D'Ali Iken (Imetghern) Errachidia
Voici quelques "izlan" genre "Tamawayt" de la poésie de la résistance contre l'occupation française. le premier rend hommage à un combattant du nom Moha Azeggagh du village Ayt Wazag dans la vallée des Ayt Aïssa (Figuig) ;qui a participé à des dizaines de batailles, Boudnib (Errachidia),de Ain Arma (meknes),de Tazegzawt (Khenifra),de Baddou Goulmima, Errachidia) et de Bougafer (Tinghir, Warzazat).Il est mort en 1949 à Sidi Ifni (Tiznit) après le long périple des guerriers amazighs à travers les monts et déserts du Sahara sous occupation espagnole. C'est un poème qui nous rappelle comment Moha Azeggagh en participant au soulèvement de Talsint en 1925 a été recherché par l'armée française qui a encerclé un jour son village dés l'aube;mais il a pu déjouer le piège en se déguisant en "Khemmas"(paysan pauvre travaillant la terre pour les autres pour 1/5 des récoltes) alors il regagnait le maquis et se cacha dans une grotte, on l' y retrouva mais avec habilité et intelligence il a pu échapper en tuant un lieutenant et quatre de ses soldats:
Memmis n Ouzeggagh
ay as igan leâmart
i wassif n Ayt Âissa
ibubb snah ikchm ifri
ur irouh allig ingh lhakm.
C'est fils d Azeggagh
qui a redonné vie
au vallon d'Ayt Âissa
armes aux mains du fond d'une grotte
en tuant le chef savamment s'évade.
Ces autres "izlan" sont d'un poète du même village ,qui collaborait avec le groupe armée de Moha Azeggagh. Son nom est Moha Ouhemmou N'Ayt Ouboubker; on l'appelle tout court Ouboubker. Son rôle était de guetter et chercher des infos du côté de l'ennemi .la mémoire populaire atteste qu'il a été emprisonné à deux reprises pour ses activités de résistant par le capitaine Spax et le capitaine Baldot. Ouboubker était un grand amoureux des femmes, de la poésie et de la liberté. Il allait et venait entre les résistants restés sur place dans la région de Talsint(Est) et ceux qui s'étaient réfugies à Tadighoust et Goulmima (sud-est).Il a été tué par balles à Ksar-Ssouk (Errachidia actuellement) par une française au quartier actuel de Oulad-Lhaj. Un autre poéte a composé des "izlan" sur sa mort,en voici un:
Idda Ouboubker Awi makh
id is ran ad sewwqen
makh is ur da ssounoudent
temrag ar neqqant!?
Ouboubker est parti
est ce pour des courses (au souk)? !!
est ce qu'il ignore ou quoi que
les belles ensorcellent et tuent!?
*****
Voici des poèmes d'amour de Ouboubker qui en prison à Talsint
était tombé amoureux de Leâziza la femme du capitaine Spax,
une poétesse elle aussi, avec qui il échangeait des joutes poétiques:
Samhi rebbi ya Leâziza mch
khdigh ka ghas is da zehhough
lqend iggafey ul inw.
Ô Leâziza !excuse moi s'il te plait
si avec toi des fautes je fais
c'est qu'en étant gai que mon coeur s'allège.
*****
Âezmagh s lferja y a Leâziza
ur agh ihmil Spax
is ig irinn dghi g our tellit.
Secours moi Ô leâziza!
Spax méchant me haït
en raison de ton absence.
*****
Illa Ouboubker ammas
n tizza âlanin chabhen
atbir ghrin as i leâziza tneâmasn!
Ouboubker sur les hautes crêtes
comme un pigeon quand il l'appelle
Leâziza; elle ,n'hésite de répondre.
ps: j’espère que j'ai pu vous transmettre un petit peu l'âme esthétique de ces quelques poèmes . Merci à tous.
Voici 10 izlans datant d'avril 1908 lors de la bataille de Boudni sous forme de joutes entre une poétesse de la grande tribu des Ayt Zdeg (Midelt, Rich, Gourrama) du nom Fadhma Taàellalt fille de Boudar un des notables de la région de Rich, elle était parmi 'entourage de Oussoumour chef civil et guerrier des Ayt Zdeg, et un autre poéte du nom Assou Ouàemmou du village Ayt Daoud Youb de la tribu Ayt Âissa. Ces izlans ,comme d'autres que j'ai publié ici ,sont soit des "aferradi"(l'unique) avec 24 syllabes et que l'on peut transcrire soit en deux vers soit en quatre vers ou des "Amgherred"(l'allongé) avec 32 ou 48 syllabes. Ils sont indépendamment chantés soit dans le rythme "Wayda" , "Dawa" "Baybi" ou dans le rythme "awaywa". Et c'est parce que d'autres izlans manquent à cette chaîne de joutes et que mes informateurs ne connaissent pas exactement leur ordre ,que je ne me suis pas soucié de les ranger d'une façon assez logique. merci à vous.
Assou:
Sersat ts i Ussumur!
nna d isgafayn Taàellalt
ad tut awal
g tizza wer twalf!
***
Méritoire est Oussoumour!
d'avoir Taàellalt dans ses rangs
venue enfourcher son cheval (faire des poèmes)
dans des cols étrangers pour elle!
*****
Taàellalt:
Wenna wer itteggan ccmeà
ad iwwt nnur taneszriyt
irz lqqalb
issmer i seksu d uksum
ad ur as itrehhab i Tàellalt!
***
Celui qui de cire
n'illumine pas son salon
n'invite pas les gens au thé
ni couscous ni viande ne cuisine
ne mérite pas que Taàellalt soit son invitée!
*****
Assou:
Da tnezzed a tahérrabit
day tàayet aksum d w atay
ibabb aghruc
ar dtemmàegh Ayt Izdeg
ad agh mdtaddan d urumy!
***
On vend son arme à feu
en thé et viande est convérsée
on porte à sa place un bâton
et moi naïf espère que les Ayt Zdeg
en braves affronteraient les roumis!
*****
Taàellalt:
Udayn ad mnalan d udayn
iàrabn s iàrabn
imazighn s wiydt
id Wewwizdeg ad mdtaddan d urumy!
***
Juifs contre juifs
arabes contre arabes
imazighns contre imazighns
et le Zedgui tout seul battra les roumis.!
*****
Assou:
Ay! Ayt izdeg awi teggudim
terram iqbiln ghifun
ttajin aymi tmutturm!
***
Ô! Ayt Zdeg nombreux vous l'êtes
mais battus souvent par les autres
seul le tajine vous assemble!
****
Taàellalt:
Hédac lmiyya n ighrem
ag-gan lefdtahét
Awd yiwn ighiyn
ad ikkr ad iwwt arumy!
***
Onze milles villages
tous ne sont que honte
aucun d'eux n'a pas pu
contrer les roumis et se tenir debout!
*****
Assou:
Seksew Taàellalt
tegma g rrxa
da tessefru y izli
ur tannay berziggu gh urumy!
***
Ô voyez la!
quelle vie d'aisance elle mène!
comment elle interprète bien l izli!
hélas! ignore encore les percutants des roumis!
*****
Assou:
Ay! Ayt Izdeg !
a yiqemmariyn!
ay ayt y icnidtn!
ar tteqqlegh ad irrz urumy!
***
Ô! les Ayt Zdeg!
que des parieurs vous êtes
Ô propriétaires de poulains!
naïf moi d'attendre de vous la défaite des roumis!
***
Taàellalt:
Mr awn tgi amm dawa
ad texlum ttulut g urumy!
***
Si ça serait comme "Dawa"
vous massacreraient un tiers des roumis!
*****
Assou:
Llig nsella s is
nedda-d an-nannay taàellalt
ur tgi ayelli da sseflidgh!
***
Quand d'elle j'ai entendu parler tant
je suis venu voir qui est Taàellalt au juste
celle dont on me parlait elle ne l'est pas!
Poème d'amour
Je bois tes paroles, source cristalline de ton coeur
Je me noie dans ton regard débordant de tendresse
Tes yeux m'enveloppe de douceur,
Tes mains de chaleur et de caresses
et ton souffle de bonheur.
Ecoute mes appels de détresse
Efface toutes mes rancœurs
Fais de moi ta déesse
et protège mon cœur.
Au delà des galaxies,
Je t'aime à l'infini
Eliothy (Suisse)
Asefru n tayri
Ar ssagh iwaliwn ik,tala taseflallayt n w ul ik
Ar tghubbugh deg izsri nnek ineggin s tadtfi
allen ik tghummunt i s tlewghi
ifassn nnek s tirghi d usulf
d w unfus ik s tumert.
ssfeld i tighri n tlufa nw
tseftded akw tirezsgiwin inw
tged seg digi lal-n-igenwan nnek
tefregd ul iw.
Iwr in i y itran
da k ttirigh amm titd inw.
Ali Iken
Réminiscences
Portez-moi de votre regard aimant
au vieil estuaire des fols exploits
là où cavalent fiers élans
de ce boucanier d'autrefois.
De vos entrailles troublées gorgez-moi
au sublime festin de vos émois
où d'écho mon être s'échoue,
ultime escale de ma proue.
Qu'à mes mains amoureuses soit confié
de jalonner sous mes doigts avisés,
géographes de votre chair,
l'enivrement de vos mystères.
Mon souffle séduit de ces tons exquis
s'étale en ressac à vos folles envies
rythmé docile à ce cortège
auquel nos corps se sortilèges!
Que l'aube se parcelle des lueurs
des prémisses qui clament en votre cœur,
amphore où puise votre vie,
de goûter aux délires de nos nuits !
Que votre nef à aimer sous la lune,
sertie de voiles tracées par ma plume,
trouve refuge en ma tendresse
magnanime mer qui vous berce !
Esther, dite l'Allégorie... (québéc.)
Isemmektiyn
Asey i-n g titd nnek taàeccaqt
gher asennghel aqbur n twuri nnek meqqurn
dinna g da ttazzaln wazzazn nnek izsiln
n unegmar lli n dilligh.
Seg iseknafn nnek yedduhdan ssiwn i
tessilid i gher amdaz n iremrumn nnek
g tella teghlaghalt yesghummun iman nnek
ansa aneggaru g yerrus ugherrabu nw
ifassn inu n tayri nitni adj ten
ad ssaran s idtudan inw imassanen
ansiwn akw n y ilm nnek
d uduhdu n idrugn nnek .
Unfus inw teswa tadtfi n w anughn a
netta d-tigit zdat inuruzn nnek infaln
immenya ileggwagh imun d ukabar a
agh igan tihérga yehélan i tfekkiwin nnegh .
Nnurzegh ad-d yali wezinzer n tifawt nnek
mi llant yad tfiras nnes g-g ul nnek
igan taxabit g da ttagemd tudert
mar ad tarmed isbertuyn n yidtan nnegh !
Nnurzegh agherrabu nnek yehélan ddaw w ayur
ad as gegh izriran s tirra nw i ycedran nnes
af ad yaf talwit g tlewghi nw
nettat igan lebhér ighudan g tnuhennud !
Ali Iken
SAKKOU : Ce poète Amazigh pas comme les autres !
(par Zaid OUCHNA)
Cet autre poète (aneccad), unique en son genre, homérique,
faisait la loi de la lyre amazighe pendant des séances d’ahidous
des ayet Merghad (le même que celui des ayet Hdiddou) depuis plus d’un
demi-siècle. Son originalité réside dans sa production
abondante en Izli, tagezzumet et tamedyazt dont il possède surtout la
faculté d’aborder les sujets hétéromorphes. Il a
toujours évoqué le social, le philosophique ou le politique qui
régissait le pays mais aussi ses conséquences à venir.
Il s’est porté malgré lui en réveil des consciences
de ses concitoyens par la force de son choix du verbe Amazigh. « Je suis
là pour les morts vivants » se plaît-il à dire ! Il
s’est engagé dans la poursuite des mots, à la virée
du sens, pour faire parvenir à son prochain son message et une vérité
qui est sienne. Pour cela, il a souvent cherché cet état moral
pour y parvenir. Il est vraiment un poète dans son monde- son propre
monde au milieu des proches. Il n’est pas connu au niveau national car
lui et sa création ne sont pas retenus pas la politique culturelle du
sud de l’Espagne. En effet, il n’a jamais rien produit ni pour le
« GHARNATI » ni pour « L’ANDALOU ». Cette politique
étrangère, encore une, a fait du marocain qu’il est un orphelin
de l’essence même d’un poète : la parole. Par ce manque
donc de moyens d’expression, ses cris n’ont pas pu traverser les
chaînes des atlas. Son vrai nom est Sekkou ou moha ou âeddi, mais
sa simplicité, sa modestie et son aménité lui ont valu
des surnoms fleuves : Sakkou, Aâchaq, Bahmama, Bachi, Saâadat…etc.
Il est né à Goulmima en 1924.
Quand je l’ai rapproché de très prés il y’a
de cela plusieurs années déjà, une seule idée me
tourmentait : c’est d’en faire de sa production un livre pour d’abord
sauvegarder cette immense richesse Amazigh et ensuite la mettre à la
disposition des Imazighen à fin de participer à l’enrichissement
du savoir humain. Durant la période allant de 1996 à l’an
2001, j’ai pu finalement arriver à bout de ce défi que je
me suis donné, qui je dois le reconnaître n’était
pas de tout repos. Comme d’autres je lui dois beaucoup car il a réussi,
grâce à sa poésie, à nous éclairer sur bien
des points d’ombre de notre histoire récente. Depuis 1940, ses
Izlan en effet portaient et commentaient tous les événements de
l’heure. En remontant donc Izlan de l’époque au fil des années,
nous nous retrouvons avec les étalages des vérités historiques
qu’on croyait bien entendu entièrement étouffées.
Grâce à Izlan, à Tagezzumet mais aussi grâce au chant,
nous sommes arrivé à relater et déchiffrer les dessous
des événements survenus dans notre pays pendant la période
en question. Un peuple qui chante ne mourra jamais dit-on !
Ce poète donc a passé prés de 65 ans dans la confection
des vers et dans la composition des mots du vocabulaire de la langue Amazighe.
Que pense-t-il alors de l’enseignement de Tamzighet entrepris dans quelques
écoles cette année dans notre pays? Que pense-t-il des Imazighen
et de leur devenir ? Que nous recommande-t-il pour mieux promouvoir la langue
et la culture Amazighes ?
Je lui ai posé ces questions pour lesquelles il s’est fait un plaisir
de me répondre.
Il dit que les Imazighen sont responsables de ce qui leur arrive, eux les habitués
des événements des cinq ans. Chaque tour des élections,
ils se jettent dans les bras des partis politiques qui ont toujours nié
leur amazighité voire leur existence même sur leur propre terre.
Comment voulez-vous croire, dit-il, en un peuple qui a dit « oui »
à une constitution qui ne le reconnaît guère ?
Il dit également que la plupart des Imazighen ignorent l’immensité
de la richesse et du savoir Amazigh. Il donne pour preuve, qu’ils n’ont
pas su montrer à l’autre, aux autres, les multiples facettes d’une
civilisation noble et humaniste pour gagner leur soutien, combien précieux
dans ces conditions. C’est plutôt eux même qui se sont transformés
en un autre qui lutte contre l’agonie de cette amazighité orpheline
! Oui, pour parler de leur civilisation, ils empruntent une virée des
chemins pour passé à leur langue et à leur culture.
Le savoir Amazigh dit-il est largement adulte, c’est à Imazighen
de se réconcilier avec eux même en apprenant beaucoup sur leur
civilisation pour espérer la montrer aux autres dans de bonnes conditions.
Quant à la meilleure façon de promouvoir l’amazighité,
il dit qu’il doit falloir commencer par le commencement (Uggug ! comme
il dit) c’est à dire que Tamazighet doit être reconnue clairement
et officiellement dans la constitution du Maroc.
Tadiwennit d Sakku
Aseqsa :
Seg mantur a ya tgid aneccad ?
Sakku :
Seg 1936 ayddegh ttinigh izlan, d tmedyazet, d tgezzumet. Nnigh g ihidas kul
mayed igan ka, ar sfafagh tiwengimin acku gnan ikabaren.
Aseqsa :
65 n useggwas g tteggad isefra g wawal amazigh, g tteggad tighemrin i wawal
afad ad tessefsisd ineghmisen n tsertit. Tâent abrid n tusna ad ssaden
imezdagh ?
Sakku :
Nnigh g yan izli :
*Ur udjigh g iwalewen mayed ur nnigh
meqqar yad tenyamam ur iyegi rebbi.
Seg wahli sawalegh i ymazighen, maka idrus mayed i-yesellan !Ghrigh-asen g useggwas
n 1962, ghrigh-asen g 1972, 1973, 1997…atg. Nnigh-asen g 1962 ghef ddustur
g ur amun :
*Ghrigh-awen a lemsakin mek i tgam rray
xir-awen ad ttinim i gar azdugh nâam.
Meâna ad ur ttinim nâam i ddustur amezwaru.
1972 nnigh-asen :
*Mer taghul s bnadem awedyan iffegh umuttel
ka yusey urawen ka ccebyat as-ti-ttasey
Kulluten Imeghrabiyen usin amuttel, ka yusit g ccâeb, ka iâawen-as.Amazigh
innan « nâam » i ddustur g ur yamu, yusey amuttel g ighef-nnes
d win warraw-nnes.Hat yusey urawen n umuttel. Idd unna yusin ccebyat, unnagh
mi yeka cceâb lamant ger ifassen immerregh-is.Amm tmeccahut n igdad issehdan
imendi i wfullus,
Aayden-d, afen-d lebrud g udghar n imendi. Nnan-as i wfullus :
-matta weya ?
Innan-yasen :- tufan-i-d da tterâabegh awed nekk ! Da tterâabegh
ar d uhlegh qqimegh digh ar tterâabegh i yemendi iaâyeden gan lebrud
!
1973 nnigh-asen :
*A yag axemmuj ikka ul-innew
« nâam » n uyellid a mi âeqqalegh.
Meâna ddustur n 1962 isul ur t-nettu, urta namu mayed ur diges tamazighet.
Ixessa ad nili zwar, âad ar tsawalem. Kwenni tennam-as « nâam
» !
1997 nnigh-asen :
*Ulligh wad i dilligh nna g da ttessam
annayegh mkerdul-a qbel ad yawed da.
Bdan Imazighen ar sawalen, nnigh-asen hat seg lli’ awen-t-ttinigh, ar
tekkatem abeqqa.
Aseqsa :
Mayed tghid ad asen-tinid i ymazighen dghi, matta ubrid ttekkan mar ad sbeddin
awal-nsen ?
Sakku :
Seg useggwas n 1939 ayed ddegh sawalegh, key hak tarud g « lkitab »
kull mayed nnigh, unna iran 60 n useggwas n wawal-inew inada-t. Maka, ixessa
ad isinn’ idd kull’ mag illa « nâam » nekk nnigh
diges « la ». Amm nekk trura-t leâlamet s azyin ! Agensu n
wawal amazigh, g izlan, g tgezzumet, g tmedyazet tella diges tusna iwseâen.Diges
tusna n tudert, tusna n tsertit, yili diges useksew s dat. Izli ixessa-t ad
idus ishu ad idus mar ad imun d tsutiwin. Awal amazigh s uyenna t-ttinnigh ur
da yettalem.Nfeâ n tmazighet idrus mayed yukzen tallunt n tusna-nnes.
Amata ighal idd ghas awal hill’, ayennagh a mi ur ssin imazighen n dghi
ad âeten udem-nnes i wiyed mar afen mas skuttun. Ur ghiyen ad sfesten
s tusna iâdawen n tmazighet. Illa g idles amazigh mas kkaten, mas ttebeddan
dat winna ur irin tamazighet. Ixessa-ten ad ts-fhmen beâda nitni acku
kkan iberdan yaden s awal-nnsen !
Aseqsa :
G uyenna ttinid, mayed nuwd-nn’ imazighen dat winna ur t-irin, dghi g
tebda da ttughar g likul ?
Sakku :
Da ttughar g 300 likul hill’ayed i-tennid, d urta nannay adu, han gwelmima
beâda walutt’ akw diges ! Maka mani tekka 50 n useggwas n txendallast
? tedda, tzerey , nettu-t ?
Imazighen walfen lemnazil n 5 n iseggwasen, da seksiwen ad ilin tawuri winna
idelhen winna tt-ilan d winna tt-iran. Mek ran ad ilin, umun g wawal, ixessa
ad fghen abrid g ddan. Han dghi ku xemsa n iseggwasen yagh-asen-d mayed tteggan
afus zrin-t ! Amun nitni g ikabaren ikkaten imazighen d tmazighet. Ku lintixab
ar retthen amm iâisawiyen, gern tiwriqin i winna ten-ikkaten ! Inin digh
« nâam » meqqar ur amun. Zrin tamzighet tunef imi da ttini
mayed idd ittawin ka, hat righ ad bnugh uggug. Ku yuwun ad yasey iselli-nes,
negh d uttub afad a nebnu uggug : tugdut.
Aseqsa :
Illa ka n izli d yuwin ghif dghi ?
Sakku :
Llan win tassaâet-a mek d ad ten-fehmen ukwan !
Izlan :
*Neker-at yuwed ladan ad tezzalem
han ass turt-id a yayet yittes.
2) wis sin :
*Yaghul da yeshillil imi ig acekkam
ikka ger as d tasa i wul d izuran
3) wis krad
*Icahet-as mek illi leghyar g izuran
Han aqmu idda-d ineât-as-d igh n ka
4) wis kuz :
*Bubbigh g umuttel cigan s imi
da yagh ishillil s labas walu-t.