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Zine li fik le 26/05/2015 à 12h00

Au Maroc les gens sont friands des nouvelles de tout ce qui sort de leur ordinaire. Après un mois passé à coudre et a découdre sur le tube "3tini saki" de Daoudia et après deux mois de palabres sur la relation que partageaient deux membres de l'équipe gouvernementale de Benkirane, les réseaux sociaux et les discussions de rue se sont rabattus sur le film "Zine li fik" que Nabil Ayouch a présenté au festival cinématographique de Cannes. Entre ceux qui dénoncent la manière dont le réalisateur a présenté le problème de la prostitution dans certaines villes touristiques du Maroc et surtout le langage d'une grande vulgarité qu'échangeaient les filles qui ont joué le rôle de prostituées et ceux qui applaudissent le courage du cinéaste qui a balayé d'un revers de main tous les tabous en s'attaquant de front à ce fléau qui sévit dans nos villes touristiques, il me semble que chaque clan ne manque pas d'excès dans son approche.

L'excès de ceux qui n'ont vu que le côté charnel et sexuel du film sans prendre en considération le fait que son réalisateur met sur la table un sujet choquant mais bien réel que vivent certaines filles de notre société dont personne n'ignore l'existence 
Tout en connaissant l'existence de ce langage vulgaire et ordurier qui existe au sein d'une frange de filles de joie, de nombreux marocains n'aiment pas que cette vulgarité descende dans la rue et devienne publique. Chez-nous, le "Hchouma" voile la réalité. 
Quelque soit le reproche qu'on peut faire a Nabil Ayouch au sujet de son film, s'attaquer à sa famille et à sa maman n'est pas acceptable. Avoir une maman juive n'a rien de déshonorant. Le respect de nos propre-mères passe par le respect des mères des autres.
Revenons maintenant a Nabil Ayouch, même si ce que montre Nabil Ayouch dans son film est une réalité quelque soit son degré d'amertume, il est vrai que l'art et la manière n'y sont pas. En tant que marocain et connaissant la sensibilité des gens, il aurait pu faire passer son message autrement.
Me revient à l'esprit la réaction des nombreuses femmes qui assistaient il y a quelques année à une conférence sur un sujet religieux. Comme un grand nombre parmi elles ne comprenait que Tamazighte, l'intervenant a traduit mot à mot le terme "3aqd anikah". La réaction des femmes ne s'est pas faite attendre. Certaines femmes se sont enfuies d'autres se sont cachées sous les tables en criant "Ayakn yaghane"! Comme quoi on accepte certains mots dans une langue tout en refusant leur équivalent dans une autre langue !
Maintenant que le film est sorti et que le mal est fait ou comme on dit "la grenade (fruit) est éclatée" que doit-on faire ?
Surtout ne pas jeter en pâture le réalisateur, ni jeter la pierre aux actrices qui ont joué le rôle de prostituées, mais réfléchir et voir comment protéger nos filles des prédateurs sexuels qui les guettent. Et comment les dissuader a ne pas succomber au gain facile!
Nous voyons dans nos villes de nombreuses filles qui n'ont pas d'´emplois et qui s'affichent aux volants de voitures de luxe alors que d'autres filles qui travaillent et qui touchent un salaire ont du mal à se payer la moins chère des voitures. 
A toutes ces filles, leur a-t-on jamais posé la question, d'où elles ont l'argent pour se les payées ?
Ne me dites pas qu'elles ont hérité de grosses fortunes ou que leurs papas sont de riches négociants !
Pour clore, je dirais que le film mériterait plus le titre de : "L3ib li fik" que celui de "Zine li fik".
Ainsi va Ghriss
Ifrane le 26/05/2015

 

 

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