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POURQUOI PAS EN TAMAZIGHT ? le 26/12/2009 à 12h26

Je commencerai par vous raconter une anecdote à laquelle j’ai assisté un jour pendant la prière du vendredi dans une mosquée à igoulmimn . le Fkih qui prononçait le sermon était originaire du Tafilalet, Il parlait couramment l’arabe dialectal sa langue maternelle, la langue Amazigh qu’il a apprise durant les années passées avec la population du Ksar. Quant à sa maîtrise de l'Arabe classique, elle se limitait à la récitation des versets de coran qu’il avait appris par cœur !

Lors d'un sermon du vendredi, il m’est apparu que l’assistance ne comprenait aucunement le sens de ses phrases et encore moins le message qu’il voulait leur transmettre. Les prieurs se limitaient à dire « Salla allah ou 3alayhi wa salam » (que la prière de dieu soit sur lui) à chaque fois que le fkih évoquait le prophète Sidna Mohamed.
Soudain un homme se leva et s’adressa au Kkih en langue Amazigh et lui dit :
Our nassine mayd tinide ar tsghzifd lkhotbt nek al fakih ! (Nous ne comprenons pas ce que tu racontes, et tu prolonges trop ton sermon!)
Si comme nous le pensons, l’objectif des sermons du vendredi est de passer des messages de bonne conduite, de conseiller les populations ou de comprendre les préceptes de l’Islam , je vous assure que cet objectif est loin d’être atteint. Et ce constat n’est pas exclusif aux mosquées dans les régions Amazighophones, voyez vous-même qui êtes en ville ce qui se passe le vendredi dans les mosquées de vos quartiers. Depuis combien d’années avant la prononciation du sermon on rappelle aux croyants le fameux hadith « Fa mane lagha fala joumou3ta lah » (la prière de celui qui parle durant la prononciation du sermon n’est pas acceptée) ! et pourtant les gens continuent à parler. Sont-ils si indisciplinés ?
Je vous dirais que non, Le problème est que ces personnes ne comprennent pas l’arabe classique pour comprendre la signification du verbe « lagha » (parler, discuter), et personne n'a prit le soin de le leur expliquer!
Et de ce qui précède, je me demande, pourquoi nos imams Amazighophones ne prononcent-ils pas les sermons du vendredi en Tamazighte ou en arabe dialectal (darija) ?
Pourquoi n’expliquent-ils pas aux gens le sens des hadiths et des versets de coran dans un langage compris par tout le monde ?
Il n’est pas écrit ni dit que prononcer le sermon en Tamazighte fait partie des "moubtilate a sala" (interdits)
Les turcs, les bosniaque, les kurdes, les perses les indous le font chez eux avec leurs langues. Alors pourquoi pas chez nous? Et puis le bon Dieu lui entend et comprend toutes les langues, et bien plus encore celles des opprimés !!
 (A L'IRCAM je fais un clin d'oeil)

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