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WAIT AND SEE le 26/12/2009 à 14h36

Je vais revenir sur ma chronique du 29 novembre dont le titre est « Plus jamais ça !  » pour dire que certains lecteurs en lisant ma chronique ont du comprendre que je suis trop clément envers les Ghrissois du conseil municipal poursuivis pour détournement des deniers publics suite au rapport de la cour des comptes.
Tout d’abord je tiens à dire que je n’ai pas à être clément et même si je l’étais, ma clémence ne servirait à rien. Par contre je ne me réjouis jamais d’un malheur qui frappe une personne quelques soient les rapports que j’entretiens avec elle. Est-ce un défaut ou une qualité, je ne me pose même pas la question.
Nos compatriotes sont incarcérés certes, mais ne faut-il pas se réserver de les condamner avant que la justice rende son verdict ?
Et  même si demain ils sont reconnus coupables, Ne faut-il pas les plaindre et nous plaindre au lieu de pavoiser comme le font certains à Ghriss?
Les plaindre, eux qui n’ont pas su être à la hauteur de la confiance qui a été placée en eux, mais nous plaindre aussi, nous qui n'avons pas su choisir des personnes capables de réussir la mission dont elles avaient la charge.
Dans un message qui m'est adressé en privé, un lecteur m'a reproché le commentaire que j’ai fait au message d’une lectrice (voir courrier du lecteur), lorsque j’ai écrit :
 « Oui j'ai de la pitié mais pour mon village, pour ma municipalité et pour ma région ! Et si demain les personnes incarcérées sont reconnues coupables et condamnées, je leur en voudrais plus, Car à la lecture du rapport de la cour des comptes et de ce qui s'est passée dans certaines entités et si c'est voler pour voler ils auraient dû voler un boeuf et non un oeuf ! »
Bien sûr que je n’incite ni encourage personne à voler, le premier paragraphe de mon commentaire le dit sans aucune ambiguïté, et si la dernière phrase a été formulée de façon à donner lieu à une interprétation autre que ce que je pensais, je le regrette, car je ne pensais pas que cet ami lecteur l’aurait interprétée et comprise comme il l’a fait. Je pensais qu’il allait lire entre les lignes et me comprendre comme l’ont fait de nombreux lecteurs.
Aussi, pour enlever toute ambiguïté « chrah Mllah », je dirais qu'en écrivant cette phrase j’ai voulu exprimer ma crainte de voir mes compatriotes Ghrissois  aussi fautifs qu’ils soient, payer pour eux et pour d’autres !
Je ne souhaite pas les voir servir de boucs émissaires et leur faire porter le chapeau de toutes les malversations commises et être condamnés à de lourdes peines rien que pour  répondre à l’attentisme des gens et satisfaire l’opinion publique. Je ne veux pas non plus que leur condamnation le cas échéant serve de paravent pour occulter d’autres affaires révélées dans le même rapport et dont les auteurs sont plus connus ou ont des relations dans la sphère politique du pays. Pour être encore plus claire, je dirais que je n'aimerais pas que notre "petit Istiqlali" de Goulmima paie à la place des deux "gros Istiqlali" de Fès et de Casablanca qui eux n'avaient pas volé un oeuf mais tout un troupeau de boeufs !
"Qui vole un oeuf vole, un boeuf" dit l'adage, et je ne m'oppose pas à ce que dit le dicton qui réserve la même sanction et considère des deux cas comme un même délit. Certes, un vol reste un vol, mais il est demandé aussi de ne pas punir le voleur de l'oeuf et laisser libre celui du boeuf !
C’est ma grande crainte et je ne le cache pas. Mais comme disent les anglo-saxons, « wait and see »;
Je termine ma chronique en citant un Izli (ver) du grand poète du moyen atlas, feu Moha Ou Mouzzoune que Dieu ait son âme qui avait chanté :
Hawlat il 3youbinw awi iktabit Rabi ****  Hane ouna Tssane Adass Ichd oudar
adigue am nakine
 (Ne vous réjouissez pas du malheur qui m’est destiné)
 (Celui qui en rit, peut fauter et se retrouver dans la même situation que moi)! (Traduction approximative)

Ainsi va Ghriss
Agadir le 13 déc. 2008

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