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Nos MRE et nos MRI le 10/03/2012 à 10h05

Je ne vais pas trop m’attarder sur ce que représentent nos MRE (Marocains Résidents à l’Etranger). Je me contenterais de dire  que selon  les chiffres du CMC, leur nombre est de l’ordre de 3,3 millions de personnes, ce qui est l’équivaut de 10% de la population totale du pays. Leurs transferts s’élèvent pour l’année 2009 à plus de 50 milliards de dirhams contre 53 milliards de dirhams en 2008 et 55 milliards de dirhams en 2007.
Les principaux pays d’accueil sont, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas.
A fin 2011 et malgré la crise nos MRE ont transféré 58,3 milliards de dirhams vers le Maroc, contre 54,3 milliards de dirhams en 2010, soit une augmentation de 7,8%. Malgré le contexte de crise qui a touché l’Europe. Crise qui a touché de plein fouet l’Espagne et l’Italie.
J’ajouterais que de nombreux MRE bénéficient d’une double nationalité, la marocaine bien sûr et celle de leur pays d’accueil.
Cette double nationalité me sert de transition pour parler des MRI qui bien occultés dans les statistiques des MRE font partie de cette catégorie de marocains vivant en dehors de leur pays natal. Il s’agit des Marocains Résidant en Israël.

Ces Israélo-Marocains ou Marocco-israeliens qui sont de l’ordre de 860 000 sont restés très attachés à leur pays d’origine. Et si ils n’ont plus de famille au Maroc pour transférer une partie de leur gain et de leur travail au pays, il peuvent intervenir sur deux axes dans lesquels ils me semble être les mieux placés.
- Le premier axe est celui des investissements. Les marocco-israeliens me semble être si il le veulent et si nos autorités le désirent être en pool position pour venir investir dans le pays.
Il ont l’avantage sur les espagnols, les portugais et les Français, qui ont été des puissances colonisatrices d’avoir déjà monté des affaires et d’avoir vécu en paix durant des années avec leurs compatriotes marocains. Ils étaient propriétaires terriens patrons d’entreprises, cadres eu ouvriers etc..
- Le deuxième axe est lui politique. Si les ashkénazes  (juifs d’Europe) ont été maltraités et martyrisé par les européens et surtout par les nazi, les sépharades eux n’ont jamais souffert d’un tel traitement. Au contraire les marocains Arabes et Berbères leur ont ouverts leurs portes lorsque Isabelle la catholique les a chassé en compagnie des musulmans d’Espagne.
Le même scénario s’est presque reproduit lors de la shoah lorsque feu Mohamed V roi du Maroc a refusé de livrer les juifs marocains au autorités de Vichy pour qu’ils soient exterminés, considérant que les juifs marocains étaient ses sujets comme le sont les marocains musulmans.
Les marocains arabes ou amazigh ont vécu en harmonie avec leurs concitoyens juifs durant des siècles. Et si chacun priait le bon Dieu à sa façon, ensemble ils partageaient les même soucis de leur communauté et de leurs cités.
C’est cette cohabitation  pacifique qui doit être expliquée par les sépharades au ashkénazes pour leur faire comprendre qu’ils n’ont pas fait l’objet d’aucune maltraitance des marocains qu’ils soient arabes ou amazigh.

Si les israéliens ont le droit de se méfier du serpent qui les a mordus, ils doivent le faire envers ceux qui les avaient martyrisés. Une corde qui a la forme d’un serpent, n’est pas un serpent ! Or j’ai l’impression que les israéliens ont plus peur de la corde que du serpent !

Je ne vais pas terminer cette chronique sans souligner l’attachement au Maroc et l’amour à Sa Majesté le roi que les marocco-israeliens nous manifestent à chaque rencontre. Mon émotion était grande en voyant que Nitzan Benssoussan qui nous a invité hier pour un déjeuner a pavoisé sa maison de drapeaux marocains pour nous recevoir. Le thé servi dans des verres venus de Derb Omar, les délicieux gâteaux marocains préparés par son épouse Eti. Le diner offert par Mr Victor Aflalou et son épouse Mimy était aussi copieux et marocain que le premier. La musique andalouse et amasigh qui les ont accompagnent nous ont donné l’impression d’être au Maroc.

Je ne suis pas politicien, je ne fais pas de politique, mais il me semble que nous avons en nos MRI une niche non exploitée qui peut faire avancer le processus de paix au Moyen Orient et promouvoir les investissements au Maroc !

A bon lecteur Salut

Ainsi va Ghriss

Al Qods (Jérusalem) le 11/03/2012

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