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Les ingrédients d'une morosité ! le 25/10/2014 à 07h56

 La situation du Maroc peut-elle être moins morose économiquement et socialement qu’elle l’est aujourd’hui ? 

J’ai essayé en vain de trouver quelques indices favorables. Tous les indices sont plus près du rouge que du vert.  A la sécheresse que connait notre pays depuis plusieurs années, viennent s’ajouter l’instabilité que vivent les pays voisins et la crise économique et financière qui depuis 2008 frappe les pays européens ce qui a réduit énormément le rapatriement des devises de nos MRE (Marocains Résidents à l’Etranger) et des dépenses des touristes qui visitent notre pays. A ce marasme s’ajoute le flux des subsahariens qui fuient la misère de leurs pays et qui viennent gonfler le nombre de nos chômeurs. Pour le moment ils se contentent de tendre la main dans les ronds-points et croisements de nos villes. Mais ne risquent-ils pas un jour de plonger dans délinquance ? Quant à nos nombreux chômeurs, ils sont fatigués par les quêtes sans résultat d’un petit job et certains sont lassés et découragés.  Et  comme si tout cela ne suffit pas, c’est la menace du virus ibola qui est suspendue au dessus de nos têtes. Pas un journal d’infos de nos chaines télé ou de nos stations radio n’oublie pas de nous en parler. Même chose pour la presse écrite ; comme si les rédacteurs des médias trouvent du plaisir à nous faire peur !

Alors que faire ?

Aller se refugier en ermite dans une grotte du mont Hamdoune pour être à l’abri de cette morosité et de cette  pollution médiatique ? Ou faire le candide comme Sidi Lahbib Lgarboub l’était et n’avoir peur que d’une chose : que le ciel ne nous tombe pas sur la tête ?

Vous remarquerez que cette inquiétude pour ne pas dire cette peur de l’avenir ne touche qu’une catégorie de gens et généralement celle dite lettrée.

Avons-nous bien fait d’être allés à l’école et d’avoir fait les études ?

Sommes-nous plus heureux que l’étaient nos parents et nos arrières parents qui étaient illettrés ?

Si je ne réponds pas par l’affirmatif à la première question, la réponse pour la seconde est surement non ! Car aux études et à la « réussite » sociale qui s’en est suivie, est venu se greffer l’individualisme et l’insatisfaction permanente qui non seulement ont affecté la solidarité entre les membres d’une même famille, mais ont beaucoup contribué à son éclatement.

Jadis, on ne parlait pas de classe pauvre, moyenne ou aisée mais de famille. Il suffisait qu’une famille ait un de ses membres qui perçoit un salaire pour qu’elle passe de pauvre à moyenne grâce à la solidarité et au regroupement familial qui caractérisait notre société. Et c’est ainsi que durant des années nous avons vu grandir la classe des familles moyennes au détriment de celle des familles pauvres. Depuis quelques années, la tendance s’est inversée ; non pas seulement à cause du chômage ou de la sécheresse, mais et au risque de me tromper (comme ça m’arrive souvent), je dirais à cause du manque de la solidarité familiale qui caractérise notre époque. Il est rare de trouver comme jadis plusieurs hommes adultes de la même famille vivant sous le même toit. Dès qu’un membre trouve un job, il se marie, et comme un moineau (Agdid), il s’envole et laisse seuls dans le besoin les autres membres de la nichée y compris ses parents ; ainsi une famille pauvre rate l’occasion de changer de statut et d’améliorer les conditions de vie de tous ses membres! Et pourtant, feu Hassan II dans un de ses discours nous avait incité à préserver la solidarité familiale, allant jusqu’à espérer ne jamais voir une maison de retraite sur le sol du royaume !

-      Adj awal a 3li m’aurait dit mon ami Said !

Ainsi va Ghriss

Marrakech le 25/10/2014

 

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