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LKANDARTE N’WAGAL (LE PONT DES MARIAGES) le 26/12/2009 à 12h11

Si Avignon est célèbre entre autres par son festival culturel annuel et son fameux pont où «  on y danse, on y danse », Goulmima elle, bien qu’elle peine à avoir sa Drdma annuelle a aussi son pont où « on s’y marie, on s’y marie ».
 Le nouveau pont de Tarmaste qui enjambe le Ghriss à Tizi N’Imnayen est devenu un lieu de rencontres chaque fin d’après midi pour ceux qui cherchent leur moitié. On se choisit et puis Takarfiyte prend le relais pour aboutir par la suite aux fiançailles et à Ijiy N’Ouhidouss.
Pourquoi donc a-t-on choisit le pont ?
Je dirais que c’est du marchandising à son état naturel. Loin de comparer nos jeunes à une quelconque marchandise, le pont représente pour les jeunes filles ce que représente une tête de gondole dans une grande surface. Un bon emplacement pour bien apparaître et attirer les regards des garçons qui cherchent une épouse de leur bled.
Hedda qui l’année prochaine célébrera son mariage et accompagnera son mari en Europe me dit  que c’est sur le pont qu’elle a fait la connaissance de son fiancé qui est un immigré de deuxième génération.
Il s’est adressé à moi en me disant :
Rabi Aydam Ikane Adagh Ik ! (Que Dieu qui t’a donné me donne !)*
Je lui ai répondu :
Amr Iyki Awlakhk (s’il m’avait donné je t’aurais épousé !)
Et c’est comme ça que c’est parti en commençant par Takarfiyte comme l’ont fait nos parents. Nous nous sommes revus quelques jours de suite pour mieux nous connaître et nous assurer qu’il n’y a pas d’incompatibilités et puis après nous avons chacun de son coté informé nos parents respectifs.
Quelques jours après il est passé prendre un thé à la maison et faire connaissance de ma mère. Maintenant il ne me reste plus qu’à réussir mon bac, célébrer mon mariage et aller poursuivre mes études en Europe.
Et comment penses-tu  t’organiser pour étudier et accomplir ton devoir d’épouse dans un pays qui n’est pas le tien lui ai-je demandé
Les filles de Ghriss ont une grande faculté d’adaptation. Nous sommes comme des VTT nous nous adaptons à toutes les situations m’avait-elle répondu.
Je suis certain que dans quelques années nombreuses seront les Ghrissoises qui en traversant le pont diront à leurs enfants c’est ici que j’ai connu ton père.

Goulmima le 17 août 2006

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