4) et lui dit "de semaine
en semaine survielle -le!" elle s'en retourna et surveilla l'ouef
. l'oeuf s'ouvrait.elle y trouva une serpent(5) elle le porta dans
une fente du rocher ensuite elle attendit .elle attendit.elle en fut
bien punie elle y trouva un grand serpent. un dragon! IL sortit de
la fente .elle s'enfit la nuit le serpent fait le tour du douar .
1- ilfen ou iguelfen:vieux village au sud du dj azreg
un douar est un hamea a l ecrat du village I GUELFEN 80 A 200 M AVANT D ENTRER dans les gorges de tighanimine on prend a droite une mauvaise piste . tres rocailleuse sur 2 km .qui grimpe en lacets sur le versant nord du dj krouma (1543m) et s engage dans la forets.la vue est tres belle sur la partie nord de l'oued el abiod (arris) la piste argileuse suit a niveaux ,l axe NE-SO DU dj azregu ou "ich aziza" (1937m) on croise une piste venanant du nord elle permetterait en contournant le dj tahda '1899m) de rejoindre pres de la fm (maison forestiere) du meme nom la piste venant du col de baali par l 'alpage de mondji et allant ver nara et menaa la piste sort de la foret des pins pres des hameaux de tafrent tout de suite a droite une piste assez peu visible sengage dans le lit de l oued qui cantourne par l est le massif du dj azregu ( la montagne bleu ) parcours curieux ou l'anse glisse entre les deux rives a moins qu un grand rocher oblige a un detour sur berge grand rocher oblige a un detour sur berge on atteint a 1396m, un seuil d'on l'on redescend ,assez brusquement (danger!) vers nara on renterait alors a batna par menaa (oued abdi ) on longe des champs cultives(aires a battre) au bord d'une faille du dj asslef on apercoit au sud , les ruines du village de bahloul et ses greniers fortifiers en suivant la rive sud de louest la piste arrive face au vieux village d'iguelfen ,domminant ses cultures en terasses et surmonte d une impressionnante "guelaa" a 6 ou 7 niveaux on peut s'y engager a pied en laissant les voitures pres de l'ecole et demandes a visiter les greniers commerciale avec ses innobrable cellules ,beaux tissages dans le style de rhoufi une piste multiere mene du sud vers dissa et baniane . des traveaux etait en cours pour prolonger cette piste au dela d'ighelfen jusqua menaa en countournant par l ouest le dj ich oumred (1344m) par thniet el hamra .ourhanine et ourka en attendant il faut revenir vers batna par tighanimine et arris source livre en flanant dans les aures
condamne injustement ou voulant se venger d une injustice un paysan devient hors la- lois il prend le maquis et se faire redresseur de torts donnant aux pauvres ce qui'il prend aux riches aidé par son clan il et invulunerable ,jusquau moments ou trahi il est arrete ou tue les conditions crées par la guerre de 1914-18 ont favoriser la resistance aux autorites insoumis deserteurs criminels de droit commun .victimes des gardes forestiers se rufugient dans la montagne une bande evolue en 1917 ,dans le sud des aures sous les ordres de boumessrane,une autre se manifeste a foum toub ,dans la nuit du 14 au 15 octobre une quarantaine de bandits pilent les maisons ligotent les viellards bousculent les femmes ont met ces exactions sur le compte de BEN ZELMAT (le gaucher) qui etait cette originaire de de douar zalatout (t kout ) IL avait juré de venger son frere ali qui emprisonne a arris pour le vol d un mulet s etait evade avait -assassiner dans le maquis l autorite francaise essaie tous le moyens pour reduire ces bandes menaces primes indicateurs .patrouilles .de goumiers et de volontaires ect.... mais la populations sachant que ces bandits n en voulaient qu aux traitres admire leur audace et leur impunite colporte et amplifie leur faits d 'armes et leur fournit a l 'ocasion nouriture,munitions.hospitalite rensignement malgre les multiples operations monteés contre les bandes leurs chefs courent toujours jusqu en 1919 BEN ZELMAT avait respecté les europeens meme s'il semble en avoir dissuade l un ou l autre d 'executer ses projets le gouvernements generale decide de lancer , en octobre 1919 une vaste operation regroupant fantassins cavaliers ,tirailleurs et senegalais la population s'en plaint malgre les arachages les bandits restents insaisissables et continuents a ranconner ou abattre leurs adversaires le 20 fevrier 1920 le caid messoud du douar chelia est assassine par benzelmat lui mene dont on suit a la trace les deplacements .boumessrane denonce par des berges .est tue le 12 octobre 1920 pres de biskra ben zelmat qui ce cachaient dans le djbel chechar avec l intention de gagner la tripolitaine echappe de justesse a la mis decembre il est tue le 7 mars 1921 au doaur mellagou par des goumiers on retrouve sur lui un fusil lebel 1886.72 cartouches le cachet en argent du caid assassine des jumelles et theatre et un petit coran de poche l annonce de sa maorts se repand rapidement l echo d alger du 13 mars evoque ses vingt victimes est ses 8 condamnations ainssi que les 10.000 francs qui ont ete repartis entre les 10 goumiers qui l 'on eliminer sil na pas la dimention d un heros national le bandit d 'honneur reste un symbole il est craint mais admire par ce qui il tient tete a celui qui domine il na pas peur d affronter la sofrane et la morts dans la legende qu est venu amplefier le chant de azriyetil est l homme la nuit a la balle rapide capable d enlever la femme qu il aime capable de tuer l homme qu il hait capable aussi de jeter a plaines mains des billets de banque taches de sang que les danceuses foulent du pieds au rhytme de bracelets d argents 'jean servier) il est aussi celui qui est genereux pour les pauvres et QUI SAIT FAIRE RENDRE GORGE AUX PUISSANTS LA MEMOIRE COLLECTIVE NE PEUT L OUBLIER .....
Napoleon III FIT halte a el kantara en juin 1885 le
repas termine .le souverain demeuraient pensif et son regard se pardait
1- le coran parle d’ange qui regardent l’enfer
protegent les crants assistant les mudjahidines dans leur lutte contre
les infideles D AUTRES TIREES DU LIVRE " MONOGRAPHIE DES AURES" LE ROI BAGHAI La légende s'est emparée de la destruction de Baghai au moment de l'invasion hilailienne, elle est connue de tous les montagnards de l'Aurès qui ont donné aux personnages les noms les plus connus de la contrée. Nous ne pouvons résister au plaisir de la raconter ici ... "En ce temps-là un certain roi nommé Baghai avait 07 filles M'Toussa, Khenchela, Sbikha ... toutes riches comme leur père. Une épaisse forêt d'oliviers s'étendait entre le domaine de Baghai et celui de sa fille M'Toussa et le pays était si sûr que tous les jours le roi envoyait à sa fille un mulet chargé de figues sans conducteur. Le mulet suivait son chemin dans la forêt, présentait lui-même sa charge à M'Toussa et revenait à Baghai en portant des raisins. Or, il arrive que le mulet arrive un jour sans raisin. Baghai fit faire des recherches et ses serviteurs découvrirent dans le djebel Mahmel (sud-est de Khenchela) les traces des pas d'un chameau. Cet animal ne pouvait être la monture que d'un envahisseur arabe. Aussitôt Baghai écrivit à ses filles de fuir en emportant leurs richesses. Lui-même fit enlever tous les trésors de son palais et n'y laissa que 02 colombes dont l'une était complètement déplumée. Peu de temps après les Hilailis se répandirent dans le pays, le trouvèrent abandonné et parvinrent rapidement au chateau de Baghai. Toutes les portes en étaient ouvertes, sauf celles de la chambre qui contenait les colombes. Quand ils l'ouvrirent l'un des oiseaux s'envola ; l'autre resta entre leurs mains et ils trouvèrent sous son aile le billet suivant : la colombe s'est envolée avec ses plumes. Gardez l'oiseau déplumé" .
Nous extrayons la légende suivante d’un très remarquable travail du cne Vayssière sur la tribu des Ouled Rechaich d’origine berbère, parlant encore le chaouia et qui habitait jadis l’Aurès . L’élément arabe représenté par quelques familles hilaliennes les pénétra vers le milieu du II° siècle . Le chef de famille était un nommé Diab Ben Ghanem renommé entre tous par sa sagesse dans les conseils sa bravoure et sa vigueur dans les combats. On lui donnait le surnom de Bou Khebir , ceux qui le suivaient prirent celui de Bou Mokhaiber. Etablie d’abord en Tripolitaine après son exode de l’Egypte cette fraction des Ouled Hilal descend des environs de Gafs vers le Sahara par Tamerza, Négrine et Ferkane, séjourne près de M’Sila donne son nom à la rivière qui y passe (Ouled Hellal ou Hila) pousse jusqu’à Badès sur l’oued El Arab , remonte peu à peu cette vallée jusqu’à Khenchela puis s’éparpillant à droite et à gauche laisse dans chaque point où elle fait séjour quelques familles fatiguées par la difficulté de la route. C’est ainsi qu’on en trouve des traces en peu partout dans l’Aurès mais principalement dans le djebel Cherchar et les monts des Ouled Rechaich. Les légendes relatives aux Ouled Hilal, à leurs luttes contre les berbères aux exploits de leurs chefs forment une épopée complète qui nous transporte aux âge héroîques et qui nous donne une idée fort exacte de l’esprit et les moeurs arabes ; amour loyauté chevaleresque à côté de ruses voisines de la duplicité, luttes épiques, récits de chasses, scènes de la vie nomade et pastorale, on trouve de tout dans ces chansons de geste dont l’ensemble constitue un véritable cycle héroîque d’un grand souffle poétique et d’une grande originalité. Elles sont en prose vulgaire mêlée de morceaux rythmés ; « les vers sont, disent les Arabes , à l’ensemble ce que le sel est à la viande ». Il est peu de tolba principalement chez les Ouled Rechaîch qui ne les connaissent pas ; elles font les frais des longues veillées autour des feux de bivouac, elles sont assez nombreuses pour qu’on puisse les varier presque indéfiniment. Les auditeurs du reste ne se fatiguent jamais ; accroupis dans leurs burnous ils écoutent dans un silence religieux la voix du conteur qui s’élève au milieu du calme de la nuit ; de temps en temps un d’eux allonge son bras nu pour attiser le feu et la flamme jette alors un reflet plus vif sur tous ces visages bronzés et attentifs. Le spectacle de ces hommes immobiles dans le cadre merveilleux des nuits sahariennes frappe l’imagination autant que les récits du rapsode et on se croit transporté aux âges héroîques où Diab le Hilali courait la plaine à la poursuite de la Djazia. Cette djazia joue un grand rôle dans l’épopée hilalienne ainsi que son amant Diab Ben Ghanem ; elle a donné son nom au tombeau romain qui se trouve un peu à l’est de Khenchela dans la plaine de Sbikha près du lieu dit Enchir Oum-Kif. Près de ce point se trouve aussi la Kouba de mergueb Ed Diab. Voici cette légende : Au moment où la tribu avait planté ses tentes dans le Sahara vivait une jeune fille d’origine noble dont tous les guerriers célébraient la beauté ; elle s’appelait Djazia Bent Serkane . La tribu était fière d’elle et les plus belles chantées le soir autour des feux avaient été composées en son honneur. Un jour Djazia avait réuni chez elle 40 jeunes filles nobles pour une réjouissance. Or ce jour-là un jeune homme de la même fraction du nom de Diab Ben Ghanem qui était orphelin et avait pour fortune 40 brebis et 01 bélier, avait mené son troupeau en pâturage dans le voisinage de la tente de la jeune fille. Remarque de loin une réunion de femmes il laissa son troupeau et s’approcha pour les voir de près. Comme il les examinait il aperçut près de la tente de Djazia 02 vases dans lesquels celle-ci avait planté des artichauts ; ces plantes bien soignées portaient de beaux fruits qui donnèrent envie au jeune homme. Il tira son couteau les coupa et les mangea. Djazia l’aperçut et lui cria : « Za, Hif » le chassant ainsi en signe de mépris par le cri dont on se sert pour pousser les chameaux, et lui souhaitait une maladie habituelle de ces animaux. Diab lui répondit en vers : » Cette maladie est pour celui qui ne soigne pas son hôte - la verdure image du printemps doit être réservée à l’hôte ». Piquée par ces mots, Djazia dit aux jeunes filles qui se trouvaient avec elle : »Allons prendre chacune une de ces brebis du troupeau de ce jeune homme ». Elles firent ce qui leur était dit et rapportèrent à la tente les 40 brebis du Diab. Ce que voyant celui-ci prit le bélier et l’apporta lui-même. Chacune des jeunes filles égorgea la brebis qu’elle avait apportée, Diab de son côté égorgea le bélier en disant : »La viande de mouton est la viande des amoureux, - elle est savoureuse - les agneaux et le lait caillé sont la nourriture des Arabes - une troupe puissante s’est jetée sur mon troupeau - les guerrières qui la composaient étaient en nombre égal aux brebis. - Elles ont laissé un bélier seul et appelant ses brebis, - comme une mère, par des bêlements plaintifs - ce bélier représentait ma part de butin - le mâle appartient toujours au mâle.- Toutes les brebis ont été égorgées, - j’ai égorgé aussi le bélier.- Tel est le cours du monde, - on est tantôt riche tantôt pauvre - mon bien a été mangé par des jeunes filles nobles ; - C’est un honneur et un heureux présage pour moi ». Ces paroles et l’air de grandeur avec lesquelles
elles étaient prononcées donnèrent à Djazia
qui se dit : » Ce Diab Ben Ghanem est un homme ». Elle
persuada à ses compagnes toutes filles de grande tente de demander
chacune à ses parents une chamelle pour la donner à
Diab Ben Ghanem en remplacement des brebis qu’il leur avait
si galamment sacrifiées et qui constituaient toute sa fortune.
Ce qui fut dit fut fait ; chacune des jeunes filles lui donna une
chamelle et Djazia elle-même lui donna un chameau mâle.
Diab Ben Ghanem continua à garder son troupeau de chamelles
comme il gardait son troupeau de moutons. Environ 01 an après
comme il les avait menées en pâturage il vit venir à
lui un homme qui conduisait 02 pouliches par le figure. Une d’elle,
de robe blanche se roulait à terre et se relevait si lentement
qu’elle ne tirait pas sur le licol et que son maître ne
s’apercevait même pas de son manège Diab se dit
que cette pouliche devait être de race et de merveilleuse vitesse
; il demanda au maître des pouliches qui était juif s’il
voulait les vendre ; celui-ci répondit affirmativement . Diab
lui Diab dès ce moment conduisit toujours son troupeau avec cette pouliche blanche ; il lui donnait au lieu d’orge le lait de ses chamelles. 03 ou 04 ans s’écoulèrent et la pouliche blanche devint une belle jument. Pendant ce temps le troupeau de Diab s’était augmenté il était devenu presque riche avait pris une femme et un berger le remplaçait dans la garde de ses chamelles ; lui passait tout son temps à chasser . Il commença dès ce moment à prendre part aux razzias que les gens de sa fraction dirigeaient contre les peuplades voisines et bientôt sa réputation de vaillance et de courage s’étendit dans toutes les tribus. Vers ce temps-là la renommée de la merveilleuse beauté de la Djazia parvient jusqu’aux oreilles d’un juif marchand très riche qui parcourait les tribus pour son commerce. Ne pouvant la demander en mariage l’idée lui vint de l’enlever. Pour exécuter son projet il se rendit au douar de Djazia monté sur un cheval si vigoureux et si rapide qu’il ne lui croyait pas son pareil. Arrivé près des tentes il demanda suivant son habitude : »Qui veut acheter des bijoux, des bracelets d’or et d’argent » ? Djazia qui l’avait entendu dépêcha une de ses femmes avec mission de lui choisir 02 bracelets d’or. La servante alla trouver le marchand qui après lui avoir demandé de la part de qui elle venait lui remit 02 bracelets pour les présenter à sa maîtresse. Celle-ci les trouva d’un beau travail mais après les avoir essayés les renvoya en disant qu’ils étaient trop grands. Le marchand remit 02 autres bracelets d’un beau travail aussi mais qui cette fois se trouvaient trop petits. Comme la servante les rapportaient encore, le juif lui dit : » Prie donc ta maîtresse de venir essayer elle-même. C’est seulement en voyant son poignet que je pourrais lui choisir ce qu’il lui faut ». La Djazia avertie par sa servante sortit de la tente et s’approcha de l’étranger qui était à cheval. « Pourquoi ne mets-tu pas pied à terre » . Il lui répondit : « Je suis pressé et ma marchandise n’est pas encombrante. J’ai d’autres douars à visiter. Essayer vite et je vais partir » . La Djazia s’approcha sans défiance. Comme elle tendait ses mains au juif pour lui montrer la grosseur de ses poignets celui-ci la saisit attira la jeune fille à lui, l’enleva sur sa selle et partit à fond de train. Immédiatement les gens du douar qui avaient assisté sans avoir eu le temps de s’y opposer à cet enlèvement si audacieux sautèrent à cheval et se mirent à la poursuite du ravisseur appelant à leur aide les gens du douar voisin. Ce jour-là Diab Ben Ghanem était allé à la chasse avec 02 de ses amis, Zidet Bou Zid. Les chasseurs avaient tué une gazelle et s’étaient arrêtés pour en faire cuire un quartier . Leurs chevaux étaient près d’eux. Les brides pendant à terre mâchant leurs mors encore blanche d’écume. Tout à coup la jument blanche de Diab leva la tête, dressa les oreilles et hennit longuement. Diab s’écria : » La jument blanche hennit, serait-elle donc inspirée ? ou la tribu est razziée ou la Djazia est enlevée » . Les 03 hommes sautèrent à cheval et se dirigèrent vers leur douar. En arrivant ils apprirent l’enlèvement de Djazia et sans mettre pied à terre se lancèrent à la poursuite du ravisseur. Ils ne tardèrent pas à atteindre en suivant leurs traces les Ouled Hilal qui poursuivaient l’audacieux marchand ; ceux-ci par l’effet même de leur poursuite s’étaient échelonnés suivant la vitesse de leurs chevaux. Diab dont la jument avait autant de fond que de rapidité les dépassa l’un après l’autre et à la tombée de la nuit se trouva sur les talons du Juif. Dès qu’il arriva à portée de voix il cria à Djazia qui tournait la tête pour voir si en poursuivait son ravisseur. « O celle dont les yeux sont semblables à ceux d’une jeune gazelle, - dont les joues brillent comme un soleil, - dont les bras ont l’éclatante blancheur des sabres hindous, - O mon amante de toutes les nuits - pour qui mon coeur brûle d’amour, - O Djazia ! n’aie aucune crainte, - de mes mains je ferai pleurer ce juif fils du pêché, - et nous retournerons en paix à notre campement ». Diab aurait pu dès ce moment atteindre le Juif mais il pensa que s’il le faisait les autres poursuivants arriveraient presque aussitôt sur lui et qu’il ne pourrait rester un instant seul avec la Djazia . Il prolongea donc la poursuite en retenant sa jument toujours pleine d’ardeur malgré la longueur de la course fournie : A la nuit tombante il comprit qu’il avait assez l’avance sur ses compagnons pour n’avoir pas à craindre d’être rejoints par eux. Il craignait d’autre part que l’obscurité grandissante qui servait ses projets en lui cachant ses traces ne favorisant la fuite du ravisseur. Il enleva sa bonne jument dans un suprême effort atteignit le juif embarassé de son fardeau et le perça de sa lance. Diab et Djazia qui s’aimaient secrètement depuis leur 1° rencontre étaient donc enfin réunis ; seuls dans la nuit profonde, libres de se dire leur amour et de se le prouver loin des regards importuns et méchants. Djazia toute la joie de cette rencontre inespérée sentant son amour grandir encore pour celui qui venait de la délivrer des mains de son odieux ravisseur voulu aussitôt descendre du cheval du juif sur lequel elle était restée pour aller se jeter dans les bras de son libérateur et de son amant. Mais Diab bien qu’il eut autant de hâte qu’elle de la serrer sur son coeur n’oublia pas la prudence. Ne voulant pas compromettre celle dont l’honneur lui était plus cher que la vie , il sut pour un moment faire taire son amour et imposa silence aux désirs qui le consumaient. Il pria Djazia de rester en selle puis gagna un peu de terrain sur les cavaliers qui venaient derrière eux, et lui fit faire un grand détour de manière à entrer à leur douar en les évitant. Ils marchèrent ainsi côte à côte pendant environ une heure. Diab prodiguait à sa compagne les paroles les plus tendres et celle-ci le coeur tout gonflé d’amour ne lui répondait que par des soupirs et des mots entrecoupés. A un moment leurs chevaux s’étaient rapprochés Diab se pencha saisit la jeune fille par la taille l’attira vers lui et posa longuement ses lèvres sur ses lèvres. Frémissant jusqu’au plus intime de son être et à moitié pâmée Djazia après un moment se dégagea de son étreinte : « O Diab ! murmura-t-elle d’une voix aussi faible que la brise du Sahara un soir d’été, Diab doux objet de mes rêveries de vierge, toi que j’aime depuis longtemps sans que ma mère le sache ton amour est encore plus doux que ton bras n’est fort ; je suis ta chose et ton bien . Ne me fais pas souffrir plus longtemps. Mets pied à terre et viens sur mon coeur !. Diab lui répondit : « O Djazia ta salive
est plus agréable à mes lèvres que la fraîche
source de l’oasis après une longue course. Je t’aime
depuis le jour où je t’ai vue pour la 1° fois et
tout mon être frémit à la pensée que tu
vas être à moi. Je te veux. Je te désire jusqu’à
en mourir. Mais il vaut mieux ne pas descendre de cheval. Demain les
cavaliers de notre tribu Après qu’ils se fussent livrés
à toutes les ivresses de l’amour partagé, Diab
Ben Ghanem remonta sur sa jument qui était restée attachée
à sa lance fichée à terre et les 02 amants se
remirent en route . Ils marchèrent toute la nuit, toute la
journée du lendemain et ne rentrèrent à leur
douar que vers le soir . Cependant en les voyant revenir tous 02,
les Hilailia se doutèrent que Djazia avait donné sa
récompense à celui qui l’avait délivrée
des mains de cet infidèle fils du mal . Ils envoyèrent
02 cavaliers suivre les traces laissées par les 02 jeunes gens
pour voir s’ils avaient mis pied à terre et s’étaient
reposés côte à côte ; les cavaliers rendirent
compte 03 jours après que les traces étaient partout
régulières et que nulle part Diab et Djazia n’étaient
descendus de cheval . Une partie des Hilailia accèptèrent
leurs déclarations et admirent que la Le 8° jour au matin pour encourager son champion, Djazia lui envoya son collier . Diab le porta à ses lèvres, le baisa, aspira longuement son parfum qui était celui de sa maîtresse puis avant d’aller au combat le passa au cou de sa jument . La lutte ayant commencée à la 1° passe le sabre de Diab glissa sur le bouclier de son adversaire et atteignit la jument de Zenati . Le coup était si violent que la jument s’affaissa pour ne plus se relever . Khalifa Zenati démonté les chances n’étaient plus égales et le combat fut encore interrompu . Diab demanda à son adversaire quand il recommmenceraient ; celui-ci lui répondit qu’il lui en ferait donner avis. Dès le lendemain matin Khalifa Zenati se mit à la recherche d’une bonne monture . Ne réussissant pas à trouver une il se résolut à envoyer sa propre fille chez Diab Ben Ghanem pour lui demander de lui vendre sa jument ; il savait bien que Diab, généreux et chevaleresque, ne pourrait rejeter la demande d’une femme . Djazia eut vent de son intention par l’indiscrétion
d’un serviteur ; elle se rendit le soir même à
la tente de Diab devant laquelle sa bonne jument était attachée
à côté d’une autre de moindre valeur également
de couleur blanche, enfonça des aiguilles dans les jambes de
derrière de sa jument favorie puis les recouvrit de goudron
de manière à cacher les aiguilles et à faire
enfler les jambes de la bête. Le lendemain la fille de Khalifa
Zenati se présentait à la tente de Diab ; celui-ci lui
fit le meilleur accueil et après les 1° souhaits de bienvenue,
l’invite à s’asseoir et à prendre une collation
. Elle lui répondit : « La meilleure et la plus belle
agréable collation que tu puisses m’offrir c’est
de m’accorder la chose que je vais te demander ». Diab
lui dit : » Je suis heureux si tu as un désir que je
puisse satisfaire ». A ce moment entrait dans la tente Djazia
qui venait avec quelques unes de ces compagnes saluer la fille du
Khalifa Zenati. Celle-ci alla immédiatement au-devant d’elle,
l’embrasse puis l’ayant prise à part lui montra
les 02 juments blanches qui étaient à la corde devant
la tente et lui demande laquelle Diab montait dans les combats . Djazia
lui désigna la moins bonne en ajoutant que l’autre avait
les jambes enflées et d’ailleurs était médiocre
. La fille du Khalifa rentrant alors dans la tente demanda à
Diab de lui vendre pour son père la meilleure de ses juments
. Diab lui répondit : » Je ne puis tien te refuser. Les
02 juments qui sont devant la tente sont à moi. Choisis celle
que tu voudras, je te la donne. La jeune fille après un moment
d’hésitation se décida pour celle dont les jambes
étaient saines. Diab lui fit mettre immédiatement un
bridon et l’envoya à la tente de Khalifa Zenati. Khalifa
en voyant arriver cette jument dit à sa fille : « Ma
fille, cette jument n’est pas celle de Diab. Il t’a trompé
et ne mérite pas la réputation de noblesse et de générosité
qu’on lui a faite. « La jeune fille répondit :
»O mon père Diab était le plus noble et le plus
généreux des hommes. Si je ne vous amène pas
la jument qu’il montait quand il combattut contre vous, n’en
accusez que moi seule. Il y avait 02 juments attachées devant
sa tente : l’une avait les jambes saines l’autre avait
les jambes enflées. Il m’a prié de choisir j’ai
cru bien faire en prenant celle-ci dont les jambes étaient
en bon état « . Khalifa reprit : « Ma fille tu
as fait pour le mieux ; mais s’aurait été une
bonne fortune pour ton père si tu avais choisi l’autre
même avec ses jambes malades ». Il fit ensuite seller
la jument , la monta, l’essaya. Quoique bien loin de valoir
la jument favorite de Diab elle n’était pas à
dédaigner Khalifa comprit qu’il ne pouvait en trouver
une meilleure et dès le lendemain envoya son cartel à
Diab Ben Ghanem. Cependant Djazia dès le départ de la
fille de Khalifa avait enlevé les aiguilles qu’elle avait
enfoncées dans les jambes de la jument favorite de Diab, avait
lavé ses blessures avec de l’eau fraîche puis avait
fait sur toutes les jambes une application de henné. La bonne
bête guérit presque de suite et, sa jument se trouvant
en état Diab dut accepter le Cartel de Une autre fois il est fiancé à une jeune
fille du Souf et habite la plaine de Sbikha près de Khenchela
. Son cheval gris nourri par lui-même de lait et de dattes le
porte au coeur du Sahara . Il a décidé le père
de sa fiancé à passer l’été dans
la Sbikha ; mais le père retira sa parole et pendant qu’Ahmed
accompagne un de ses troupeaux du côté de Constantine
il retourne au Souf emmenant la jeune fille . Des traîtres ont
enfermé le cheval d’Ahmed dans un chateau voisin . Il
revient, se livre au désespoir et appelle son cheval . L’animal
brise de ses 04 pieds les murs du chateau, renverse ses gardiens et
rejoint son maître . Ahmed lutte dans le Sahara contre les tourbillons
de sable il est aveuglé son cheval reste près de lui
et pleure . Un oiseau survient qui indique un remède au jeune
héros . Il enlève sa fiancée et retourne à
la Sbikha. Ces légendes héroiques ... ne se racontent
qu’en langue arabe. On assiste encore aujourd’hui sous
les tentes et sous toutes les petites maisons des Chaouia aux représentations
rapsodiques des anciens grecs. Le soir, car il est inconvenant de
conter pendant le jour, suivant la qualité de voyageur et suivant
qu’il se trouve au milieu d’indigènes instruits
du passé ou tout à fait sauvage un orateur commente
soit les hauts faits de Sidi Abdellah, le convertisseur musulman de
l’Aurès, le brûleur de chrétiens, soit les
« Il y avait à Ilfen (ou Guelfen ou Iguelfen)
un douar installé au-dessous d’un rocher. Là vivait
un homme âgé . Il avait 02 filles et l’une d’elles
se nommait Aicha Tabalhoult (la folle) . D’autres disent qu’elle
se nommait Aicha El Bahloula. Vint un Maugrébien écrivain.
Elle lui dit : » Ecris à mon amant « . Il lui répondit
: » Apporte un oeuf ». Elle l’apporte. Il écrivit
sur l’oeuf et dit : » De semaine en semaine surveille-le
». Elle s’en retourna chez elle et surveilla l’oeuf.
L’oeuf s’ouvrit et il en sortit un serpent ; elle le porte
dans une fente de rocher . Ensuite elle attendit . Elle en fut bien
punie . Un jour qu’elle passait près du rocher elle y
trouva un grand serpent un dragon qui sortait de la fente où
elle l’avait déposé quand il était petit
. Elle prit peur et s’enfuit. Le serpent la suit et la nuit
il fait le tour du douar ; les chiens aboient la femme se lève
et fait lever son mari . Il lui dit : » Qu’y a-t-il ?
« Elle répondit : »Un grand serpent vient dans
notre douar pour tout dévorer ». L’homme se lève,
il selle sa jument ; la femme lui dit : » J’irai avec
toi, moi et les enfants ». Il monte en selle il prend sa femme
derrière lui, il presse sa jument et se rend à Ilfen.
Là était Bourch, vieillard aveugle. Ils crient, les
serviteurs de Bourch accourent : » Qu’y a-t-il »
- « Un dragon dévore notre douar « . On va au dragon
on le trouve en effet qui dévorait le douar . On le chasse
au sommet du kef. On jette sur lui de grandes pierres et des arbres
jusqu’à ce qu’on le couvre. On allume du feu ;
la flamme s’élève jusqu’au ciel . Le serpent
se fond et une graisse épaisse coule du bûcher . C’était
aux jours de l’été . Les abeilles viennent butiner
sur cette graisse et en font du miel. Le moment est venu de couper
les ruches on récolte beaucoup de miel . ALI ABDALLAH SAADA YOUSSEF avec AICHA TABAHLOULT ABDERRAHMANE (Ahmar Khaddou) DAOUD ABDI HAMACHI (Tebessa) YOUB (Ahmar Khaddou)
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