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LES RESISTANTS ET LES NATIONALISTE DE GHRISS le 26/12/2009 à 12h03

Nombreux sont les Ghrissois qui confondent la résistance (Al Moqawama) et le nationalisme (Al Wataniya).
Si pour le premier ma génération n’était pas encore née (1930-1934), et tout ce que nous savons sur le déroulement de l’occupation de notre région par l’armée française nous est raconté par nos parents et grands parents qui eux avaient vécu cette période et résisté à la colonisation de Ghriss (Lire l’article de Moha ou Ali Khettouch). Certains parmi nous étaient témoins et avaient vécu de près la période agitée d’ « Al Wataniya » qu’avait connu Ghriss durant les années cinquante et qui avait précédé l’indépendance de notre pays.
Nous étions une poignée d’enfants qui chaque jour entre midi et quatorze heures et ce durant plus d’une année à aller du Ksar à la prison de Tizi N’Imnayen pour remettre la galette quotidienne de pain à nos parents ou proches qui étaient emprisonnés pour leur activisme au sein de la cellule régionale du parti de l’indépendance.
Pour moi, c’était mon oncle Da3ssou qui était ramené d’Asfla et mis en prison à Goulmima. Mais avec lui, il y’avait d’autres activistes du ksar N’Igoulmimen et j’en citerai entre autres Hammou Berri, Moha Ou3bou, Youssef ou Lhou, Sidi Moh Belghiti, Moulay Belghiti, Ali Barka, Youssef N’Icharouidne, Hammou N’Ait Sékou, Sékou 3alla, Ha ou Zda et son frère Ali Ou Zda. Quant à Hammou 3aza et Hmad n’Ait Taleb ils furent incarcérés respectivement à Azrou et Meknès. Feu Hamou ou  Mokrane a été tué en 52 d'une balle et poussé avec son cheval dans un ravin pour faire croire à un accident lors d'une partie de chasse aux mouflons. D’autres nationalistes ont eu plus de chance et n’ont pas été arrêtés. Le caïd de l’époque feu Haj Brahim N’Ait Khettouch a été destitué par les autorités françaises pour avoir protégé son neveu feu Zaid N’Ait Khettouch qui était très actif dans la cellule d’Ighrem et qui avec son groupe composé de Ha ou Lhou n’Ait Lmouden, Brahim ou Sibou et d’autres,  informaient les prisonniers de tout ce qui se passait. Moi même et Ha ou You « Nasri Moha », combien de fois avions transmis de petits messages écrits à ceux qui étaient derrières les barreaux.
A l’inverse des d’autres villes du Maroc et bien que cet épisode soit derrière nous, à Goulmima, les gens connaissent bien qui militait et qui collaborait !
Alors de grâce, laissez la résistance aux résistants et le soulèvement pour l’indépendance à ceux qui l’ont payé de leurs vies ou par des années d’emprisonnement!
Les « Boundani Ihya Lmalik » et les défilés de gamins dans les ruelles du ksar n’avaient rien à voir avec les sacrifices des uns et des autres.
A bon lecteur salut

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