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UNE RUSTINE APPELEE DECROISSANCE le 26/12/2009 à 19h20

Certainement que vous suivez ce qui se passe à Copenhague où des négociations au sommet sur le climat se tiennent depuis quelques jours.
Les négociations qui visent à limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2 °C, semblent piétinées face aux vues quelquefois diamétralement opposées des pays développés et des pays du tiers monde.
La situation est plus qu’inquiétante face au réchauffement de la planète qui a déjà commencé à occasionner des dégâts et des situations dramatiques dans des archipels qui même si un accord est trouvé au niveau de Copenhague seront submergés.
Si tout le monde est d’accord pour freiner le réchauffement de la terre, la manière de le faire reste à trouver.
Certains tabous ont été cassés puisqu’on n’hésite plus à avancer que la décroissance serait une bonne solution, même si la décroissance ne peut s’appliquer qu’aux pays qui enregistrent une croissance. On ne vas pas demander à ceux qui ont faim d'avoir encore plus faim !
Il faut bien sûr relativiser tout ça, et le terme décroissance ne doit pas faire peur. Une croissance contrôlée des pays développés qui d’une part évitera de  « produire pour produire » et d’autre part d’apporter une assistance aux pays développés pour qu’ils puissent croitre sans utiliser les mêmes moyens que  les pays développés qui ont conduit le monde à cette  situation.
 Pourquoi produire du surplus qui sera par la suite jeté à la poubelle ? C’est malheureusement ce qui se passe dans les pays développés. Le surplus produit par les pays développés dépasse les déficits et les besoins des pays pauvres. Je ne veux pas dire que les pays nantis remettent leurs surplus aux pays pauvres, mais qu’ils produisent ce dont ils ont besoin et qu’ils apportent une assistance aux pays pauvres pour qu’ils produisent eux aussi leurs besoins. C’est ce modèle de coopération nord-sud dont le monde a besoin.
 La décroissance que certains préconisent ne peut être qu’un ralentisseur et non un frein et encore moins un réducteur de l’effet de serre dont souffre la planète. La solution est ailleurs. Elle est dans l’arrêt ou à défaut le contrôle de la déforestation sauvage effectuée en Afrique et au Brésil, elle est dans l’utilisation des énergies propres comme le solaire et l’éolien, elle est dans l’utilisation des transports en commun propres, enfin elle est dans notre manière de nous comporter chaque jour avec la nature.
 Au moment où à Copenhague, les dirigeants discutent et peinent à se mettre d'accord  sur ce qu’il faudrait entreprendre pour arrêter cette course vers la catastrophe, les habitants des îles du Pacifique et du Bengladesh, qui pourtant ne sont   responsables que de 0,03% des émissions mondiales de dioxyde de carbone ne savent pas comment faire  face aux eaux qui chaque jour submergent un peu plus leurs terres.
Ne soyez pas surpris demain si vous entendez parler des refugiés du réchauffement de la terre, c'est pour bientôt !
 A Goulmima, ce ne sont pas les émissions de dioxyde de carbone qui m’inquiètent, mais notre nappe phréatique que nous continuons à polluer et les odeurs nauséabondes que dégagent chaque après-midi les fumées des ordures qu’on brule dans l’oued en face de Loulouf.

 Ainsi va Ghriss
Goulmima le 19/12/2009

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