LECTURES CHOISIES
LES CEREMONIES DU MARIAGE CHEZ LES AYT ATTA
(Tiré du Site de l’Association AZEMZ)
Les mariages sont collectifs .On les célèbre à l'occasion
de l'aid el-kebir;Tafaska Taxatart .
Quelques jours avant la fête ,les femmes vont moudre le grain aux moulins
à eau .Les jeunes filles en âge de se marier aident leur mère
,elles vont et viennent devant des groupes de jeunes gens Iterrasn ur-ta-uwiln
qui les observent et font leur choix parmi elles. Ils les suivront plus tard
quand elles iront faire du bois ou cueillir de l'herbe dans les champs et les
jardins ,et à celle qu'il désire le prétendant déclarera
sa foi .
Le jours de la fête ,la prière commune a lieu à lemsella
s'il fait beau temps ,à la mosquée s'il fait mauvais .
Chaque fiancé égorge sa victime dans sa maison : ku yisli ad-ighers
i-tixsi ej taddart-ennes ,et remet à ses garçons d'honneur isenayn
des parts de viande igsan qu'ils mettent dans le capuchon de leur burnous .La
bête est partagée en quatre quartiers et chaque quartier en sept
morceaux ixsan ;pl .de ixs os .
Le lendemain ,au lever du soleil aneqqar n-tfuyt ,chaque fiancé envoie
chez la jeune fille ,tislit ,conduite pas ces isnayn ,une mule avec son bât
et couverte d'un tapis .Les isnayn trouvent la mariée prête ,les
mains teintes au henné ,les cheveux peignés . Ils la juchent sur
la mule et font monter derrière elle un de ses jeunes frères ,si
elle en a un ,puis ils la promènent autour des murailles du petit ksar
dont ils lui font faire trois fois le tour en compagnie des femmes de la maison
,de parentes et de sa mère .
Les autres cortèges s'organisent pareillement avec leur tislit ,à
peu près en même temps ,et tournent sans s'occuper du cortège
qui précède ou qui suit .
On chante chemin faisant des paroles de ce genre :warro wa warro ya arro ,dans
lesquelles revient le terme erro ,mis pour ernu vaincre ,c'est en effet de lutte
qu'il s'agit ainsi qu'on va le voir .
A la fiancée du premier groupe ,qui s'arrête devant la porte d'entrée
du ksar ses trois tours accomplis ,on présente un bol contenant du lait
et elle asperge de ce lait ,par trois fois ,le linteau supérieur de la
porte.
Les hommes et les fiancés Islan sont restés dans le ksar ,et tandis
que la mariée se livre à ces rites d'aspersion ,ils ferment la
porte ,refusant l'entrée du ksar aux petites cortèges qui se sont
rejoints .Une lutte s'engage entre eux et les Isnayn .Quand on estime qu'elle
a duré un temps suffisant ,qui laisse la victoire aux Islan ,on engage
des négociations de part et d'autre .Les Isnayn remettent aux vainqueurs
une ou deux parts de la viande Ighsan ,dont ils se sont pourvus .le marché
conclu ,la grande porte du Ksar s'ouvre et les cortèges pénètrent
dans la petite cité au milieu de démonstrations bruyantes ,de
chants ,de coups de fusil ,des tambourins et vont se ranger dans l'Arahbi (on
appelle de ce nom une sorte de fondouq que l'on trouve à l'entrée
et à l'intérieur des Ksour ,une enceinte rectangulaire parfois
garnie de préaux où ,la nuit ,l'on met les bêtes de somme
à l'abri).
Sous un de ces préaux ,quelques jours avant les mariages ,on a établi
une longue banquette avec des branches de palmier tigejda n-ufrukh ,sur laquelle
on a étendu des nattes et des tapis .Cette banquette porte le nom de
ililaten n-teslatin ,elle est réservée aux fiancées .
Les fiancées ,sur leur mule, pénètrent donc dans l'Arahbi
.Les Isnayn les descendent en les portant dans les bras pour que leurs pieds
ne foulent pas le sol ,et les installent sur la banquette à la place
qui leur est réservée .Derrière chacune d'elles on suspend
à un piquet ,Tagust, fiché dans le mur ,les divers objets qui
constituent le trousseau que leur père a donné ,et parmi ces objets
,on note plus particulièrement une sorte de musette, Tahrit, refermant
des amandes ,des noix , des dattes et une corde Agatu aferkach tressée
de fils de couleur blanche ,rouge et noire .
Elles ont la figure voilée ,les bras garnis de bracelets Izbyan ,et les
mains teintes au henné .Devant elles ,les invités ,hommes et femmes
,s'organisent pour danser et chanter l'Ahidous .
Les fiancées restent ainsi assises sur leur banquette pendant plusieurs
jours et assistent à divers cérémonies célébrées
en leur honneur .
L'une d'elles ,qu'on appelle Aba3ya ,à lieu le troisième jour
.Les cavcaliers entrent dans le ksar et vont ,l'un après l'autre ,les
saluer en faisant cabrer leur monture qui retombe les pieds de devant sur la
banquette des fiancées .Celles-ci mettent des taches de henné
sur le chanfrein et le poitrail du cheval et donnent au cavalier des amandes
et des dattes qu'elles tirent de leur sac-musette.
La consommation du mariage à lieu la troisième nuit dans la maison
du mari ou les fiancées sont conduites ,sans chant et sans bruit ,par
les deux Isnayn ,quelques parentes et la mère du jeune homme mmwa n-yisli
.Après quoi on les ramène à l'Arahbi ,sur la banquette
,on procède à leur toilette ,on étale sur leurs genoux
le vêtement maculé du sang de l'hymen .Elles reçoivent les
félicitations des assistants qui chantent leurs louanges et prononcent
des paroles de bon augure ,iwaliun ruanin .
Le septième jour ,les noces terminées ,les mariées vêtues
de leurs beaux atours vont pour la première fois puiser de l'eau à
la fontaine ,chacune munie d'une cruche ,asagyem.
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Emile Laoust