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La légalité n'autorise pas de tout faire ! le 05/07/2013 à 23h34

Je ne vais pas revenir sur ce que signifie la démocratie, ni expliquer ce que veut dire un système démocratique; mais comme tous les système, il a ses qualités et ses défauts et la démocratie possède aussi les siens.

Si l’une des qualités de la démocratie est de donner le pouvoir au peuple afin de départager et de choisir entre plusieurs systèmes de gouvernance, son plus grand défaut est souvent d’ignorer sinon de rejeter tout ce que propose l’autre camp. Or des fois !'écart n'est que d’un ou deux points ; sans prendre en compte les abstentions qui peuvent dépasser 50% de l’ensemble des électeurs. comme quoi, il faut relativer les choses!

Mais là n’est pas le problème. Car en supposant même qu’il n’y a que deux partis et qu’un remporte les élections, faut-il se soumettre au diktat du parti qui a gagné et ignorer tout ce que propose le parti battu?

Faut-il donc tout accepter et attendre cinq ans c’est-à-dire la fin de la législature pour que de nouvelles élections aient lieu pour apporter des corrections et changer de politique tout en prenant le risque de ne plus pouvoir redresser la situation après ?

C’est ce que les égyptiens ont refusé.  Il est vrai que les frères musulmans avaient remporté les élections. Mais cela ne signifie nullement pas qu’ils ont le feu vert de tout faire et de tout entreprendre ?

Ça fait deux ans que Moubarak a été chassé du pouvoir et une année que les frères musulmans sont aux commandes de l’Egypte sans qu’on ait vu une quelconque amélioration sur le terrain. Le tourisme est en pleine déconfiture à cause de la crise économique et de la peur de la gouvernance des islamistes qu'ont les tours opérateurs. Les investisseurs ont fui le pays pour les mêmes raisons et ce n’est pas les barbes ni les chapelets des frères musulmans qui vont refaire démarrer l’économie et nourrir les millions de paysans et les milliers d’égyptiens qui sont au chômage. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, l’Egypte a déjà connu une révolte du pain. On a beau être démocrate, la démocratie ne suffit pas pour nourrir le peuple.

Les frères musulmans égyptiens s’accrochent au pouvoir en se référant à la légalité, mais ils oublient que la légalité dont ils se réclament leur a été donnée par le même peuple qui aujourd’hui veut la leur retirer ! Et puis Moubarak lui même a été débarqué sans respecter la l'égalité qui faisait de lui un président élu par le peuple égyptien.

Je ne vais pas clore cette chronique, sans dire un mot sur notre pays et sur sa situation politique suite à la décision du parti de l’Istiqlal de retirer ses ministres de la coalition gouvernementale que dirige le parti islamiste de Benkirane.

Le PJD n’est pas tout à fait dans la même situation que les frères musulmans d’Egypte, mais il faut reconnaitre que les deux cas partagent beaucoup de similitudes.

En Egypte c’est le peuple qui est descendu dans la rue pour demander à l’armée de chasser les frères musulmans du pouvoir et de destituer le Président Morsi. Au Maroc, l’éclatement de la coalition gouvernementale peut conduire le pays vers des élections législatives anticipées, et  je parie que dans cette éventualité, le PJD y laissera des plumes !

Moi qui apprécie les boutades, je dirais : Peut-être que la barbe peut faire un bon barbu, mais il n’est pas dit qu’elle fera un bon gestionnaire !

Ainsi va Ghriss 

Goulmima le 06/07/2013

 

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