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Araw n'Tanouhte (Partis politiques) font entendre leurs ramages ! le 09/07/2016 à 07h42

A trois mois des élections législatives, la course vers les recommandations a commencé. Des candidats à la recherche d'un parti qui voudra bien les accréditer et des partis qui cherchent des candidats pour les représenter. Une vraie sorte de "mercato" qui n'empêchera l'argent et les intérêts personnels d'être le moteur dans ce genre de tractations.

Au fait, est-il normal qu'on oblige un citoyen marocain à avoir l'accord d'un parti politique pour se représenter aux élections législatives? Cette obligation n'est-elle pas en contradiction avec les droits de l'homme ? Pourquoi le gouvernement oblige t-il un citoyen marocain à avoir l'aval d'un parti politique pour être candidat ? Déjà le taux de participation a du mal à dépasser les 50% et de ces mêmes participants, la majorité vote plus pour la personne que pour le parti qu’elle représente. Pourquoi le gouvernement ne laisse-t-il pas la possibilité de se présenter à toutes les compétences qu’ils soient adhérentes ou non à parti politique ? Ces compétences appelées communément «technocrates » à qui on n’a pas n’hésité à plusieurs reprises dans le passé à faire appel pour former des équipes gouvernementales. Doit-on nier l'existence de ces compétences non politisées dans notre pays? Ne s’agirait-il pas d’un deal passé entre le gouvernement et les partis politiques pour rehausser le niveau de ces derniers auprès des gens à un moment où ils n’arrivaient plus à attirer plus d’adhérents mais à continuer à en perdre. De nombreux candidats aux élections législatives sont loin d’être de vrais militants. Ils sont à l’image d’un « Isly » (marié) qui pour la circonstance porte un burnous et un turban durant la cérémonie de mariage et dont il se débarrasse le lendemain ! Si ce n’est pas l’interdiction par la loi pour les élus de changer d’appartenance politique durant la législature, on aurait continué à voir nos élus changer d’appartenance politique comme feraient des gamins dans un manège de voitures tamponneuses qui descendent d’une pour emprunter une autre.

Vous verrez bientôt, les partis politiques accorder leurs tazkia aux artistes, aux sportifs et ceux qu’ils pensent être des leaders capables de drainer des foules, plus qu’à leurs vrais militants. De nombreux partis politiques seraient heureux de voir « Kabour et Chaibia » porter leurs couleurs et si la loi le permettait de présenter des candidats non marocains aux élections, certains iraient jusqu’à faire venir d’Istanbul et d’Ankara les acteurs des téléfilms turcs. Le militantisme à cédé la place au mercantilisme. La vérité est submergée par le mensonge. L’hypocrisie a envahi de nombreux esprits.

Les listes réservées aux femmes et aux jeunes ne sont-elles pas elles aussi une sorte de ségrégation qui ne place pas tous les marocains sur le même pied d’égalité ? A-t-on vu un plus apporté aux débats du parlement par ceux et celles qui ont été élus dans ces listes durant la législature en cours? Si la création de ces listes avait pour but de faire de sorte que toutes les catégories de la population soient représentées, pourquoi ne pas créer aussi une liste des handicapés, une des célibataires, une des divorcés  et une des personnes du 3ème âge ?

L’obligation d’être mandaté par un parti et la création de listes spécifiques pour participer aux éléctions législatives  sont une transgression manifeste des droits de l’homme. Et je suis plus qu’étonné du silence qu’observent sur cette question les différentes organisations qui militent dans ce domaine. Dommage qu’on soit laxiste au point où on laisse faire ceux bafouent et piétinent des règles élémentaires de la démocratie. Ceux qui amendent à leur guise les lois pour les adapter et las ajuster afin d’atteindre leurs objectifs. L’aura des partis politiques et des syndicats est loin de valoir celui des années soixante. Le ver et dans la pomme. Ils se contentent de faire de la figuration et ressemblent aux lions dessinés sur nos boites d’allumettes qui ne font même pas peur aux petits enfants. Eux qui ne sont pas étrangers à la situation que connaissent actuellement les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la justice pour ne citer que ces trois domaines qui sont les fondements de toute nation qui aspire se mettre au diapason avec son temps.

Ainsi va Ghriss

Agadir le 09/07/2016   

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