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Les murs de la honte le 25/02/2017 à 11h29

La semaine passée, malgré le grand nombre des éléments des forces auxiliaires qui sont déployés le long du mur grillagé qui entoure l'enclave de Ceuta, un grand nombre d'immigrés africains avait pris d'assaut et franchi le grillage pour passer de l’autre coté de l’Espagne et donc de l’Europe. Mais en franchissant les murs de barbelé ces infortunés doivent faire face de l’autre coté de la méditerranée aux murs  de la ségrégation et de l'intolérance.
Il m'est arrivé déjà d’écrire que ni la mer ni le désert et encore moins les murs érigés par les hommes n'arrêteront pas la détermination des gens qui fuient la faim et la guerre. Quand on est désespéré rien ne fait plus peur ; et ceux qui prennent le risque de traverser la mer sur des rafiots tout en sachant qu'un grand nombre de ceux qui les ont précédés en péri en mer le savent bien.
Que doit-on faire, face à cette nouvelle donne qui fait de notre pays le passage privilégié de ceux qui tentent de rallier l’Europe
La solidarité humaine oblige, on ne peut qu'accepter d'accueillir ces malheureux, aussi bien ceux qui ne font que passer que ceux qui veulent s’installer et travailler chez-nous.
Pour ceux qui ne veulent que transiter et tenter de passer vers l'eldorado européen, le Maroc doit leur apporter assistance et non se comporter en gendarme du vieux continent. Aux européens de trouver des solutions pour que ces personnes restent chez-elles ou mettre les moyens nécessaires pour assurer la garde de leurs frontières.
Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurai aménagé pas loin des enclaves de Ceuta et Melilla des zones de repos  pour ces personnes qui ne sont que de passage chez-nous et qui ne sont mues que par la recherche d'un travail  en Europe qui leur permettra de gagner dignement de quoi vivre et de quoi faire vivre leurs familles.
Le comble dans cette affaire d’immigration, c’est de voir, les européens reconduire aux frontières  "ces hommes de couleur" alors que durant les siècles, ces mêmes européens venaient enlever de force leurs ancêtres pour les emmener travailler en tant qu'esclaves dans leurs plantations de coton et de canne à sucre. Je laisse de côté les matières premières extraites de la terre africaine et qui sont exportées vers l'Europe au lieu d'être transformées sur place et participer ainsi au développement des pays africains. Parlant de l’accueil des immigrés, Feu Michel Rocard  avait dit que "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", il oublie que son pays est parmi ceux qui avaient installé cette misère dans plusieurs parties du monde !
Mais sommes-nous à une contradiction près avec ceux qui encore hier, prônaient la libre circulation des biens et des hommes et qui aujourd'hui mettent en place des lois et des conditions draconiennes pour fermer leurs frontières aux étrangers ?
Ne vont-ils pas un jour empêcher les cigognes et les grues de traverser les frontières une fois qu'elles aient passé l'hiver à se nourrir en Afrique ?
Ainsi va Ghriss

Washington le 25/02/2017

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