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Une idée ramadanienne ! le 29/07/2012 à 00h15

Hier un ami lecteur du site m’a interpellé et m’a dit, Ali ça fait deux semaines que tu n’as pas inséré de chroniques dans ton site. Quelle est la raison de cette interruption ?
La réponse est toute simple, lors de mon dernier déplacement hors de Goulmima, je n’avais pas pris mon pc portable avec moi. Et mon phone ne permet que de mettre à jour ma page facebook.

Cette semaine, j’ai envie de réserver ma chronique à un phénomène spécifiquement ghrissois.
Si on arrive à planifier et à préparer les évènements heureux mariages, naissances, circoncisions, les évènements malheureux, comme les deuils, nous tombent souvent sur la tête à l’improviste sans qu’on s’y prépare et sans qu’on s’y attende.
J’ai remarqué que dans d’autres villes, à l’inverse de ce qui se passe chez-nous, en cas de deuil, les voisins et les amis viennent en aide et en assistance à la famille frappée par le deuil en apportant plats de couscous et autres repas à la famille du défunt pour nourrir les gens qui ne résident pas dans la localité et qui viennent présenter leurs condoléances ! La famille du défunt qui a tant de choses à régler n’organise une « sadaqqa » qu’au 3eme jour du dècès.
Chez-nous, non seulement, on n’apporte rien à la famille du défunt, mais de nombreuses personnes (surtout les femmes) viennent s’installer chez la famille en deuil et alternent entre pleurs, papotage, thé et coucous que la famille en deuil doit offrir à chaque heure de repas ! Cette pratique met souvent en difficulté de nombreuses familles qui sont sous le choc du deuil et qui doivent se débrouiller pour nourrir ces nombreuses personnes.

Jadis les femmes s’installaient en plein rue devant la maison du défunt pour des séances collectives de pleurs, ces séances étaient aussi une sorte de décompression et de soulagement, on dit que seule la famille du défunt pleure le mort, les autres, chacune avait sa raison de verser ses larmes. Certaines pleuraient leur destin, d’autres une séparation, d’autres encore la perte d’un enfant, d’un parent ou carrément elles pleuraient une déception amoureuse.
Tout en reconnaissant et en remerçiant la personne dont je ne citerais pas le nom pour l’assistance et l’aide qu’elle apporte à chaque fois qu’un deuil frappe une famille de notre localité, j’invite mes concitoyens à sensibiliser leurs proches et à leur expliquer, que la famille qui est frappée par le deuil a plus besoin de soutien moral et matériel que de courir à droite et à gauche pour trouver de quoi nourrir ceux qui viennent et s’installent chez-elle.
En attendant qu’une solidarité soit plus effective et qu’on apporte un soutien à toute famille frappée par le destin, il serait souhaitable de la laisser faire son deuil et s’occuper des gens qui ne sont de la localité et qui viennent présenter leurs condoléances.

Bon ramadan  à vous tous et sans rancune !

 Ainsi va Ghriss

Goulmima le 28/07/2012

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