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Ils ont combattu pour Dieu et la Patrie ! le 02/09/2018 à 10h15

Ils ne cherchaient ni la fortune ni la gloire. Glorieux, ils l’étaient. Fortunés, de leur foi et de ce à qui ils croyaient, ils l’étaient aussi. 

Vous avez certainement compris qu’il s’agit des hommes du Sud-Est du Maroc qui avaient fait face à la colonisation du pays.

Pendant qu’ils résistaient aux troupes d’occupation qui étaient aidées par des supplétifs marocains des villes conquises, d’autres à Fès et à Rabat composaient avec les autorités françaises pour profiter de la colonisation et avec l’idée d’être prêts pour les remplacer le moment venu.

Goulmima fut occupée en 1932, alors qu’une année avant, feu Mohamed Fassi passait son Bac dans un lycée français de Rabat et qu’en 1917, un  grand leader nationaliste de Fès avait envoyé une lettre de félicitations au Résident français après que Moha ou Hammou Zayani a été défait par les troupes d’occupation à Lahri ?

Comment veut-on dans ces conditions que ceux qui collaboraient et qui étaient du côté du colonisateur commémorent ou nous aident à commémorer comme il se doit les batailles de Boudnib, de Tilouine, d’Amaglagal, de Saghro ou de Baddou ?

Si aujourd’hui, ils se contentent de rappeler timidement qu’un certain Assou ou Baslam et qu’un certain Zaid Ouskounti et leurs hommes avaient résisté à la colonisation c’est sous la pression de certaines associations qui ne veulent pas que la résistance de leurs parents soit occultée et oubliée. Quant à la bataille d’Amaglagal et la victoire des Ghrissois sur les troupes d’occupation, les autorités le passent sous silence malgré les appels et les efforts que déploie chaque année l’Association Arraw N’Ghriss. 

Peut être que cette “frigidité” dans la commémoration de ces événements est due au fait que le Sultan Moulay Hafid, avait signé en 1912, le traité de protectorat, donnant droit à la France de coloniser le pays sous prétexte de le pacifier. Cette autorisation du Sultan de l’époque qu’elle soit ou ou non sous contrainte, avait donné et donne encore aujourd’hui une autre interprétation aux actions de résistance qu’avaient menées les hommes de Ghriss de Baddou et de Saghro ! Je rappelle qu’en 

1927 alors que les résistants de Ghriss avait stoppé la progression des soldats Français  hors de leur territoire en les obligeant à camper à Tarda (32 km) de Goulmima sur le territoire d’Ait Izdeg, le Sultan Moulay Youssef assistait au défilé du 14 juillet à Paris à côté du président français Gaston Doumergue !

Qu’elle soit joyeuse ou triste, nous devons assumer l’histoire de notre pays et non essayer de la travestir. Car à chaque peuple ses braves, ses poltrons et ses traîtres.

Ainsi va Ghriss

Washington le 02/09/2018

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