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LE SACRIFICE D'ABRAHAM N'A RIEN A VOIR AVEC BOULFAF ! le 26/12/2009 à 19h18

"Aska id'mkorne", aussi, fête oblige,  ma chronique qui est avancée d'une journée par rapport a son jour d'insertion, va être brève et je m'en excuse d'avance.
Tafaska, est la fête du sacrifice.  Elle est aussi une communion entre musulmans. Même si elle  ne devrait pas être exclusive aux seuls musulmans puisqu'elle perpétue un rituel que le prophète Sidna Ibrahim (Abraham) a légué à tous ses fils. Je ne sais pas si dans la bible et l'évangile, le texte insiste sur ce rituel comme il le fait dans le saint coran.
Son importance est grande puisque cette fête fait partie du rituel d'El Haj qui est le cinquième pilier de notre religion.
 
Ceci étant dit, venons maintenant à l'esprit de cette fête qui commémore l'asservissement d'Ibrahim (Abraham) à Dieu qui lui a ordonné de sacrifier son fils Ismaël. Ibrahim n'hésitant pas à montrer sa soumission à Dieu en décidant de sacrifier son fils . Et même  si le bon dieu au dernier instant lui a offert un bélier pour qu'il le sacrifie à la place d'Ismail, je ne pense pas que Sidna Ibrahim avait passé son temps a griller des brochettes et boulfaf et à festoyer comme nous le faisons actuellement !
En plus du fait qu'elle soit un événement religieux, cette fête doit être l'occasion pour se rencontrer avec la famille et les proches, elle doit être aussi synonyme de partage et de générosité envers les pauvres et les nécessiteux.
 
Par sacrifice, je comprends deux sens; un sacrifice peut être une offrande, donc une chose que nous donnons et qui ne nous appartient plus. Mais elle peut aussi signifier l'abnégation, le renoncement.
Dans ce que nous faisons, il n'y a ni l'un ni l'autre dans notre façon de célébrer cette fête. Non seulement, nous ne partageons pas avec les pauvres comme il nous a été recommandé, mais certaines personnes vont jusqu'à utiliser le sang et certaines parties du sacrifié à des fins de sorcellerie. Elles se servent de l'omoplate pour lire l'avenir et certaines femmes organisent la‘'gadida'' (morceaux de viande séchée et épicée), pour guérir la stérilité. (aucun écrit ne dit que Hajjar ou  Sara les deux épouses de Sidna Ibrahim avaient usé d'Assawar pour qu'elles soient fécondes !
Heureusement que des exceptions existent et que certaines personnes perpétuent le rituel de cette fête et n'oublient pas de partager ce qu'elles sacrifient avec les familles pauvres. Et heureusement que certains Ghrissois n'oublient pas de manifester leur solidarité en apportant leurs aides aux familles nécessiteuses afin d'acheter des habits neufs à leurs enfants.
Raison pour laquelle je tiens à remercier les deux bienfaiteurs qui se reconnaitront et qui ont pense à rendre heureuses une vingtaine de familles nécessiteuses de notre ksar.
 
Je termine ma présente chronique sur un petit air que nous chantions lorsque nous étions gamins: Aska id makorne ..... Alors n'oubliez pas  "atdoum ssid khali noun".
je vous souhaite une bonne fête et Tafaska ighoudane !
 
Ainsi va Ghriss
Goulmima, le 27/11/2009

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