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Le vent de la protestation ! le 07/08/2011 à 13h00

A quoi est dû ce vent de protestations qui souffle sur tous les pays ?
Les musulmans d’Egypte, de Syrie et du Yémen protestent chaque vendredi, les juifs d’Israël se sont joints au mouvement et protestent les samedis. Les catholiques espagnoles ont choisi dimanche pour battre le pavé. Il ne reste plus que les bouddhistes chinois pour que toutes les religions soient représentées dans cette contestation universelle de la rue.

Si le terme protestation est commun pour tous ceux qui descendent dans la rue, les raisons de leurs manifestations diffèrent. On peut leur appliquer  la formule « dis-moi pourquoi tu protestes, je te dirais qui tu es ! ».
Il y a ceux qui protestent pour bénéficier d’un minimum des droits de l’homme et qui s’élèvent contre le manque de liberté et pour dénoncer la main mise sur les richesses du pays par des présidents devenus par la suite de redoutables dictateurs.
D’autres ne sont point soumis à aucun régime dictatorial mais protestent contre leurs gouvernants qui n’ont pas su faire face à la crise économique, cause pour eux de l’augmentation du chômage dans leurs pays.
D’autres encore manifestent contre la cherté de la vie et la baisse de leurs pouvoirs d’achat et le font savoir en battant le pavé.
Ces trois catégories de contestation diffèrent avec cette contestation qui est en nous et qui est conforme à la citation arabe qui dit que « l’homme est né contestataire,  (Khoulika al inssanou maloulen, ya milou na3ima ida tal)

Cette contestation intérieure et individuelle, qui en principe devrait nous mener vers une réflexion philosophique et nous inciter à plus d’effort de recherche pour découvrir ou prouver l’inverse de ce qu’on conteste, peut dès fois se transformer en une violence incontrôlée aux conséquences dévastatrices.
Ce
s contestations qui sont en nous, ont des degrés d’intensité différents. Nos façons de les gérer diffèrent d’un individu à un autre et d’un groupe à un autre, selon les causes qui les ont déclenchées.

La contestation qui est en nous, est plutôt pacifique. Elle est notre soupape de sécurité qui permet à notre corps d’évacuer tout ce qui nous parait à tort ou à raison non conforme de ce que nous pensons être juste. Mais il arrive que la soupape ne se déclenche pas à temps ou se coince à cause de l’intensité d’une injustice, d’un manque d’équité ou d’une humiliation.
Dans ces cas elle peut se transformer en un tsunami qui peut balayer tout sur son passage.
La Tunisie et l’Egypte, n’ont pas pu résister à ce tsunami social. D’autres pays édifient des digues et creusent des déversoirs afin de canaliser les lames de fond qui vont se transformer en déferlantes.

Le foot, les concerts, et certaines affaires de mœurs qu’on met sur la place publique ne pourront pas continuer trop longtemps à servir de d’évacuateurs de pression. La solution est à trouver ailleurs. Pour moi elle réside dans plus de justice, d’équité et de liberté.    

Ainsi va Ghriss

Goulmima, le 07/08/2011

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