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Plus pugnace que Hedda ou Rouch ! le 26/11/2016 à 07h08

Plus pugnace que feue Hedda ou Rouch ! (je vous promets de vous raconter ultérieurement l'histoire de cette grande militante)

Il y a des causes pour lesquelles la personne croit, s'engage et défend sans jamais se lasser ni penser un jour abandonner le combat.

Pour moi, je continuerai à réclamer la construction d'un barrage sur le Ghriss jusqu'à ce qu'il soit édifié à Tadighoute ou à Amsed.

Je continuerai à crier à l'injustice et à dénoncer le complot prémédité et exécuté par certains imazighene de l'Ircam contre Tamazighte par l'adoption de Tifinagh comme alphabet.

Aussi, vais-je encore une fois vous inviter à relire et à partager la chronique que j'ai insérée il y a trois ans dans le site www.goulmima.com qui traite de ce complot.

Faisons du bruit, ne laissons pas faire ceux qui veulent handicaper notre langue !

Ainsi va Ghriss

Marrakech le 26/11/2016

 

Our n’samh ! (Nous ne pardonnons pas) 

Pour le titre de cette chronique, j’ai hésité entre «Our n’samh» et «j’accuse». Finalement j’ai opté pour «Our n’samh» pour ne pas faire ombrage au fameux «j’accuse» qu’Emile Zola avait choisi pour son texte dans l’affaire Dreyfus. Et si Zola avait accusé le colonel du Paty de Clam de l'effroyable erreur judiciaire qui a été commise dans le jugement de Dreyfus. Moi j’accuse ceux qui avaient opté la transcription de Tamazighte avec l’alphabet tifinagh de la mise en danger d’une langue.

Depuis sa constitutionnalisation Tamazighte n’appartient pas seulement à Imazighen mais à tous les marocains. Et si dans le proche passé imazighen avaient pour objectif de sauvegarder leur langue, actuellement les choses ont changé. Il ne s’agit plus de sa sauvegarde mais de son développement, de son expansion et de son ouverture à d’autres. Et le choix de Tifinagh ne conduit pas vers cet objectif. Au lieu, de faire prendre à notre langue le chemin de la modernité et de lui permettre d’être au même niveau que les langues universelles, ceux qui sont en charge du dossier lui font rater cette opportunité historique. C’est vrai que l’alphabet tifinagh fait partie du patrimoine culturel amazigh. C’est vrai aussi que nous devrons le préserver comme l’ont déjà fait nos ancêtres en l’introduisant dans leur mode de vie, dans leurs tatouages, dans les motifs de leurs tapis et dans la décoration de leurs demeures ; mais pas dans l’écriture de la langue qui doit suivre l’évolution technologique et scientifique des temps. Déjà nous qui sommes imazighen nous n’arrivons pas à user de cet alphabet pour lire ou écrire Tamazighte ! Imaginez qu’on demande aux égyptiens d’utiliser les hiéroglyphes pour communiquer et écrire leur langue ! Je le dis et je le répète, le choix de tifinagh est un mauvais choix. Il introduit notre langue dans un cul-sac, dans un gouffre sans issue, dans un « akhred war imi» comme on dit en tamazighte. Ce choix n’est pas dicté dans le souci de faire évoluer notre langue, mais de la freiner, et de lui ôter toute possibilité de prendre de l’envergure. Je me demande si ceux qui ont la charge de développer Tamazighte sont conscients de la gravité de la voie qu’ils font prendre à notre langue ? Nous avons trop attendu pour nous contenter de l’os qu’on nous jette et dont le but n’est que de nous faire perdre du temps et à défaut nous faire casser les dents ! Aussi je dis :

- « Our N’samh » à ceux qui dans leurs confortables fauteuils à Rabat font le jeu de ceux qui ont toujours combattu et continuent de combattre Tamazighte.

- « Our n’samh » à ceux que l’argent de leur rémunération mensuelle a fait oublier leur engagement et fait perdre leur militantisme.

- « Our n’samh » à ceux qui utilisent à des fins personnelles la langue et la cause amazigh qui appartiennent à tous les marocains.

- « Our n’samh » à tous ceux qui profitent de la précarité que vivent nos artistes et poètes et exploitent leur talents et leur créativité en échange de quelques dirhams.

Comme dans l’affaire Dreyfus, la vérité et le droit finiront par triompher. Mais en attendant, nous continuerons à utiliser l’alphabet latin pour écrire notre langue et non à suivre le groupe de Rabat qui veut commettre l’infanticide ! A ce groupe, je dis qu’il n’est pas encore trop tard pour rectifier le tir et faire prendre à notre langue la bonne voie qui fera d’elle la langue de tous les marocains et pourquoi pas celle de tous ceux qui l’aiment. Pour ce faire, soyons nombreux à dire à l’Ircam de revenir sur sa décision et d’adopter l’alphabet latin.
Adour n’tadja Tamazighte at kjoum akhbou l

Ainsi va Ghriss  Le 19/11/2013

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