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Au pays des appaences ! le 28/09/2013 à 09h39

 Je ne m’empêche pas de sourire chaque fois que j’entends un speaker de nos chaines tv ou un responsable dire que notre pays est un pays de droit. Un pays  dans lequel chaque citoyen bénéficie des mêmes droits quel que soit son statut. Sont-ils si aveugles pour ne pas voir que ce qui se passe sur le terrain est différent de ce qu’ils ne cessent de clamer ?

Je ne me base pas sur les dires des gens, mais sur ce que moi, j’ai eu l’occasion de vivre et de constater. Et je me contenterais de ne citer que trois petits faits divers qui illustrent combien les apparences et les statuts professionnels peuvent influer sur le comportement de certains individus.

Il y’a quelques semaines alors que je roulais sur la route nationale reliant Errachidia à Meknes, je fus arrêté dans un barrage routier par des agents de la circulation. Etant sûre de n’avoir commis aucune infraction et d’avoir respecté la vitesse autorisée. L’agent me demande les papiers de la voiture. Sans même attendre de les avoir en main, il me dit

-        Tu roules vite

-        Désolé monsieur l’agent, je roule en deçà de la vitesse autorisée, lui ai-je répondu

Du coup l’agent change de sujet et me dit

-        Que fais-tu dans la vie.

Ce quoi je répondis du tac-au-tac,

-        Je suis des vôtres.

L’agent me tend mes papiers, me salue et me dit

-        Bonne route mon colonel !

Je ne sais pas où l’agent a vu mes galons de colonel. Même s’Il est vrai que durant quelques mois, j’ai fait partie de la première promotion de l’Académie Royale Navale et que certains de mes amis ont le grade de colonel. L’un d’entre eux est même amiral. Moi, j’ai embrassé une carrière dans le civil et je n’ai de comparable avec eux que les cheveux coupés courts !

Le second fait, date de deux semaines, j’étais à Errachadia, et je cherchais une place pour stationner tout près de la province. Au moment où je pensais trouver un une place un homme vint en courant pour me dire que je ne peux pas parquer ma voiture dans cette place, je continue mes manœuvres en faisant semblant de ne pas l’entendre

Il s’approche de ma vitre et me dit

-        Qui es-tu ?

Sans savoir pourquoi, je lui répondis

-        Je suis Caid de Boudnib !

Mrahba saadate lkaid, me dit-il et par excès de zèle bloqua le passage pour que je puisse stationner à ma guise !

Je précise qu’en reprenant mon véhicule j’ai remis à cet homme les deux dirhams que représente le tarif de stationnement
Le troisième fait date d’il y a une semaine à Imilchil. En stationnant ma voiture sur un parking qui certainement était aménagé pour les V.I.P. du Moussem, un homme portant un costard bien taillé vint vers nous (nous étions deux). Et me demande qui je suis.

Je ne sais pas si c’est ce qui s’est passé avec l’agent de la circulation, l’autre jour, mais sans réfléchir un instant, je luis réponds

-        Colonel Mahfoudy (entre nous je ne connais pas de colonel ni de personnes portant ce nom)

-        Mes respect mon colonel, venez prendre un verre de thé me dit-il

Ce à quoi j’ai répondu que je préfère aller jeter un coup d’œil au souk de bétail !

Notre bonhomme doit se dire : « quel drôle de colonel »

Je relate ces faits divers pour dire que ce n’est pas parce qu’on ne voit plus de képis derrière lunettes arrières des voitures personnelles de certains militaires et gendarmes qui leurs servaient de passe-droit. Que nous avons fait avancer l’équité dans notre pays ; il reste du chemin à faire pour que les citoyens soient traités de la même manière et qu’on puisse dire haut et fort que notre pays est un pays de droit.

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 28/09/2013

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