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ADMIRABLE ET DERANGEANTE le 26/12/2009 à 14h25

Il y a quelques jours au cours d’une émission tv d’une chaîne française, la présentatrice soulignait avec beaucoup d’insistance, l’élégance de la garde des sceaux (ministre de la justice) d’origine maghrébine. Photos à l’appui on montrait Rachida portant des robes d’un grands couturier parisien et disant que la ministre dispose d’un vestiaire personnel dans l’atelier du grand couturier.
Ma réaction immédiate fut de penser à une réflexion discriminatoire de la part de la présentatrice,
Si une femme me suis-je dit, occupant un poste de ministre ne peut pas se payer une robe signée par un grand couturier qui pourrait le faire ?
Veut-on qu’une fille d’immigré demeure à l’image de toutes ces personnes qui avaient quitté leurs villages et leurs bleds et dont le souci n’était pas celui de faire des études supérieures ou de s’habiller de vêtements signés mais de se limiter à faire vivre les leurs qui sont restés au bled ?
Je me suis dit alors: Continue Rachida, montre à ces complexés qu’une beurette peut réussir ses études et peut occuper de hautes fonctions au sein de l’administration française. Montre leur qu’une fille d’origine maghrébine peut s’habiller avec élégance et montrer que ses jambes sont belles et ne sont point arc-boutées par une quelconque carence de calcium !
Là c’était il y a quelques jours !
Hier rebelote, Rachida a fait la une de toute la presse, et pour cause, elle serait enceinte nous dit-on et tairait le nom de l’homme qui lui a «gonfle» le ventre !
Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas le fait d’être enceinte qui a motivé tout ce brouhaha, mais plutôt le fait que Rachida n’ait jamais fait savoir qu’elle était mariée. Et au-delà de ce fait. Rachida qui est une fille musulmane aurait commis un acte condamnable par sa religion !
Alors supposons que Rachida serait mise enceinte par un ami ou un amant qu’elle aurait choisi et dont elle ne veut pas divulguer le nom, ne doit-on pas au lieu de faire tout un amalgame sur cette affaire saisir l’occasion pour poser le problème de ces milliers de filles mères qui vivent dans nos villes et qui sont marginalisées par la société et par leurs familles ?
Ne devrait-on pas faciliter aux filles qui ne trouvent pas de maris ou qui refusent le mariage par choix d’adopter un enfant, leur évitant peut etre de se servir autrement ?
Lorsque je parle de faciliter, je ne désigne pas les autorités mais notre société entière !
A quand un père, un frère pourra t-il conseiller à sa fille ou à sa sœur non mariée d’adopter un enfant si elle le désire ?
Avons nous le droit de condamner une fille qui n’a pas trouvé compagnie durant sa jeunesse à vivre seule sa vieillesse ?
Tout en respectant les règles de notre religion, je pense que des solutions existent. A nous de briser certains tabous qui poussent nos filles à commettre des actes qui les mettent en marge de la société et de leur religion.
Au-delà du cas de Rachida qui serait enceinte ou pas ou qui serait mariée ou non, je pense qu’une réflexion doit être menée sur le cas de ces nombreuses filles qui à défaut de connaître la maternité ne devraient pas être privées de transmettre et de recevoir de l'affection d’un enfant même s’il n’est pas sorti de leur ventre.
Cela aussi fait partie de l’ijtihad !

Ainsi va Ghriss
Le 05 septembre 2008

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