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LE RAID DUN JOUR le 26/12/2009 à 12h09

Parti de Goulmima à dix heures ce dimanche 14 août le trajet Goulmima, Tinghir via Tinejdad s’est déroulé dans une chaleur torride ?
Arrivés aux gorges du Todra où ma femme et moi pensions nous arrêter pour déjeuner, nous fûmes  surpris par le grand nombre de véhicules des MRE stationnés des deux cotés de la route. Pas une place vide pour parquer notre véhicule.
A voir les immatriculations des voitures stationnées on constate que toutes les provinces de France étaient représentées à Tinghir. Les jeunes que nous croisions s’exprimaient en français avec aisance. Leurs parents  n’arrivaient pas à faire disparaître cet accent propre aux personnes qui ont appris phonétiquement une langue.
Tant pis pour les bonnes brochettes et le thé à la menthe de Yasmina. Ca sera pour une autre occasion.
La métamorphose de Tamtatouchte surprend. Ce petit village est en train de devenir une station de villégiature pour toute la région. Des maisons d’hôtes et  des campings sont aménagés le long de la route. Tout est propre et nickel. Le désir des jeunes de faire sortir leur localité de la  léthargie  qui caractérise nos villages du sud est plus que voyant ici. Une pensée pour Nora qui de France milite dans l’associatif pour son bled traversa mon esprit.
La route de Tinghir à Ait Hani via Tamtatouchte est assez roulante. Même si elle n’est pas assez large, le fait qu’elle soit bitumée rend la conduite agréable.
Nous nous arrêtâmes à Ait Hani un instant. Un groupe d’enfants qui nous ont pris pour des touristes se forma autour de nous, nous parlâmes de leurs scolarisation. Ils me dirent tous qu’ils sont de bons élèves dans leurs classes, j’aurais aimé leur offrir  des stylos ou des caramels à la place des dirhams que je leurs ai remis.
Le tronçon de route de 36 kilomètres séparant Ait Hani et Assoul est en train d’être refait. Je revis les moments que j’ai vécu il y’a deux ans quand j’avais fait à pied et avec un sac à dos cette traversée. RECIT D'UNE ESCAPADE.doc Ma femme ne cru pas ses yeux quand je lui montrais les endroits où j’ai passé la nuit à contempler le ciel étoilé du sud.
Enfin Assoul, je vis ma femme s’émouvoir en retrouvant son village natal qui a bercé son enfance et qu’elle n’a plus revu depuis plus de quarante ans. Elle revis sa classe et se souvient de la foudre qui un après midi a frappé son école bâtie sur une colline. Elle me  montra les échoppes qu’occupaient dans le temps les deux juifs d’Assoul, Simon et  Haqi. La petite murette en pente située devant la maison qu’occupait ses parents est  toujours là. Elle me dit que c’était sa pente de glissades à elle. Mais je pensais qu’elle était plus grande que ça me dit-elle.
L’électrification d’Assoul est en cours. Tant mieux car la marginalisation de ce village  n’a que trop duré. Le GSM avec ses SMS « Sois Muet et Sourd » ça sera pour des jours meilleurs.
Le mausolée de Sidi Bou Yaccoub « saint des lieux » est entouré de bâtisses en pisé des habitants est situé en contrebas de vallée d’Assoul. Ma femme voulait le visiter pour demander sa bénédiction, je lui fis la promesse de le faire lors d’une autre visite.
A la sortie d’Assoul, nous fîmes monter un vieil homme qui attendait au bord de la route un éventuel moyen de transport. Ils nous dit qu’il est un « chérif » de la lignée se Sidi Bou Yaccoub et qu’il vit au sein de la tribut des Ait morghade d’Amouguer. Je lui demandai s’il parlait arabe, il me répondit Imih  (un peu en Tamazight). J’ai souris et me suis dit : Enfin un arabe berbèrisé ! Il nous dit aussi que les gens sont contents de voir leurs douars bénéficier de l’électrification. Seul nous dit-il le « cartable » nous manque !!!
Et pourquoi le cartable lui demandai-je  tout en croyant qu’il était au courant de l’opération cartables pour chaque écolier qui est actuellement en cours.
Pour pouvoir téléphoner me dit-il !
Ouf, j’ai compris, notre chérif veut dire portable !!
Arrivé à Amouguer notre passager de quelques minutes fut déposé devant chez lui. Il insista pour qu’on prenne un verre de thé chez lui. Nous le remerciâmes et nous rendîmes à la source d’ « Ima Hogga Ali ».  Le débit de la source a augmenté par rapport à ma visite d’il y a deux années. Cinq filles étaient là assises au bord de la source. Je descendis les marches pour boire et jeter des miettes de biscuits aux poissons, quand une des cinq filles me dit :  Il  faut faire un vœu avant de jeter la nourriture aux poissons.
Je lui demandai si elle a fait de même  elle ?
Elle me répondit que oui
Je lui demandai alors quel était son vœu ?
Sans hésiter un instant elle me dit
J’ai fait le vœu de te rencontrer ici
Waw, on est en plein dans « Takarfiyte » me suis-je dit !
Et tu n’as pas peur de ma femme qui est là à mes cotés lui demandai-je
Pourquoi avoir peur me dit-elle, nous serons à toi toutes les deux.
Ma femme s’approcha plus de moi, la fille éclata de rire et me dit « Hate Tgd ak awigh » (elle a peur que je t’enlève).
Nous restâmes à discuter un bon moment ensemble, deux des filles sont des beurettes qui habitent tout près de Béziers en France et qui sont en vacances à  Amouguer. Elles espèrent un jour épouser un enfant du bled pour pouvoir assurer les visites régulières à Amouguer. Dommage que dans trois jours ça sera le retour me dit l’une d’elle en baissant les yeux.
Peut être qu’un Moha est en train de conquérir son cœur !!!!    
La traversée d’Amellago s’est faite sans arrêt. Mais comme pour Tamtatouche je ne pus m’empêcher d’avoir une pensée pour Said N’Oumellago qui devrait bailler en ce moment !
Un dîner en brochettes accompagnées  de verres de thé à la menthe fut pris à la sortie de Rich et le retour tard dans la nuit à Goulmima notre point de départ de ce raid d’un jour.

                                    Le 15 août 2006

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