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Les fêtards nocturnes du Ksar le 17/12/2016 à 08h03

Après le retour des familles qui avaient fuit l’occupation de Ghriss par les troupes françaises et l’installation de l’administration coloniale à Goulmima. Le Ksar a retrouvé petit à petit  son train-train de vie. Les personnes âgées reprennent leurs palabres chaque jour à Tamardoulte (place publique à l’intérieur du ksar) et de nombreux jeunes en attendant d’être recrutés pour servir dans l’armée française, passaient leur temps à se marier et à divorcer comme si c’est pour rattraper toutes ces années où on surveillait plus la progression de l’armée d’occupation qu’à penser à fonder un foyer. Ainsi de nombreux jeunes de cette époque se sont mariés et divorcés plusieurs fois dans une même année !

Un groupe de fils de nantis, se retrouvait chaque soir chez « Lahchaichi » qui habitait dans la Zaouiya pour fumer de l’herbe et jouer aux cartes en misant le peu d’argent qu’ils avaient. Il arrive même qu’une personne mise sur la natte de jeu son burnouss, sa djellaba et même son âne comme l’avait fait Rahhou un soir, lorsqu’elle ne dispose plus de pièces à miser.

Un soir après avoir fini de jouer aux cartes et rempli leur poumons d’une bonne dose de Kif, un groupe de jeunes s’installèrent à l’entrée d’une ruelle portant le nom de La3lou n’Ait Mhamed. Ils parlaient de tout et de rien quand soudain ils voient arriver devant eux un bouc qui s’est échappé d’une maison dont le propriétaire avait oublié de bien fermer la porte. Le groupe se composait de dix personnes en plus de Lahchaichi. A l’unanimité ils décidèrent de s’emparer du bouc et de se rendre à la Zaouiya pour l’égorger et le manger. Ce qu’ils avaient fait avant de revenir à leur place comme si rien ne s’est passé.

Au lever du jour, le propriétaire du bouc qui s’est rendu compte de sa disparition, arriva d’un pas pressé devant le groupe et leur demanda s’ils n’avaient pas vu passer son animal. Ils répondirent tous par un non, sauf Lahchaichi qui se donnait de petites tapes avec sa main sur le ventre tout en disant « 3andaq tgoul ba3333 » ! Le propriétaire du bouc qui ne comprenait pas l’arabe, n’avait pas saisi le sens de ce que disait Lahchaichi au bouc dont une partie se trouvait dans son ventre, continua à chercher son bouc.

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 17/12/2016

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