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Aussi amère qu’elle soit, une vérité reste une vérité ! le 07/04/2012 à 11h45

Dans la chronique de cette semaine, j’ai l’intention d’aborder la situation économique de notre pays, j’éviterais de vous submerger de chiffres. Et ne ferait aucune prévision de croissance. Si les prévisions faites chaque années par nos analystes s’avéraient en fin de compte fausses que seraient alors celle du novice que je suis. 
 J’analyserais donc la situation comme le ferait ma grand’mère en usant de la logique du bon sens.
Je vous épargnerais de parler des agences de notation et de Standard & Poor’s qui a rehaussé en 2010, la note du Maroc de (BB+) à ( BBB-)
Tous ces artifices seront mis de coté, car pour ma grand’mère, ce qui compte c’est de comparer ce que nous produisons avec ce que nous consommons et surtout comment nous le consommons. Quel est la part que représentent les investissements dans ce que nous consommons.!
La loi de finances de 2012 prévoit un endettement supplémentaire du Trésor de 20 MMDH.  Et une évolution positive de l’endettement n’est pas toujours une bonne chose. Car il est rare qu’elle soit affectée à des investissements. Et qu’il soit démontré que ces investissements vont produire une plus-value  supérieure aux intérêts générés par cette dette.!
Me revient à l’esprit ce que m’avait dit un jour un boss américain, lorsque je présentait le bisness-plan de la direction dont j’étais responsable. Cet américain qui voulait bannir de son langage le terme « dépense », m’avait dit :!
« Ali, les dépenses sont soit des investissements soit des pertes. Si tu me dis ce que cet argent va rapporter ce sont des investissements dans le cas contraire ce sont des pertes »
Un pays c’est comme une entreprise. Augmenter sa marge ou avoir une bonne croissance se résume à agir sur les deux leviers qui sont les charges et les recettes.
Pour le cas de notre pays, la rubrique Charges est tellement lourde que la rationaliser améliorerait nettement la croissance de notre pays mêmes si les recettes n’augmentent pas. Les trois rubriques qui pèsent lourd dans les charges du Maroc sont :
-         Les salaires et frais afférents à la fonction publique
-         Les intérêts générés par la dette publique
-         La caisse de compensation

Pour ce qui est des fonctionnaires, et sans trop aller dans les détails de tout ce qu’il faudrait faire.
-         Il faut commencer par arrêter de payer des fonctionnaires fantômes.
-         Il faut aussi réduire les frais de gestion (réduire le nombre de voitures affectées aux hauts fonctionnaires, éviter des déplacements de travail en convois pour les ministres et les gouverneurs, limiter l’utilisation des voitures de fonction aux déplacements de travail.  etc

Pour la dette,
-         il faudrait se limiter à n’emprunter que par nécessité d’investir ;
-         Entre investir et réduire la dette, choisir la réduction du montant de la dette si on n’est pas sûr que le retour sur investissement est supérieur au montant des intérêts que génère la dette

Pour la caisse de compensation, il faut agir sans tarder,
-         l’intervention de la caisse de compensation profite actuellement plus aux riches qu’aux pauvres. il faut donc arrêter de subventionner les riches. Les riches consomment plus de sucre, de farine, d’huile, et de gaz que les pauvres. L’essence et le gas-oil doivent être indexés sur le prix d’achat du brut. Et pour éviter que le prix du transport voyageurs et marchandises soit augmenté, l’Etat peut agir sur les taxes payées par les professionnels du transport.

Ceci étant dit, il faut en parallèle lutter contre la fuite des capitaux, le non-paiement des impôts par de nombreuses personnes et surtout veiller à la bonne gestion des offices et des entreprises étatiques. C’est bien de sanctionner les directeurs indélicats. Mais ceux qui font partie des conseils d’administration de ces entreprises et qui se réunissent une fois par an pour approuver des chiffres erronés tout en partant avec des jetons dans la poche doivent rendre compte également.

Je ne sais pas ce que deux vols par semaine Casa-Errachidia, vont génèrer comme déficit à la RAM. Mais ma grand'mère me dit que ce déficit sera loin d'égaler les 7% du son chiffre d'affaire que notre compagnie aérienne offre comme billets gratuits !
 Mr le Premier Ministre, vous avez du pain sur la planche !

Ainsi va Ghriss!

Goulmima le 07/04/2012

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