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Les autruches ! le 06/06/2015 à 09h16

Certaines personnes et responsables ont un comportement qui n'a rien à envier aux autruches. Ils plongent leurs petites têtes dans le sable et croient que tout leurs corps sont cachés. Leur attitude envers le dernier film de Nabil Ayouch a montré oh combien ils sont hypocrites et de mauvaise foi. Ils disent que le film porte atteinte à l'image du Maroc. Je veux bien les croire, mais ceux qui ont détourné les deniers de ´´Etat, ceux qui ont placé leur argent a l'étranger dans des paradis fiscaux pour ne pas payer les impôts, ceux qui avec leurs interventions ont su trouver des postes à leurs enfants et proches même si ces derniers ne possèdent pas les conditions requises pour occuper la fonction, Ceux qui magouillent dans l'octroi de marchés publics en privilégiant et en favorisant les amis et les copains ? Et ceux que certains entrepreneurs mafieux corrompent et signent des réceptions définitives pour des projets non finis ou qui ne sont pas conformes aux cahiers de charges. Ceux-là messieurs donnent-ils une bonne image de notre pays ?

On interdit de projeter "Zine li fik" dans les salles de cinéma, voilà qu'on nous apprend qu'il passe dans certains cafés et que les cd du film seraient en vente pour 50 Dh et moins à Derb Ghalef !

Je ne défends pas Nabil Ayouch, je ne dis pas que son films est bon ou mauvais. Ce jugement revient aux cinéphiles et aux critiques du 7eme art; mais je lui reconnais qu'il s'est attaqué à un sujet délicat mais bien reel. Doit-on nier que la prostitution montrée dans le film n'existe pas? Il est vrai que les exceptions ne font pas que les règles. Mais doit-on occulter ces exceptions et ne point en parler parce que ce sont des exceptions ?

Va-t-on en vouloir à un réalisateur de film si demain il porte à l'écran le problème de la prostitution masculine et infantile ? Nous lisons ce que rapportent les journaux sur ce qui se passe à Marrakech, Casablanca et Agadir, concernant ce fléau. Faut-il se taire ou en parler en montrant ces déviances, quittes à heurter certaines sensibilités ? Ou doit-on nous contenter de lire en catimini ce que nous rapportent de temps à autres les journaux sur ces affaires de mœurs ?

Voilà presque un mois que de nombreuses personnes se défoulent sur Ayouch et traitent les actrices du film de tous les noms. Que proposent ces personnes pour remédier à la situation et mettre un terme à cette humiliation que vivent cette catégorie de filles marocaines?

Nabil Ayouch, les actrices et les acteurs du film "Zin li fik" nous ont obligés à regarder les yeux ouverts le une triste réalité. Interdire le film comme l'ont décidé certains responsables ne suffit pas et ne résout pas a le problème. Une action de sensibilisation est plus que nécessaire si on veut "atténuer" les aléas qui vont de paire avec le tourisme de masse pour lequel notre pays a opté dans son programme de développement !

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 06/06/2015


 

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