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Facebook ou FaceBac ? le 15/06/2013 à 06h09
  Si les réseaux sociaux tels que Facebook et Twiter ont contribué  à la chute de certains dictateurs et à influencer les systèmes de gouvernance de beaucoup de pays, nous constatons que durant les examens du baccalauréat  qui viennent de se dérouler dans notre pays  qu'ils sont arrivés à remettre en question la validité et la valeur de ce diplôme tant convoité. 

Il suffisait de rentrer au compte ''Tasribate'' de Facebook cinq minutes après la distribution des épreuves pour trouver les réponses aux questions posées. La photo et le scanner ont détrôné le copiage traditionnel et certaines filles n'ont plus besoin de transcrire des leçons complètes sur leurs cuisses ni de se doter de minuscules ''hrouz'' contenant les résumés des cours.  Que faut-il donc entreprendre pour mettre un terme à l'extension de la triche ?

 Doter les entrées des classes ou des centres d’examens de portiques équipés de système de détection de portables et d'appareils informatiques ?  Ou tout simplement supprimer ce diplôme qui permet aux fraudeurs d’être admis avec de bonnes notes ? A moins de charger les facultés et les écoles supérieures d'organiser leurs propres concours d'accès et d’en assurer la surveillance ?

Je me souviens que déjà dans les entreprises privées les diplômes ne servent qu’à procéder à un premier tri. Les candidats ne sont retenus qu’après un passage devant une commission d’embauche dont la tâche est de s’assurer du niveau réel et des connaissances des postulants.  Il arrive de voir un licencié caller devant une simple équation ou ignorer le continent où se trouve un pays !

  Ne rien faire pour pallier à ce fléau, c'est prendre le risque d'institutionnaliser la triche et la médiocrité dans notre pays. C’est aussi enlever toute crédibilité aux diplômes. Les étudiants sérieux qui ne trichent pas, et qui se retrouvent pénalisés et devancés par les tricheurs qui avec la fraude arrivent à avoir de bonnes notes et plus de chance d'accéder aux meilleures écoles supérieures.

 Les dégâts de la tricherie, nous le constatons et vivons chaque jour avec des étudiants qui sont incapables d'aligner une phrase correcte aussi bien en français qu'en arabe !  Jadis on montrait du doigt le copieur, aujourd'hui on rit et on se moque de celui qui ne compte que sur ce qu'il a appris !

 En écrivant cette chronique j'ai beau chercher un travail ou une fonction qui sont dépourvus de tricherie.  J'avoue que j'ai du mal à en trouver.  Tricherie dans les constructions lorsqu’on ne respecte pas le dosage et la qualité des matériaux, tricherie dans les déclarations lorsqu’on déclare moins que ce qu’on gagne,  tricherie dans les sports quand on se dope, tricherie dans l'amitié lorsqu’on la trahit, tricherie et plagiat lorsqu’on fait des textes et des ouvrages des autres les siens ! Allons-nous faire confiance et nous confier à des médecins, des ingénieurs, des techniciens, des enseignants ou tout simplement à des citoyens qui exerceront des métiers et des fonctions auxquels ils auront accédés par le copiage et la tricherie ?

Prions ensemble pour que Dieu nous éloigne et nous préserve du chemin de la médiocrité !

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 15/06/2013

 

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