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L'Atlas jaloux du Rif ! le 15/11/2014 à 07h27

 Le Rif serait-il en train de prendre sa revanche sur les Atlas ?  Depuis plusieurs années cette chaine montagneuse du nord de notre pays a été laissée pour compte au point où sa renommée se limitait à la culture du cannabis (kif) et à la contrebande. Ma visite à la région date d’une quinzaine d’années. Et c’est vrai qu’en ces temps, ce qui m’avait marqué du coté de Ketama, de Bab Berd et tout le long de la route de l’Unité (Tariq Al Wahda), c’était les grosses cylindrées des trafiquants «d’herbe» ainsi que le nombre de personnes aux bords des routes qui par leurs gestes mimant le fumeur de pipe traditionnelle «Sebsi» vous proposent du kif.

Ma dernière ballade dans le nord il y a moins d’un mois, m’a montré un nouveau visage de cette région. Les fréquentes visites royales et le lancement de plusieurs grands projets ont transformés de fond en comble la région. Les villes de Tanger, Tétouan, Nador et Al Hoceima pour ne citer que celles-ci  rivalisent avec les grandes villes du royaume. La construction de la rocade méditerranéenne qui longe le littoral nord du royaume est à l’image d’une artère qui irrigue tout le « tissu » de la région. Dans un proche avenir, la côte sud de la méditerranée rivalisera avec celle nord sur le plan touristique. Elle aura en prime plus de soleil et l’avantage d’être sur un continent autre que l’Europe.

Dans la tradition amazigh et particulièrement chez les Ait Morghad, lorsqu’une fille se marie, ses amies célibataires viennent la voir et lui demandent de leur donner des petites tapes avec ses babouches afin qu’elles se marient à leur tour et suivent l’exemple de celle qui s’est mariée. Et c’est peut être ce que devrait faire les trois chaines de l’Atlas pour que le développement ne continue pas à leur tourner le dos. Il est vrai que les plages du littoral méditerranéen ont un grand potentiel touristique, mais les chaines de l’Atlas n’en manquent pas aussi. Des parcs animaliers, des sites d’escalades, des circuits de randonnées, les nombreuses collines enneigées du Moyen Atlas et du Haut Atlas peuvent être aménagées en pistes skiables. Parlant de ski, je souligne que les deux stations dont disposent le Maroc (Oukaimeden et Michlifen) datent du protectorat. Pas une seule station en plus depuis l’indépendance, même si de nombreux sites de nos Atlas ne manquent pas d’attraits pour le développement de cette activité qui marie le sport au tourisme.

De tels aménagements dans les régions telles qu’Imilchil, ou Midelt pour ne citer que ces deux régions seraient d’une grande utilité pour le développement des sports d’hivers. Sur le plan agricole le grand Atlas central pourrait connaitre un grand développement de par la particularité de son climat froid et sec qui convient parfaitement à la culture de toutes les rosacées fruitières (pommiers, poiriers …),  sans oublier la qualité de ses noix et de ses amandes qui sont très appréciées dont les arbres ont un comportement forestier.

Nous à Goulmima, qui sommes sur le flanc sud du haut-atlas, si notre Assedrem ne se couvre pas de neige pour faire du ski, il dispose par contre de deux emplacements (Lboste et Atoukane) qui sont des sites pouvant servir de falaises de sauts pour les delta-planes et les parapentes. Les passionnés du vent, des courants ascendants et des sensations fortes peuvent s’y retrouver pour exercer leurs passions. Faut-il encore que ceux qui décident pour la localité y pensent et y croient !

Ce qui est sûr, c'est que jusqu'à présent, les décideurs ont choisi une autre destinée pour les chaines de l’Atlas, celle de continuer la déforestation du Moyen Atlas, d’ignorer l’enclavement des localités et  les lamentations des habitants du Grand Atlas et de piller les richesses minières de l’Anti Atlas! Les rifains ne se laisseraient  pas faire comme ceux qui nous habitent auraient crié les trois chaines de l'Atlas ! L'Atlas a vraiment de quoi être jaloux du Rif !

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 15/11/2014

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