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LES RAISONS DES PLUS FORTS... le 26/12/2009 à 18h51

Ces derniers mois, deux événements ont pris le devant de l’actualité au Maroc, le premier concerne la lutte contre la drogue et plus particulièrement le kif et le second, concerne l’influence ou plutôt l’activité suspecte des chiites qui sont soupçonnés de servir d’éclaireurs pour l’Iran afin de faciliter l’introduction du chiisme au pays comme cela s’est produit avec le Hizb Allah au Liban et le Hamas à Gaza.

Cette semaine je vais laissé de coté les hommes aux turbans noirs et me contenter de dire ce que je pense de cette herbe verte qui rend gai et fou, qui est recherchée par certains et bannie par d'autres.
Jeune étudiant, j'avais "kifé" pour quelques sebsi avant une interrogation écrite en maths et j'avoue qu'elle m'avait fait planer au point ou c'était la seule et unique fois dans ma vie ou j'ai eu un zéro tout rond sur ma copie ! Contrairement à ce que m'avait dit un ami de classe, les bouffées de fumée que j'avais avalées n'avaient pas stimulé mes neurones, au contraire elles les avaient bien endormies !

Ce qui surprend dans la lutte contre le trafic du kif, c’est tout de même le volume de cette drogue saisi un peu partout dans le pays, rien que durant l’année écoulée et les premiers mois de cette année. Et plus inquiétant encore l’implication dans les réseaux des trafiquants de certains qui sont sensés lutter contre ces réseaux !
C’est certain que l’argent facile tente de nombreuses personnes mais pas au point ou pour lutter contre ce fléau, il faudrait mettre un gardien pour garder le premier gardien !
Le slogan istiqlalien «min ayna laka hada ? » aurait été un moyen efficace pour lutter contre la corruption, et l’enrichissement illégal, mais hélas, ce slogan est bafoué même par ceux qui l’ont initié.

Je ne vais pas être l’avocat du diable et défendre la culture ou la commercialisation de cette herbe qui a choisi de n’être excellente que si elle est cultivée dans nos montagnes du Rif, mais ma modeste connaissance dans le domaine commercial me permet de dire que dans toutes les transactions commerciales, c’est la demande qui conditionne l’offre et non l’inverse !
Lutter contre la culture du cannabis ne suffit pas pour ne pas dire ne servira qu’à augmenter son prix et faire profiter les intermédiaires et les trafiquants de tous genres si on ne réduit pas en aval sa consommation.

Si cette herbe hachée et fumée dans un bon « sebsi » est vraiment néfaste, ce qui ne fait pas l’unanimité de tout le monde car certains la trouvent moins dangereuse que certaines marques de tabac.
Ce qu’il faut alors entreprendre, c’est plutôt l’interdiction de sa transformer en chira et en produits dérivés très concentrés.
A défaut de ca, c’est la demande d'achat qu’il faut réduire qui est plus du ressort des pays occidentaux qui nous montrent du doigt et qui ne font rien pour interdire sa consommation chez eux.
Je doute fort que la même position envers cette herbe serait observée si demain les pays européens arrivent à produire une substance chimique identique à celle du kif. La preuve c’est que certains pays tolèrent actuellement sa consommation en public !
Ce n’est pas une boutade si je dis que peut être, on veut tout simplement nous priver de notre «or vert » !
Peut être qu’il faudrait contrôler tout le processus par le financement de sa culture et l’achat de toute la production qui sera vendue aux laboratoires pharmaceutiques pour être transformée en médicaments, c’est un peu ce qu’on fait pour la culture de la betterave et de la canne a sucre.
C’est aux autorités compétentes de trouver une solution pour tirer profit du kif et rectifier son image négative auprès de l’opinion publique.
En attendant, et tant que la demande est là, les trafiquants continueront à s’enrichir et à se payer immeubles et voitures de luxe, les ripoux à vendre leurs dignités pour quelques liasses de dirhams, et les pays occidentaux à nous montrer du doigt et nous designer comme seuls responsables !

Je termine ma chronique en citant encore une fois Jean de La Fontaine qui dans sa fable le loup et l’agneau, nous a expliqué, que la raison du plus fort est toujours la meilleure, car il est vrai que le droit ne s’impose qu’envers les faibles et que ces derniers ont souvent du mal à le faire valoir lorsque c’est quelqu’un de plus fort qu’ils ont en face.
Cette maxime ne s’applique pas seulement aux personnes mais également aux nations.

Ainsi va Ghriss
Washington le 04/04/2009

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