[Retour la liste]


ETRANGERS DANS LEUR PROPRE PAYS ! le 26/12/2009 à 12h36

Lors d’une émission télé du samedi soir, une animatrice s’est demandée quelle est l’origine de cette « Libanisation » qui envahit les plateaux et les programmes des télévisions marocaines ?
Sa question concerne bien sûr le domaine artistique dans lequel nos médias n’arrêtent pas de nous servir dans leurs programmes de nombreux artistes libanais. Jeunes hommes aux cheveux « gélés » et jeunes filles portant des décolletés qui mettent en relief leurs généreuses poitrines et qui montrent leurs nombrils (Lbote) d’où brillent de fausses perles.
Nous savons tous que ces artistes qui nous viennent de l’orient en plus de la promotion qui leur est faite pour leurs disques , repartent avec des cachets conséquents que vous et moi contribuables de ce pays payons à travers les redevances d’électricité ou tout simplement par le biais des impôts !

Alors quand je pense à l’oubli et à la marginalisation de nos artistes Amazigh comme Oumguil, Ahouzar, Oaâla et d’autres qui non seulement, sont auteurs des paroles et des musiques de leurs chants et qui se font accompagner par des danseuses habillées de bas en haut à la berbère et qui elles aussi essaient d’être créatives dans leurs chorégraphies, je ne peut dire que « Lhgarte Aya ! »

Nous savons tous que la vulgarisation d’une langue se fait aussi à travers les médias et si nos boites à images voulaient promouvoir Tamazighte, elles l’auraient fait en invitant sur leurs plateaux les artistes amazighs et en passant des clips de ces artistes comme elles le font pour les chanteurs arabes, anglo-saxons ou hindous.

J’espère que les initiateurs de cette "libanisation" qui s’empare de nos médias, sauront arrêter cette contamination au domaine artistique et ne vont pas jusqu’à nous importer tout ce qui se passe au pays du cèdre. Notre pays est bien dans l’unité de ses habitants qui aimeraient n’entendre que le bruit des tirs du baroud d’une fantasia lors des moussem et lors des fêtes et non les rafales de kalachnikovs dans les rues de ses villes.

Pour terminer, je dirais que de loin, je préfère écouter nos artistes chanter l’amour, l’amitié et la nature, voir nos gazelles de l’Atlas habillées à la traditionnelle, fournir des efforts pour améliorer leurs danses en y ajoutant leurs propres chorégraphies que de voir certains artistes orientaux dont le coté artistique se limite à leurs moustaches bien coupées, aux courbes de leurs hanches ou à l’exposition de leurs poitrines siliconées.

Ainsi va Ghriss
Agadir le 13/02/07

[Retour]