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Il faut savoir aussi s'arrêter ! le 18/07/2011 à 01h02

Lorsque j’étais étudiant, un prof de technologie ne cessait de nous dire « ne faites pas dépasser la limite d’élasticité à votre ressort ». Par la suite, dans le cadre de ma fonction de directeur de production, j’ai appris quelque chose que tous les chimistes savent, à savoir que lorsque en ajoute du sel à un tensioactif dilué dans l’eau, on augmente sa viscosité. Mais si nous dépassons la quantité de sel qu’il faut, Tout devient liquide et le mélange perd toute sa viscosité. 
J’ai pris ces deux exemples pour dire tout simplement que chaque étape ou chaque phase a ses limites. Aller au-delà de ces limites risque de tout gâcher.

J’aurais aimé que les jeunes qui étaient à l’origine du mouvement de contestation, prennent en considération ces règles et qu’ils sachent quand et comment arrêter de dire non. Continuer à manifester, alors que le peuple a voté et a dit oui, c’est ne pas reconnaitre la toute première règle de la démocratie qui consiste à accepter la volonté de la majorité. 
Les agissements de certains jeunes qui continuent à manifester après le référendum et qui persistent à tout rejeter sont plus proche de l’anarchie,  que de la démocratie.

J’ai dénoncé à plusieurs reprises dans les colonnes de cette rubriquela les excès de zèle de certains agents des forces de l’ordre, lorsqu’ils tabassaient aveuglement les jeunes qui manifestaient et qui réclamaient qu’il y'ait plus d’équité et de justice dans notre pays. Je me suis élevé contre certains agents d’autorité qui ont mal compris leur mission et qui s’adressent avec brutalité et arrogance aux habitants. Aujourd’hui, je dis que les agissements de certains jeunes, qui empêchent les fonctionnaires d'accomplir leurs devoirs ou qui ne facilitent pas la tâche aux habitants désireux de régler des problèmes administratifs n’est pas acceptable.

Jusqu’à ce jour, ces jeunes ont plutôt bénéficié de la sympathie des gens. Mais attention, la situation est en train de changer, car comme dans le cas d’un ressort, la limite d’élasticité a atteint son maximum et le ressort risque de ne pas retrouver son état initial si on tire audelà de cette limite. Moi qui ne suis pas un grand amateur des chants d’Oum Keltoum, je sais que la défunte cantatrice a une chanson qui s’intitule « Li sabri hdoud ». Oui même la persévérance a ses limites !

Nos jeunes, vont-ils associer l’intelligence à la vivacité de leur jeunesse et savoir capitaliser ce que leur mouvement a donné comme fruit, ou vont-ils continuer à manifester et provoquer les forces de l’ordre qui jusqu’à présent ont su observer une retenue qui ne leur est pas habituelle ?: 
Seuls, les jours à venir nous le diront.

Je termine cette chronique, en souhaitant que le mois sacré du Ramadan qui arrive dans moins de deux semaine apaise les esprits agités et que notre pays retrouve son calme. C’est dans l’intérêt de tout le monde.

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 18/07/2011

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