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Est-ce les prémisses d'un changement ? le 28/01/2013 à 11h15

La fracture israélienne et le nouveau mandat d’Obama

Cette fois, je vais réserver ma chronique à deux événements qui ont marqué cette semaine et qui me semblent importants et qui à mon avis vont avoir une répercussion sur dossier du moyen et tout particulièrement sur le problème israélo-palestinien.

 Après avoir effectué un séjour de 12 jours en Israël, Il y a presque 10 mois, j’avais écrit  dans ma chronique du  24/03/2012 ce qui suit :

« Sur le plan politique, la fracture entre la droite (Likoud + les religieux orthodoxes) et la gauche (Travaillistes + Kadima +  laïcs) s’élargie. La question palestinienne divise les deux camps, les premiers persistent dans leur position de colonisation, les seconds sont pour une paix basée sur le retrait des territoires occupés et sur les accords signés avec les palestiniens.

Pour ce qui est de la démocratie israélienne, Il est vrai qu’Israël est un pays démocratique, mais il est plus démocratique pour les israéliens juifs  que pour les israéliens arabes qui représentent tout de même 20% de la population. (Les arabes israéliens ne sont pas admis dans l’armée, et ne peuvent pas poursuivre des études dans certains domaines sensibles).

Israël vit actuellement une crise de société du à l’élargissement chaque jour du fossé entre les riches et les pauvres. Cette crise de société pourrait valoir lors des prochaines élections plus »

Les élections de lundi passé ont confirmé ce que je pensais. Alors qu’on attendait une victoire écrasante du Premier ministre en place, Benyamin Netanyahou, même en restant majoritaire a perdu des sièges par rapport à la législature précédente (31 sièges contre 43). Mais la surprise vient de Yesh Atid (centre laïque) qui avec 19 sièges occupe la seconde position. Et nous savons qu’Atid a des positions diamétralement opposées à celle de la droite israélienne puisqu’il est pour l’arrêt des construction dans les colonies, pour l’établissement de deux états, pour une justice sociale et surtout contre les privilèges dont bénéficient les orthodoxes religieux  qui sont dispensés de faire leur service militaire et qui bénéficient d’avantages fiscaux.

Benjamin Netanyahu va-t-il tenir compte de ce vote, ou va-t-il fuir en avant en faisant alliance avec Naftali Bennett, dirigeant du parti Bayit Yehudi (Le Foyer juif), qui est encore plus radical et hostile à la création d'un Etat palestinien et qui plaide même pour une extension des colonies juives en Cisjordanie ?

C’est ce que nous verrons dans les prochains jours.

Le second événement de la semaine est le commencement du second mandat présidentiel d’Obama. Pourquoi la réélection d’Obama me semble importante que la première ?

Souvenez-vous des déclarations pour non seulement la création d’un état palestinien mais aussi pour sa reconnaissance faites par Obama tout au début de son premier mandat. S’il n’ a pas concrétisé cette promesse qui avait été reçue avec satisfaction par tout le monde arabe, c’est tout simplement il a mesuré le poids des lobbys pro-israélien au Congrès américain qui peuvent compromettre sa réélection. Cette contrainte n’existant plus, il n’est pas exclu qu’il revienne et remet sur table ses premières intentions, d’autant plus qu’un signal fort lui vient des israéliens  même qui ont propulsé le parti laïc de Yesh Atid aà la seconde position de l’échiquier politique du pays.

La déclaration faite par le sénateur américain John Kerry, nommé secrétaire d'Etat par le président Barack Obama me semble aller dans ce sens. Au Sénat, Le nouveau patron de la diplomatie américaine avait déclaré : « Nous devons essayer de trouver un moyen d'avancer et il m'arrive de croire qu'il y a une voie pour aller de l'avant", assurant le Sénat "de l'engagement profond du président Obama pour une solution à deux Etats".

« Wait and see », dit le dicton américain !

Ainsi va Ghriss

Washington le 26/01/2013

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