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Nous sommes tous venus de quelques parts ! le 31/01/2015 à 09h41

Le sujet et qui demeure et qui focalise l’actualité d’ighrem comme si les habitants du grand Ksar de Goulmima et de ses alentours n’ont pas d’autres préoccupations, reste toujours le même à savoir, qui fait partie ou non de ce qu’on appelle les ayants-droit ?

Quittes à déplaire à de nombreux amis, je vais rappeler brièvement l’histoire de cet ighrem dont s’identifient de nombreux de ghrissois même si certains n’ont pas battu les pavés de ses ruelles depuis belle lurette.

Il parait que cet ighrem a été construit il y a plus de trois siècles par la tribu de Guerrouane qui furent chassés par la tribu des Ait Atta et s’installèrent dans les environs de Meknès. Au début du siècle passé les Ait Atta à leur tour furent chassée et poussés vers le sud (Amagha) par la tribu des Ait Morghade qui habitait sur le flanc-sud du haut atlas central.  C’était le temps des guerres tribales qu'avait connu le pays et heureusement révolu.

Aujourd’hui, le Ksar que de nombreuses familles ont quitté pour habiter dans la palmeraie ou même s’installer dans d’autres villes, est habité par une population composée d'une mosaïque tribale qui avec sa diversité devrait être une richesse. On y trouve Ait Marghade, Iqabliyen, Ait Atta, Ait Hdidou, Ait Izdeg, Chorfa, Igouramen et même certaines familles originaires du moyen Atlas ou du Tadla !

Certaines de ces familles qui habitent actuellement le Ksar, sont venues s’installées à  Goulmima comme l’avaient fait nos grands parents avant eux il y a fort longtemps! Et c’est justement cet épisode concernant l’installation de nos parents dans ce ksar que de nombreuses personnes oublient ou font semblant d’oublier.  Faut-il rappeler que toutes les composantes de la tribu des Ait Morghades avant de se sédentariser étaient au départ des nomades venues d’un peu partout ?

Pour me limiter au Ksar de Goulmima, je signalerais que les Ait M’Hamed et les Ait Issa Izm sont originaires d’Amellago et de sa région, les Ait Boulmane d’Amssed et Timazguite, les Harrou d’Asfla, les Ait Amr Gahi d’idelsen, les Ait Hami d’Aourir et de Taltfraoute. In finé, nous sommes tous venus d’ailleurs!

Alors, comment refuser aux autres ce que nous avons fait ou ce que nos parents avaient fait! On s’obstine à ne regarder qu’à travers le rétroviseur et à ne pas évoluer avec son temps. Je sais que cette notion d’ayants-droit n’est remise sur la table qu’à chaque fois que la question des terres collectives est soulevée. Et comme d’habitude on se chamaille, on cherche à exclure l’autre. Ceux qui sont nés dans le ksar et qui l’ont quitté après n’avoir vécu que quelques années entre ses remparts, n’acceptent pas que ceux qui sont venus l’habiter après fassent partie des ayants-droit. Je suis sûre que si le choix de désigner ses ayants-droit revenait au ksar, il aurait sans aucune hésitation choisi ceux qui continuent à l’habiter à l’entretenir et à faire de lui leur habitation et leur refuge quittes à déplaire à ceux qui l’ont abandonné et qui ont quitté sa palmeraie pour s'installer confortablement dans différentes viles du royaume.

La sagesse serait de permettre à toute personne qui veut investir et monter un petit projet de le faire en lui octroyant le terrain nécessaire. Cela permettra de relancer l’activité économique de la localité en offrant la possibilité à la diaspora et aux locaux d’investir dans de petits projets agricoles en offrirant des possibilité de travail pour les nombreux jeunes chômeurs de la localité. Continuer à se disputer et à vouloir être les seuls ayants-droit, et refuser à accorder aux nationaux ce qu'on permet aux étranger, les habitants finiront par tout perdre au profit des promoteurs du Golf et de l’administration qui ont déjà commencé à s’accaparer sans contrepartie de nombreux terrains. «A tkhmej oula itchate 3ami», dit bien un dicton de chez-nous !

Je termine cette chronique en rappelant l’histoire d’ « ihfa » le nostalgique. Voulant rester branché sur le passé, Ihfa le candide montait son âne à l’envers. Et quand l’âne avançait, Ihfa croyait qu’il se dirigeait dans le sens de son regard. A méditer !

Ainsi va Ghriss

Agadir le 30/01/2015

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