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Le peuple de l’errance ! le 10/03/2018 à 13h07

Amour, désamour et ré-amour entre les USA et Israël. Un cycle en boucle que connaissent les relations entre les deux pays selon l’appartenance politique de celui qui occupe la Maison Blanche. La dernière visite de Netanyahu à Washington et sa rencontre avec le Président Trump a mis en évidence la solidité des relations entre les USA et Israël malgré les quelques turbulences que ces relations ont traversées durant la présidence de Barack Obama. 

Les franches poignées de mains et les sourires affichés devant les caméras étaient plus destinées à leurs concitoyens qu’au reste du monde. Netanyahu qui est accusé de corruption et qui n’est pas l’abri de se retrouver devant les juges cherche à montrer qu’il reste l’ami et qu’il a l’appui des américains. L’annonce de Trump de sa possible présence lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem au mois de mai va dans ce sens. 

Faut-il rappeler qu’aussi solides que soient, les relations entre les américains et les Israëliens, elles ne passeront jamais avant les intérêts américains. Si les américains soutiennent sans réserve Israël c’est parce que ce pays leur permet de contrôler et surtout de protéger leurs intérêts dans toute la région du Moyen-Orient.  Mais la géopolitique n’est pas une science figée. Elle change et souvent plus vite que changent de place les dunes de sable du désert. 

Ce que les israéliens, oublient ou font semblants d’oublier, c’est que ce n’est pas par leur volonté comme ils le prétendent qu’ils se sont retrouvés sur la terre palestinienne. C’est par la volonté des autorités anglaises et françaises et américaine de l’époque que le choix c’est porté sur cette terre du Moyen-Orient alors qu’il était question de les installer quelques parts  en Afrique subsaharienne.

Lors des deux mandats d’Obama, la crainte d’une confrontation avec le bloc sino-russe avait obligé les USA à revoir leur politique avec l’Iran. Mais cette crainte ne semble pas être partagée par Trump puisqu’il menace de dénoncer l’accord signé par son pays avec l’Iran qui avec le Pakistan, l’Afghanistan et les pays du Moyen-Orient constituent une barrière à une éventuelle invasion de la part de la Russie et de la Chine. 

Voilà pour ma petite analyse géopolitique. Mais je laisse de coté cette analyse conjoncturelle pour me référer aux livres saints et plus précisément à la Bible. Dans le judaisme, le concept d'élection est la croyance selon laquelle les enfants d'Israel sont le peuple, choisi pour contracter une alliance avec Dieu. Cette idée, énoncée la première fois dans la Torah, est reprise dans les Livres ultérieurs de la bible hébraique. Les hébreux ne sont pas seulement un peuple élu comme le dit la Torah mais ils sont aussi le peuple de l’errance. Et c’est justement ce qualificatif qui est également biblique qui déplait aux gouvernants de l’Etat d’Israël, même si l’errance a marqué l’existence de ce peuple à travers toute son histoire, Son existence durant une période  de vingt siècles n’est qu’une suite de migrations,  de dispersions, d’expulsions, de regroupements et d'errances depuis l'Antiquité jusqu'à la création de l’Etat d’Israël en 1948. Même s’il a survécu à tous ces accros de l’histoire, il n’est pas au bout de ses peines et je ne pense pas que ça soit finit pour lui. Les déplacements du peuple juif d’un endroit à un autre date depuis l’avènement du prophète Moise et bien avant l’avènement du Christianisme et de l’Islam. Leur expulsion de l’Espagne, la tentative de leur extermination par les Nazis, puis leur occupation récente de la Palestine ne sont qu’un maillon de cette chaine d’exodes qu’a connue ce peuple et qu’il continuera de connaitre malgré les diverses tentatives de créer une nation. De nombreux Rabbins continuent à dire que le peuple juif n’a d’avenir que de vivre sa foi éparpillé à travers le monde. La dernière tentative du sionisme qui consiste à créer un Etat juif en Palestine finira comme ont fini les précédentes tentatives.

Plus de soixante ans après sa création par les grandes puissances Israël, refuse toujours de se concevoir comme une république pour tous ses citoyens.  Tout en refusant selon l’esprit de ses lois de reconnaitre la pleine citoyenneté au quart de sa population non juifs, Israël, se considère l’Etat de tous les juifs du monde même s’il s’agit de populations qui vivent dans d’autres pays et qui ne sont ni des réfugiés ni des populations  persécutées, mais des citoyens qui vivent dans des pays où ils résident. En sommes, Israël considère tout juif là où il se trouve comme l’un de ses citoyens sans tenir compte des frontières. Une théorie dangereuse qui créerait des états sur la base de leur appartenance religieuse ! Mais si Israël maintient son mythe de rassembler sur la « terre de ses ancêtres », tous les juifs du monde afin de créer une nation éternelle, ce n’est plus les terres arabes de Palestine qu’il lui faudrait mais toutes les terres du Moyen-Orient et encore ! Ce qui me fait dire, quittes à déplaire à mes amis qui sont de l’autre coté, que l’avenir du peuple juif ne se fera pas en Palestine ni sur une autre terre comme le souhaitent les adeptes du sionisme. Les écrits bibliques qui qualifient le peuple juif de peuple élu, le qualifient  aussi de peuple de l’errance. Pour moi la création de l’Etat d’Israël en terre palestinienne n’est qu’une étape du périple d’errance de ce peuple. Un jour sans qu’on sache quand ni comment il le fera, il reprendra ses baluchons et repartira de la Palestine comme il en est arrivé. Sa pérennité ne se réalisera que par sa dispersion, son éparpillement à travers le monde. C’est ce à quoi croient aussi de nombreux juifs à travers le monde qui refusent d’aller s’installer en Palestine.

Ainsi va Ghriss

Washington le 07/03/2015

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