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L'or vert du Maroc le 12/01/2013 à 12h59

 

Ce matin j’étais assis sur un banc en plein place Mohamed V Casablanca et je commençais  à feuilleter un hebdomadaire lorsque deux européens vinrent s’installer sur un autre banc tout près de moi. Un petit instant après l’un sortit de son petit sac à dos un vrai sebsi (pipe) et un médoui (tabatière). Tranquillement il remplit sa pipe et l’alluma. Je sentis l’odeur du kif. Voyant mon air surpris l’homme me sourit et me dit. Chez-nous, fumer du cannabis n’est pas interdit,

C’est bien lui répondis-je. Ça ouvre l’esprit. Et je crois même savoir que L’Etat du Colorado (Ouest des Etats-Unis) est devenu au mois novembre de l’année passée le premier Etat américain à légaliser la consommation de cannabis. La population de cet Etat  par voie référendaire a voté pour sa libre consommation à des fins récréatives.

L’homme à la pipe hoche la tête et me dit : C’est bien !

Rentrant chez-moi, je relis la chronique que j’ai écrite au mois de juin 2011, que je trouve toujours d’actualité même si Kadhafi a été tué et que Saleh a quitté le pouvoir au Yémen,

Je vous invite à la relire ce que j’avais écrit il y a presque 2ans !

 Ce n’est pas kif-kif !

Cette semaine, j’oublie la Lybie, le Yémen, la Syrie. Je me contenterais de dire que certains présidents arabes sont comme cette mauvaise herbe que nous appelons chez-nous « Affar » (chiendent). Se débarrasser d’elle n’est pas du tout une chose facile.

 Le sujet dont j’ai envie de parler cette semaine concerne la légalisation de la consommation  du kif qui revient à l’ordre du jour dans certains pays européens.

Les Pays bas l’ont légalisé depuis longtemps, l’Espagne est sur le point de le faire et on France l’éventualité de sa légalisation n’est plus taboue.

Si sa légalisation se fait, va-t-on attendre que d’autres pays en produisent pour satisfaire la demande des consommateurs de ces pays, alors que le Maroc malgré toutes les contraintes mises en place pour réduire sa culture fournit presque 70% du produit consommé en Europe ?

Certains ont leur or jaune, d’autres leur or noir, pourquoi ne pas exploiter notre or vert ?

L’Etat devrait plus s’occuper de la fuite des capitaux générés par sa production de cette herbe qu’elle n’arrive pas à éradiquer et dont ne profitent que les trafiquants de tous bords et non pas les pauvres paysans du Rif.

Faut-il rappeler que  selon une étude citée par Europa Press, le Maroc ne bénéficie que de 10% de l'argent généré par la commercialisation de cette drogue douce. 90% reviennent aux trafiquants des pays étrangers.

 Dans mon jeune âge, j’ai connu de nombreuses personnes qui fumaient du kif. Ces personnes n’ont jamais fait de mal à personne. Je dirais même que fumer quelques « sebsi » adoucit leurs humeurs et les moeurs et les rend cool ! Nous n’avons jamais vu quelqu’un qui a fumé un joint s’attaquer à une autre personne contrairement aux effets des autres drogues. Raison pour laquelle cette herbe est qualifiée de drogue douce.

Regardez ce qui se passe en Europe et le nombre de tués dans les accidents de la circulation suite à la consommation du vin et au taux élevé de l’alcoolisme dans leur sang. Et pourtant, la production de ces produits qui rendent ivres n’est pas interdite.

Je parie que le jour où on fera pousser des champs de kif en Europe, sa culture, sa production et sa consommation ne seront plus interdites. Mieux que ça, les européens s’arrangeront à noue en refiler en nous le vendant au prix fort après l’avoir bien emballé et trouver des arguments marketing pour le commercialiser.

Lutter contre les drogues, c’est bien, mais il ne faut pas mettre toutes les drogues dans le même sac. Fumer le kif n’a jamais fait prendre une bombe à son auteur !

Un bon sebsi (pipe) coupé dans le laurier-rose et ciselé au gout de son propriétaire n’a rien à voir avec une kalachnikov dont se servent avec facilité certains dont les esprits est bourrés d’une autre sorte de drogue. Ce n’est pas du tout « Kif-kif ».

 Ainsi va Ghriss

Goulmima  le 07/06/2011

Je suis presque sûr que si on organisait un référendum sur la légalisation de la culture et de la consommation du kif au Maroc le Oui le remporterait largement. Car sa libéralisation serait un levier de développement pour toute la région du Rif. Et pour rappel, c’est le sultan Moulay Hassan 1er (1873-1894) qui pour des raisons purement sociales, aurait autorisé cinq douars,  de la région de Ketama à cultiver du kif.

D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi l’Etat n’autorise-t-elle pas la culture et la commercialisation du tabac, maintenant  qu’il a cédé la Régie des Tabacs à une société privée ?

Il fut un temps, la région d’Amagha produisait un tabac qui rivalisait le tabac cubain et le tabac produit dans la région de Chtouka pas loin d’Azemour et qui d’ailleurs portait le nom de « chtoukia » 

Et fumer pour fumer, je dirais que c’est dommage que les fumeurs aient abandonné la pipe car même si esthétiquement elle ne rivalise pas avec la cigarette, elle a l’avantage de limiter la consommation de tabac. Un grand fumeur de pipe, ne dépasse pas une dizaine de pipes par jour, ce qui en quantité de tabac, correspond à peine à ce que contiennent deux cigarettes.

Pour clore cette chronique, je profite de l’occasion du nouvel an amazigh pour vous souhaite une bonne et heureuse année. Et Puisque j’ai hhhhhh dans cette chronique le problème du kif, je termine en disant que le jour de l’an, le 1er Moharem et Idd sougass doivent être fêtés kif-kif ! Et j’espère que je serai entendu que « kif  lyoum, ne sera pas kif Ghda !

Ainsi va Ghriss

Casablanca  le 12/01/2013

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