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Les erreurs d'une strat├ęgie le 20/04/2013 à 12h52

Seigneur protège-moi de mes amis, quant à mes  ennemis je saurais m’en occuper !

Une « gifle » à laquelle on ne s’attendait pas de la part d’un ami est plus douloureuse que n’importe quelle gifle. Tout d’abord par son effet de surprise, puis par le fait que notre corps se croyant en sécurité se relâche et manque de vigilance et puis par la douleur physique et surtout morale qu’elle occasionne et qui peuvent déstabiliser n’importe quelle personne aussi forte qu’elle soit.

Ce qui se trame sur l’affaire du Sahara au niveau des Nations Unies et les déclarations de hauts diplomates américains concernant cette affaire est à l’image de cette gifle qui vous fait voir des étoiles en plein jour.

-              Est-elle surprenante ?

Oui. Et encore plus pour ceux qui pensaient que les américains sont infaillibles en amitié, sans qu’ils aient pris en considération les intérêts de leurs pays.

-              Faut-il leur en vouloir ?

Je dirais non. S’il faut en vouloir à quelqu’un, c’est à nous-mêmes et surtout à nos stratèges qui n’avons pas su construire une stratégie qui nous aurait mis à l’abri de toute surprise.

Voilà presqu’un demi-siècle que ce conflit qui oppose la Maroc à l’Algérie et au Polisario dure.

Il a couté en vies humaines et en argent et en temps ce que n’aurait pas couté un conflit ouvert et déclaré avec nos ennemis. Et sa fin  ne semble pas être plus proche qu’elle l’était il y a 48 ans !

On dit que le passé sert à comprendre le présent et que le présent sert à préparer l’avenir. Et si l’affaire du Sahara marocain continue de trainer derrière nous comme un boulet qui entrave le développement de notre pays, c’est tout simplement parce que la gestion de ce dossier a connu des failles majeures dont je me contenterais de n’en citer que quelques unes.

1 –Nous étions dans notre droit en récupérant nos provinces du Sud. Il fallait être plus ferme et user du droit de poursuite au-delà  de nos frontières pour combattre ceux qui osaient nous attaquer sur notre territoire, quitte-même à ce qu’un conflit soit ouvert avec l’Algérie.

2 Ceux qui pensaient que le temps jouait en notre faveur, se sont largement  trompés La tendance dans le monde est plus pour une balkanisation et l’encouragement des tendances cessionistes que pour des regroupements.

3  Le déplacement des populations vers le sud était une erreur. Il fallait plutôt encourager le déplacement des habitants du sud vers le nord du Pays en leur accordant des avantages pour qu’ils s’y intègrent.

4- La récupération de nos provinces étant effectuée il fallait unifier les conditions de vie de tous les habitants du Maroc. Et s’il fallait accorder des avantages pour développer ces provinces  du royaume il fallait que cette action se fasse en intégrant d’autres provinces (Zagora, Ouarzazate, Tafilalet, Figuig …etc.) qui étaient aussi pauvres que celles du Sahara et non pas en se basant sur des limites frontalières héritées de la colonisation, qui faisaient de ces provinces une entité spécifique, à laquelle il ne manque qu’un drapeau pour se détacher du pays. Je me limite là, même si d’autres carences existent. Mais pour clore cette chronique, je rappelle ce que me disait mon grand-père :

 Méfie-toi de la docilité de l’agneau, car une fois devenu bélier, et rassasié, il ne manquera pas de charger pour te cogner.

Ainsi va Ghriss

Agadir le 20/04/2013

 

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