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Y A-IL SAHRAOUI ET SAHRAOUI ? le 26/12/2009 à 14h38

Après les événements dramatiques qu’a connus Agadir cette semaine, qui ont coûté la vie à deux étudiants originaires de nos provinces de sud et les troubles survenus au campus de Casablanca dimanche passé dont les auteurs sont encore une fois des étudiants sahraouis, je pense qu’il faut que nos responsables prennent les choses bien en main et ne laissent pas la situation pourrir et dégénérer en batailles rangées entres étudiants.
Ces manifestants dont certains crient à haute voix leur soutien au Polisario en brandissant les drapeaux de la RASD et qui troublent l’ordre public sont nés dans les années quatre-vingt, c'est-à-dire quinze années après la récupération de nos provinces du sud. Ils bénéficient d’avantages dont sont dépourvus les fils des martyrs qui ont combattu les français avant et pendant la colonisation. Bourses d’études, emplois garantis quelque soit leurs niveaux scolaires, gratuité des transports, subventions de tout genre et que sais-je encore ? Et malgré tous ces efforts que supporte tout le peuple marocain en ces temps difficiles, ces jeunes croient être au dessus de la loi et ne cessent de narguer tout le monde!
Sahraouis, nous les étions et nous les sommes aussi !
Allez y prendre un car dans une gare routière de Fès, de Meknès ou d’Azrou, vous entendrez les courtiers crier « Sahara, Sahara » à l'adresse des voyageurs à destination de Tafilalet !
Mais chez-nous, dans notre « Sahara » les produits alimentaires ne sont pas subventionnés comme ils le sont dans l'autre Sahara. Ils coûtent même plus cher qu’en ville puisque les prix de certains produits sont majorés du prix du transport. Les carburants, le gaz ne sont pas subventionnés et nos fonctionnaires ne touchent pas la double solde !
Pensant qu'il n'y a qu'un seul Sahara, nous avions adopté Feu Saïd Al Joumani qui était Chef de la Jmaa Sahraoui au temps de la colonisation Espagnole et avions fait de lui le député de Rissani lors des élection 1976 !
Que faut-il faire de plus, sinon être ferme avec tous ceux qui troublent l’ordre public et qui prennent les mains tendues de notre administration pour de la faiblesse.
Nous sommes tous Marocains et tous Sahraouis. Nous devrons tous avoir les mêmes droits et soumis aux mêmes obligations de Tanger à Lagouira comme aiment le crier nos médias .
Céder au chantage ou à l’intimidation n’est pas recommandable. Il faut être très ferme avec ces étudiants qu’on chouchoute et qui continuent à semer le désordre.
Les autres pauvres étudiants qui sont originaires de nos campagnes et nos montagnes commencent à considéré ce favoritisme un peu pesant. Eux, ils ne demandent pas la gratuité du transport, tout ce qu'ils veulent c'est juste d'avoir des cars qui desservent leurs régions.

Même nos maigres pâturages dans le Ghriss sont envahis par des centaines de troupeaux de chameaux venus du sud sans que les autorités puissent faire quelques choses. Leurs propriétaires quelques fois en 4x4, font la sourde oreille aux protestations des tribus à qui appartiennent ces pâturages.
Certains éleveurs ont même essayé d’exiger que nos commerçants leur vendent les produits aux prix avec lesquels ils les achètent chez eux !
Et Puis faut-il porter une gandoura bleue pour qu ’on soit écouté et qu’on se voit ouvrir les portes de certains bureaux? Ou Faut-il que les filles s’habillent en Sahraouiates pour éviter des contrôles et échapper aux rafles ?
Je pense que les limites de tolérances sont atteintes. Un redressement de la situation s'impose avant que la situation se détériore et génère des conflits dont notre pays n'a aucunement besoin

Cette situation, me rappelle un fait historique des années quarante que feu Moha Ouidani, mon grand père m’avait raconté.
Le fait s’est déroulé à Assrir, un des ksars d’Afrkla qu’habitait une grande communauté juive du Tafilalet.
Alors qu’on organisait une fête en l’honneur du nouveau commandant français qui venait d’être nommé chef des affaires indigènes de Tinjdad, le Caïd Mohamad d’Assrir avait demandé à toutes les tribus de venir danser devant la tente où étaient installés le nouveau chef et ses convives.
Avant qu’arrive le tour de la troupe juive, un homme vint apprendre à Moshé qui était le chef de la troupe juive que leur rabbin venait de mourir. Moshé couru vers le caïd Mohamad et lui demande de les exempter de leur tour de danse vu la circonstance douloureuse que sa communauté venait de connaître. Le caïd refusa malgré l’insistance de Moshé et ordonna que la troupe juive s’aligne et commence sa danse.
Moshé tout triste aligna sa troupe devant la tente officielle des convives et au moment de dire son Izli, Chmihha son épouse leva la main et demanda qu’Izli soit dit par elle.
Elle se tourna vers Mohamad le regarda dans les yeux et lança son Izli resté culte dans tout le Ghriss:
« Iwa toudayte youguerne toudayte aya ! » (Il n'y a pas de peur plus humiliante que notre peur !)

Chmihha épouse de Moshé avait bien raison !

Ainsi va Ghriss
Agadir le 22/12/2008

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