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A Goulmima, les prtatiques coloniales perdurent ! le 21/06/2014 à 06h00

 Si on vous demande ou les pratiques coloniales continuent à se pratiquer, plus d’un demi-siècle après l’indépendance ? Ne perdez pas votre temps à chercher la réponse, c’est à Goulmima que ça se passe ! 

Lorsque les français avaient occupé la localité de Goulmima, en s’installant à «inourir» (aires à battre) d’Ighrem en 1932, ils confisquèrent quelques mois après des terrains appartenant à Taqbilte pour y construire les domiciles de ceux qui vont administrer la localité et un complexe administratif  appelé localement "Lbirou". Toutes ces constructions furent entourées de grands jardins, comprenant verger potagers et espaces verts. Le mal ne s'était pas limité à la confiscation de ces vastes terres qui appartiennent aux autochtones; mais les autorités coloniales imposèrent aux habitants que leurs grands jardins soient irrigués autant qu’ils le veulent et quand ils le veulent sans se soumettre à la loi du tour de rôle comme c'est le cas pour tous les habitants. Je me souviens que c'étaient les prisonniers qui s'occupaient de l'entretien de ces jardins qui comprenaient comme je l'ai dit des vergers et potagers. Les colons sont partis mais les pratiques coloniales demeurent. Les pauvres fellahs attendent leur tour d'irrigation qui parfois dépasse 21 jours alors que les jardins des habitations administratives sont irrigués quand et comme les occupants de ces habitations le désirent et les espaces verts qui entourent le complexe administratif (Lbirou) d'irriguer deux fois par semaine (chaque lundi et jeudi).  Le hic c'est que ceux qui exploitent ces jardins, qui profitent de ce qu'ils produisent et dont certains vendent leur productions en fruits et légumes au marché, alors que pendant la colonisation, la grande partie de ce que produisaient ces jardins étaient distribuée aux mokhaznis, ne participent pas frais de curage de la seguia, et ne contribuent aucunement pour payer "imgharen". ni aux frais lorsqu'il faut payer les ouvriers réparent et consolident la digue de dérivation située à Magamane après les crues !

Nous ne voulons pas empêcher l'irrigation de ces jardins. Nous demandons tout simplement qu'il soit mis fin à cette pratique coloniale et que ces jardins, pour leur irrigation  soient soumis au tour de rôle comme le sont les champs des ayant-droits à qui cette eau appartient en premier lieu.

Le temps des abus de pouvoir et des intimidations est révolu. Et si nos parents étaient obligés de se soumettre par force au diktat des autorités d'occupation, il nous appartient à nous de ne pas garder le silence et de nous résigner face à cette pratique qui n'est autre que l'usurpation des droits des habitants. Par le droit nous voulons récupérer ce qui a été imposé et ce qui a été pris par la force à nos parents !

Il faut donner son vrai sens à notre indépendance et ne pas laisser «l'Istiqlal» devenir «l'istighlal». C'est ce que nos parents et grands parents aimeraient nous voir réaliser.

Ainsi va Ghriss

Ifrane le 21/06/2014

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