CIRCONSTANCES D'UNE RENCONTRE

Comment et par qui ces deux blocs de pierres taillés comme ils le sont et pesants chacun plusieurs dizaines de tonnes se trouvent ils positionnés en forme de tente ? se sont ils détachés de la montagne qui domine Taourirte n’Ighouyal ? ce qui paraît à première vue être l’origine de leur situation. Et l’existence de crustacés fossilisés sur leurs flans ! Etaient ils jadis couverts par les eaux d’une mer qui couvrait toute la région ? Moha ou Kaida tenait sa tête entre ses mains et n’arrivait pas à trouver de réponse aux questions qu’ils se posait heureusement dit il que mes chèvres ne manquent pas d’herbe et que Mahdi le nomade sédentarisé les a épargné des attaques du chacal qui sévissait dans les alentours

Le soleil a déjà amorcé sa descente derrière l’Adrare de Taltafraoute, Le muezzin de Takaterte appelle à la prière d’el Asr Moha ou Kaida se leva pour accomplir sa prière et ramener son ânesse qui s’est un peu éloignée de lui quand son attention fut tirée par des incantations qu’il entendit derrière taourirte n‘ighouyal (Colline des ânes). Il s’approcha lentement du lieu d’où provenait le bruit et aperçut une femme vêtue de noir faire le tour de la colline. Le bruit de ses pas attirèrent l’attention de la dame qui marqua un arrêt et se retourna vers la direction d’où elle entendit le bruit. Moha ou Kaida sachant qu’il a été vu de sortit de sa cachette et se dirigea vers la dame
Qui êtes vous et que faites vous ici oh créature de dieu lui lança t il
Je suis Mahama Ali veuve de feu Haddou Abbou et j’habite Harour ! Ce que je fais ici ? C’est long à raconter mais je me contenterai de vous dire que je suis en train de pleurer mon sort. Il paraît que les prières et les vœux en ce lieu sont exhaussés.
Vous a t on fait du mal ? Lui demanda l’homme

Beaucoup monsieur ! Depuis la mort de mon mari toute la tribu m’a mis en quarantaine, personne ne veut labourer ni semer mes champs ! mon troupeau s’est décimé et il ne me reste plus que 12 chèvres que je suis obligée de conduire moi même chaque jour au pâturage, mes pauvres bêtes n’ont pas le droit non plus de faire partie du troupeau du douar ! même l’Amghar des Ait Ourassinegh ne me considère plus comme résidente de Harour. Moha ou Kaida écoutait avec attention sans laisser apparaître ce qu’il ressentait Lui qui est aussi étranger dans ce patelin et qui est arrivé avec un seul but, celui de développer un commerce de dattes et de henné. Après un bref silence il se leva et déclara de sa voix pleine d’émotion : écoutez chère créature à compter de demain, je viendrais chaque matin conduire vos chèvres au pâturage ! En contre partie je vous demande de me préparer chaque matin une galette n’ourakhssas et nous partagerons chaque année à parts égales le produit de vos 12 chèvres et j’espère que l’unique aâtrouss du petit troupeau sera à la hauteur de notre attente !

Je vous remercie et j’accepte votre proposition répondit Mahama. Ainsi débuta l’histoire entre un homme qui ne possédait qu’une ânesse et la veuve de Harour qui était rejetée par la tribu de son défunt mari