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La montagne va-t-elle accoucher dune souris ? le 20/08/2011 à 09h53

Nous nous sommes  tous ou presque félicités de l’adoption par le peuple marocain de la nouvelle constitution. Nous avons relevé dans ses textes des avancées importantes qui pourraient permettre à notre pays une émancipation rapide dans les domaines des droits de l’homme, de la justice et la bonne gouvernance.

La reconnaissance de l’Amazighité du Maroc, répond au vœu du peuple amazigh considéré depuis des siècles étranger dans son propre pays.

Après le referendum, nous avons pensé qu’une page de notre histoire allait être tournée et que les jalons qui vont conduire au changement vont être posés pour réussir la mutation vers un vrai pays de droit. Mais je trouve l’annonce de la date de la tenue dans moins de trois mois des élections législatives prématurée. Cette décision a beaucoup réduit mon enthousiasme et mon optimisme.

Comment va-t-on réussir le changement si nous ne changeons pas les hommes et les moyens qui nous ont conduit vers l’échec?

Nous n’allons pas faire du neuf avec de l’ancien ! L’adage, "c’est dans de vieilles marmites qu’on fait de la bonne soupe", n’est plus d’actualité.

Alors que le peuple marocain en général et sa jeunesse en particulier rejettent la majorité des partis politiques actuels dont-ils ne se reconnaissent pas et souhaitent voir des visages neufs prendre en main la destinée du pays, voilà que tout est fait pour remettre en selle ces vieux cavaliers de la scène politique. Ces leaders auxquels les populations ont manifesté leur rejet en allant jusqu’à les huer et quelques fois les chasser lors de la campagne pour le referendum

La condition sinequanone de la réussite du changement passe par l’implication du peuple et donc par sa participation aux élections. Or le taux de participation aux prochaines élections peut ne pas être plus élevé que celui des précédentes élections qui n’était que de 27%. Le scénario des précédentes élections risque de se reproduire. A savoir  

- Un taux de participation très faible

- La désignation en  têtes de listes des enfants, des proches et des amis des leaders politiques pour leur assurer une élection garantie.

- Une équipe gouvernementale disparate qui serait plus composée en se basant sur des affinités familiales que sur des programmes de développement du pays.

Les questions qui se posent sont les suivantes :

-      Va-t-on faire la sourde oreille et ignorer la demande et la revendication des milliers de jeunes qui manifestaient  dans toutes les villes et qui clamaient leur rejet des partis politiques actuels ?

-      Ne serait-il pas préférable de ne pas organiser les élections avant que le champ politique soit assaini et débarrassé de ceux qui n’ont pu rien faire durant des décennies et qui sont responsables de la situation dans laquelle se trouve notre pays aujourd’hui ?

-      A défaut ne décaler la date de la tenue des élections, pourquoi exiger des personnes désireuses de se présenter d’avoir une accréditation (Tazkiya) d’un parti auquel il n’appartient pas et dans lequel il ne se reconnait pas.

Je vous fais grâce de toutes les autres questions et je me limiterais à dire, que tant qu’un bon coup de pied n’est pas donné dans la fourmilière des ces partis politiques qui sont plus minés que l’est la société marocaine, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Je dis ça tout en espèrant de m'y tromper !

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 20/08/2011

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