[Retour la liste]


POUR UNE DEMOCRATIE AU SEIN DES PARTIS le 26/12/2009 à 18h45

Je me souviens comme si c’était hier, de la composition du gouvernement marocain dont feu Hassan II fut Président du Conseil, c'était durant la période 1965 - 1967.
Année 67 qui m'avait marqué par plusieurs événements, sur le plan personnel, c'était l'année de mon échec au Bac (pour démentir ceux qui pensaient que j'était brillant), sur le plan international, c'était la déroute des armées arabes face au Tsahal pendant la guerre des six jours et sur le plan national, la dissolution de l'équipe gouvernementale et la nomination de Mohamed Benhima en tant que premier ministre alors que le gouvernement qui précédait n'avait pas de premier ministre mais le roi feu Hassan II comme Président du conseil de Gouvernement.

Si l'échec au bac et la défaite des armées arabes sont des événements qui importants qui ne s'oublient pas, La composition de l'équipe gouvernementale qui venait d'être dissoute m'avait aussi marqué. Non pas parce qu'elle n'avait pas à sa tête un premier ministre, j'avoue que je ne voyais pas la différence entre un premier ministre et un président du conseil du gouvernement, mais tout simplement parce qu'elle comportait deux membres de la même famille et que je trouvais cette situation anormale!
Et pourtant personne ne pouvait mettre en cause la droiture ou la compétence de ces deux illustres personnes qui n'étaient autres que feu Mohamed Benhima et feu Ahmed Taybi Benhima. Le premier occupait le poste de ministre de l’Education Nationale, des Beaux Arts et de la Jeunesse et des Sports et le second celui des Affaires Etrangères.
Même si leurs formations de grands commis de l’Etat, et leurs compétences ainsi que leur appartenance à une grande famille de Safi leur permettaient d’occuper des postes au sein d'un gouvernement, je trouvais anormal qu’une équipe gouvernementale représentant tout le Maroc comprenne dans sa composition deux membres d’une même famille.
J’aurais aimé que le gouvernement soit plus cosmopolite et comprenne plus d’ethnies et de personnes de différentes régions du Maroc. Un équilibrage régional et ethnique même discret devrait être mis en place. Les compétences existent dans toutes les région du pays et parmi toutes les composantes ethniques de sa population. C'était ma façon de voir les choses et dans ce domaine je crois ne pas avoir beaucoup changé d'avis !

Je me souviens du premier gouvernement de feu Mohamed V où cette règle était appliquée avec intelligence. On y trouvait à titre d’exemple, Bekkay qui est originaire de l’oriental, M’Hammedi de Meknes, Cherkaoui de Boujaad, Zeghari de Fès, Lyoussi de Séfrou, Guédira de Rabat, Benjelloune de Salé, Mokhtar Soussi du Souss, Ben Bouchaib de la Chaouia etc.
Le second gouvernement fut encore amélioré avec la réservation d’un poste ministériel à un représentant de la communauté juive marocaine et Mr Léon Benzaken, fut nommé ministre des PTT ! .
En ces temps, les choses ont bien changé et même trop changé ! C’est sûr que l’avènement de la démocratie dans tout système de gouvernance ne peut qu’être salué, mais la démocratie a elle aussi ses exigences et ses préliminaires qui à défaut d'être respectés lui enlèvent toute crédibilité. On ne maquille pas un visage qui n’a pas été lavé et nettoyé auparavant !
« La3kr fouk louskh » ne donne jamais une belle apparence !

C’est vrai que démocratiquement un gouvernement doit être formé par le parti politique ou une coalition de partis qui ont reporté les élections et qui disposent d’une majorité au sein du parlement. Personne ne conteste cette règle. Mais faut-il encore que ces partis appliquent dans leurs instances et dans leur système de désignation de leurs bureaux cette même règle de la démocratie; et ce n’est pas le cas de tous nos partis politiques.
Et pour être direct, est-ce le parti dont est issu l’actuel premier ministre n’a pas de militants ministrables qu’au sein d’une même famille ou d’une même ville ?
Un cadre « istiqlali » d’Amellago ou de Beni Mellal, ou Sebt Gzoula, est-il moins « istiqlali » que celui de Fès ?
Pour se voir confier des responsabilités importantes au sein d’une administration, un ingénieur d’une grande école originaire d’Ait Shaq ou de Tinejdad, est-il moins ingénieur que celui de Fès, de Salé ou de Rabat ?
La déontologie et l'étique doivent être observées et respectées au sein des partis politiques pour éviter que les membres d'une même famille ou des proches de leurs dirigeants se retrouvent au sein d'une même équipe gouvernementale, ce qui évitera de dénaturer la démocratie et de d'augmenter le sentiment de frustration auprès de beaucoup de cadres et de militants.
Un ami à moi m'avait dit l'autre jour, que certaines réunions de familles autour d’une Harrira fassia ressemblent à de mini réunions interministérielles, même si on y parle de "Khli3" et de Sqli plus que de grands chantiers du pays !

Le leadership d’un parti ou d’un syndicat ne s’hérite pas et ne se transmet pas de père en fils ni de père en fille, il se mérite par le militantisme et par la capacité de la personne à être un bon meneur d’hommes en un mot à être un leader !

Ce n’est que maintenant que j’ai compris l’imploration qu’avait faite à Dieu un Hdidioui en visitant pour la première fois Fès, Moha avait levé ses mains vers le ciel et avait dit :
"Adyawi Rabi ait fass s’Ljente yawyaghd s’fass" !
Il savait qu’il fallait passer par la cité de Moulay Driss pour avoir une chance de faire partie un jour d’une équipe gouvernementale ! A bons entendeurs salut !

Ainsi va Ghriss
Agadir le 30/01/2009

[Retour]