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LA REALPOLITIK le 26/12/2009 à 18h50

Je pense que l’avènement de l’ère Obama, a permis aux Usa de reconsidérer leur manière de voir le monde, qui au temps de son prédécesseur était marquée par une arrogance et un mépris envers les autres nations,
Souvenez-vous que Bush a un certain moment, déclarait vouloir instaurer un nouvel ordre mondial et imposer un système de gouvernance a certains pays.
Ces déclarations télévisuelles ressemblaient aux bluffs d’un joueur de poker qui bien qui même sachant que ses cartes ne valent pas grand chose arrivait a faire croire qu’il possédait une meilleure main que les autres.
Il faut reconnaître que nous étions pour quelque chose dans cet état de fait, car bien que le temps de la guerre froide ou les grandes nations jouaient a se faire peur en gonflant leurs plumage comme les dindons soit révolu, nous avons continuer a surestimer les possibilités réelles de ces pays.
Il y a déjà plus d’un demi-siècle qu’on nous disait que les Usa avaient des satellites espions capables d’identifier le numéro d’immatriculation d’une voiture circulant dans une rue de n’importe quel pays du monde !
Alors comment expliquer que cinquante ans après, ils ne peuvent toujours pas repérer Ben Laden et ses troupes alors qu’on les croyait capables de compter le nombre de poils blancs de sa barbe ?
Souvenez-vous aussi du temps mis malgré leur armada d’hélicoptères et leurs satellites pour repérer avec exactitude l’endroit ou était tombée la capsule de la navette spatiale Challenger après son explosion au-dessus de leur territoire !
Comme la crise financière, qui malgré les artifices employés pour la cacher a fini par éclater a la face du monde, la politique menée par Bush et son administration avait atteint ses limites de crédibilités. La fin de son mandat était une délivrance non seulement pour le monde mais égaiement pour lui.

Les initiatives de rapprochement avec la Syrie et l’Iran prises par Obama et son équipe, et sa récente déclaration reconnaissant que les Usa ont besoin des autres pays comme ces derniers ont besoin de son pays est en quelque sorte un pied de nez a la politique arrogante de Bush !
Je pense que le réalisme qui a longtemps fait défaut a la politique étrangère américaine reprend petit a petit sa place.
Vous verrez que dans les prochains mois les Etats Unis ne parleront plus de l’axe du mal et reconnaîtront que la paix en Afghanistan ne se fera pas par les armes et que la solution du conflit ne sera que politique.

Un autre domaine ou l’équipe Obama a fait preuve de beaucoup de réalisme par rapport à l’administration Bush c’est dans le domaine de l’écologie.
Souvenez-vous de la situation paradoxale d’il y a une année ou le Vice Président, Al GOR sillonnait les capitales du monde entier pour plaider la préservation de la planète alors que Bush continuait de refuser que les Usa ratifient le protocole de Kyoto. Là aussi, le virage pris par Obama est de 180 degrés et c’est tant mieux !

Je pense également, que dans une décennie ou deux, les armes conventionnelles seront obsolètes. Chaque pays disposera d’armes plus destructrices mais de fabrication facile pour la dissuasion, (capsules à gaz, fioles virales ou nuages radioactifs), et qui en plus ne nécessiteront pas d’entretenir une armée de plusieurs bataillons.
Imaginez ce que deviendra un pays qui allouera le budget de son ministère de la défense à l’amélioration des conditions de vie de sa population !
Le Costa Rica qui se traduit littéralement comme «riche côte», est un petit pays d’Amérique centrale qui en 1949, avait introduit l'abolition de l'armée dans l'article 12 de sa Constitution. Le budget consacré précédemment à l'armée est désormais dédié à la sécurité, l'éducation et la culture.

Mais ne vous faites pas trop d’illusions, avant d’arriver à cette situation, les pays dotés de ces armes conventionnelles trouveront toujours un moyen de s’en débarrasser en les vendant au prix fort a certains pays qui n’auront jamais l’occasion (heureusement) de s’en servir que pour parader.

Pour conclure et rester dans l’esprit du titre de cette chronique, je dirais, que Bush n’avait certainement pas lu dans sa jeunesse les fables de Jean de la Fontaine, sinon il aurait appris, dans "le lion et le rat" ou dans "la colombe et la fourmis", qu’on a toujours besoin d'un plus petit que soi.

Ainsi va Ghriss
Washington le 21/03/2009

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