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LES ECORCHEURS ! le 17/07/2010 à 08h45

Il ne s’agit pas de la chèvre qui tenait à écorcher le chacal qui avait joué un mauvais tour a l’âne qu’ella avait chargé de surveiller ses petits biquets et que le chacal avait dévorés l’un après l’autre alors qu’il s'est fait passer pour un blessé qui ne pouvait pas marcher.

Il ne s’agit pas non plus du bourreau du sultan Moulay Ismail, chargé d’écorcher les infidèles capturés par ses armées , alors que le grand roi lui-même avait chargé son ambassadeur Ben Aicha de demander la main de la grande demoiselle, à son père le roi soleil, Louis XIV. montrant ainsi que lorsqu’il s’agit d’avoir une infidèle dans son lit, l’apperception des choses et le respect des principes changent.

Il ne s’agit non plus, de tous ces bouchers qui exercent dans les abattoirs ou de ceux qui chaque année se chargent d’écorcher les moutons que nous égorgeons pendant la fête de l’aïd pour perpétuer le sacrifice d’Abraham.

Non, il ne s’agit pas de tous ceux-là.

Les Ecorcheurs dont-il s’agit, sont encore plus cruels et plus malinttentionnés, puisqu’il s’agit de ceux qui ont écorché notre culture et notre spécificité. Cette spécificité qui fait de nous ce que nous sommes. Un peuple fier et courageux, fier de sa diversité ethnique et culturelle, fier de son amazighité de sa négritude et de son arabité. Ce peuple qui se dresse majustueux comme un grand palmier, dont les racines s’alimentent de son africanité et ses palmes  respirent l’air frais et libre de l’Europe.

Ces écorcheurs de nos traditions, de nos parlers et de nos langues qui ont essayé et continuent de tout faire pour que demain nous ne dirons plus ; « Mas tadide », ni « fine ghadi » ou « fine rayh »? Ceux qui veulent nous obliger a dire « ila ayna anta dahiboune » ? Ce que mon père, mon arrière grand père et tous ceux qui les ont précédés n’ont jamais dit. Ceux qui veulent nous égyptianisés, alors que les Egyptiens eux-mêmes nous envient pour ce que nous sommes !

Ceux qui hier et aujourd'hui veulent nous imposer les chansons classiques orientales et font tout pour couper l’herbe sous les pieds des artistes autochtones qui avaient opté pour la chanson en tamazighte ou en darija.

Heureusement  qu’un sursaut salvateur nous vient des jeunes qui ont compris comme je l’ai déjà écrit, qu’à part l’islam tout ce qui nous venait de l’est ne nous a jamais réjoui.

Entre "vent d'est, vent d'ouest" de Pearl Buck, je n'hesiterais pas a choisir celui de l'ouest, il se fait accompagné de fraicheur et n'irite pas les yeux comme le fait le chergui.

 Ainsi va Ghriss

Goulmima le 18/07/2010

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