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Alliances de circonstance le 10/12/2011 à 07h53

Pour le titre de ma chronique de cette semaine, j’ai hésité entre alliances de circonstances et alliances contre-nature. Finalement, j’ai mis un peu plus d’eau dans mon vin et opté pour le premier.
- Je pensais qu’après la victoire du PJD aux élections et la désignation de Mr Benkirane comme futur chef de gouvernement, l’USFP et l’Istiqlal allaient être les premiers à déclarer leur accord de participation au futur Gouvernement.qui sera présidé par le patron du PJD.
Mais voilà que l’USFP qui déclare choisir l’opposition et l’Istiqlal qui hésite à faire partie de la future équipe gouvernementale !
En contrepartie, le Mouvement Populaire, s’est déclaré partant même si ce parti est loin de partager les mêmes vues de gouvernance que le parti islamiste.
Quant au PPS, ex parti communiste de feu Ali Yata, il risque d’être la goutte qui fera déborder le vase de la koutla. Si ses dirigeants acceptent de faire partie de l’équipe gouvernementale cela officialisera certainement la mort de cette alliance qui depuis longtemps est plus virtuelle que réelle.

Qui pousse donc les plus proches du PJD à rejeter l’offre et ceux qui sont loin de l’idiologie des islamistes à l’accepter ?
Ma réponse à moi est celle d’un novice. Loin d’être celle d’un expert en stratégie politique des partis. Mais je la trouve plausible et peut ne pas être loin de la réalité.
- Pour l’USFP, je pense que son refus de faire partie de la future équipe gouvernementale est une décision stratégique qui permettra au parti de retrouver sa place et sa crédibilité auprès de ses militants et de ses sympathisants L’ère El Yazghi n’a été heureuse pour le Parti et celle de Radi non plus. En se positionnant dans l’opposition, ses leader vont essayer de sauver ce qui peut encore l’être après ses précédentes participations au gouvernement qui avaient terni son image. Etre dans l’opposition en ces temps de crise est sûrement plus aisé que de trouver les solutions au chômage et aux nombreux problèmes que vit notre pays.
- Pour Le Mouvement Populaire, je pense que l’acceptation de faire parti de la future équipe gouvernement est plus motivée par des ambitions personnelles de ces leaders que par le partage avec le PJD d’un quelconque programme gouvernemental.
Deux ou trois portefeuilles ministériels et le perchoir en tant que président du parlement pour son Secrétaire Général, satisferait bien les Harrakis. Mhaned Laansar n’est pas aussi exigent que l’était Ahardane.
Là aussi je pense que la négociation avec Benkirane a plus porté sur le nombre de postes que sur le programme qu’il faut appliquer par le gouvernement pour trouver des solutions aux divers problèmes que vit notre pays Ceci étant dit,j’espère qu’Ouzine d’Azrou sera parmi ceux qui seront « ministrialisés » Je n’exclue pas non plus le coup de main que pourrait donner le PJD aux Harrakis pour s’emparer de la présidence de certaines régions. La région de Fes-Meknes et Boulmane servira de test. Elle pourrait se bien se disputer entre Hamid Chabat de l’Istiqlal, Said Chbaatou de l’USFP et Ali Kbiri du Mouvement Populaire si le PJD apporte son soutien au Harrakis.

Je ne conclue pas sans dire un mot sur la nomination de Mr Ali El Hima au poste de Conseiller de Sa Majesté. Le fait d’avoir cédé son poste au sein du PAM à Mr Biyadillah, n’était qu’une étape et un prélude à sa nomination à un poste officiel. Mais personnellement, je pensais qu’un poste en tant qu’ambassadeur, le ferait mieux oublier aux contestataires du mouvement du 20 février qui ne cessaient de demander sa tête.
Là encore, je me suis trompé, ce qui confirme mon qualificatif de novice de la politique. 

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 10/12/2011

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