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Pourquoi faut-il aller à la rencontre de nos anciens compatriotes juifs d’origine marocaine ? le 17/03/2012 à 10h30

A la question qui sert de titre pour la chronique de cette semaine, comme je l’ai fait à un ami, je ne répondrais que par « Et pourquoi pas ? »
Mais pour enlever toute équivoque, 
Je vais essayer d’être plus explicite par ce qui suit.
Malgré le départ massif des juifs du Maroc avant et après 1956 date de l'indépendance du pays, leur héritage culturel est resté vivace et très présent dans la mémoire des marocains. On n'efface pas facilement une présence de plus de deux fois millénaire qui a marqué toute l'Afrique du Nord et plus particulièrement le Maroc.
Dans notre pays, la coexistence a toujours été fraternelle malgré la différence de culte ; en effet, les deux communautés partageaient les mêmes valeurs, vénéraient souvent les mêmes saints et croyaient en un même destin.
Cela est encore plus noté chez les communautés Amazighes (Berbères) où la notion d’antisémitisme n'existait pas. En effet notre droit coutumier (Azerf) méconnaissait de telles pratiques. Le citoyen juif était doué dans les affaires et de ce fait participait activement au développement de notre économie locale.
Pour moi, une des raisons de ce voyage est  de rencontrer nos anciens compatriotes juifs partis du Maroc afin de raviver notre mémoire culturelle, mais aussi de comprendre les vraies raisons de leur départ.
Lorsque L'Association israélienne pour la Préservation, la Diffusion et le Rayonnement du judaïsme marocain  « Zohar » et sa grande sœur  l’APJM /Permanences du judaïsme marocains de Paris, ont-décidé d’inviter un groupe de marocains afin de renouer les contacts et raviver cette mémoire commune qui a résisté au temps et aux multiples manœuvres de destruction, je n’ai pas hésité un instant à répondre oui à cette invitation qui s’inscrit dans  l'amitié, la tolérance et la paix entre les peuples.
Cette invitation qui notamment a pour but:.
-          De découvrir Israël tel qu'il est et dans son véritable visage que ne le font les médias, surtout vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.
-          De me rendre compte sur place de l’existence  de l'esprit de tolérance entre communautés et surtout vis-à-vis des groupes minoritaires non juifs.
-          De noter la position des juifs d’origine marocaine et leur aspiration à la paix.
-          D'étudier les possibilités de bâtir des relations concrètes dans un but humanitaire et pour la paix.
-          D'évaluer le degré de maturité de la démocratie israélienne,.
-          De constater les performances du système d'éducation dispensé à toutes les communautés et ethnies d'Israël.
-          De débattre entre intellectuels et avec les historiens pour savoir si les juifs marocains sont des berbères judaïsés.
-          D’avoir une réponse non moins pertinente, à savoir pourquoi les juifs marocains sont-ils partis alors qu'ils vivaient en paix avec leur compatriotes musulmans.
Tous ces sujets ont été abordés là-bas sans aucune restriction avec les membres de la communauté juive d’origine marocaine qu’ils soient journalistes, membres de la Knesset, anciens militaires ou fellahs. Les réponses à tous ces questionnements feront objet d’une prochaine chronique.

 Je rappelle que ce voyage est l'aboutissement d'une série de rencontres, de colloques et de séminaires organisés autour du patrimoine judéo-marocain, au Maroc et en Espagne et qui ont eu lieu le:
-              27 Mars 2008, tenue d’un colloque international à Cordoue : « Sépharades: Géographie et regards sur la mémoire ».
-              26 Mai 2008, colloque international à Marrakech : « Résistance et Persistance du judaïsme marocain : mémoire brisée, mémoire en éveil, mémoire retrouvée ».
-              4 Juin 2009, tenue d’un colloque international à Cordoue sur le thème : « Sépharades : Mémoires, Identités et Diasporas».
-              10 Mars 2010 Organisation à Marrakech des 2° Journées Internationales du Judaïsme Marocain . Thématique du colloque : « Continuité et / ou discontinuité du Judaïsme Marocain ? Existe-t-il une Coexistence Pacifique Judéo - Musulmane à partir de l’exemple du Maroc ? » Ce colloque a vu la participation de Moha Oustouh et de moi-même et chacun avait fait une communication lors de ce colloque (voir la chronique « Qui danse ne cache pas sa barbe ».
-          27 Mars 2011 Séminaire International à Cordoue sur : « Les Racines Sépharades Retrouvées.

Dans ma prochaine chronique, je ne manquerais pas de post-évaluer ce voyage, Et si Dieu le veut, ce voyage en Israël et à Al Qods ne sera pas le dernier.
Mes remerciements à tous mes nouveaux amis de France et d'Israël et tout particulièrement à Arrik Délouya, Moshé Bar Hen et son épouse, Vacaint Emmanuel (Manou) et sa fille, Alain Assouline, Yoav Stern, Yosi Bar-Moha, Daniel Ben Simon, Mr et Mme Haim Boghanim et son frère Abraham, Victor et Mimy Aflalou, Nitsan Bensoussan et son épouse Ety , Mme Biton et sa fille Ella, Mme Babylone El Baze et les nombreuses personnes d'israêl qui ont tout fait pour que notre séjour soit agréable.

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 17/03/2012

NB, le corps de cette chronique est en majorité pris du texte ecrit par mon ami le Dr. Arrik Delouya (Ph.D-Sociology)   .
Sociologist Research Worker & Writer.
Président des Permanences du Judaïsme Marocain / APJM
- Paris.
Fondateur de l'Association Israélienne pour la Préservation, la Diffusion le  Rayonnement du Judaïsme Marocain  / Zohar - Tel-Aviv 

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