[Retour la liste]


UN PAVE DANS LA MARE ! le 26/12/2009 à 14h21

Je ne sais pas qui a dit que le passé nous aide à comprendre le présent et que le présent nous permet de préparer l’avenir. Mais qu’importe l’auteur de la citation si ce qu’elle prétend est juste.
Dans  vingt neuf jours exactement (30 août) un des événement majeurs que notre région a connu risque encore une fois de passer inaperçu, ci de rien n’était. Or cette date devrait être célébrée comme il se doit.
Il s’agit comme vous l’avez certainement deviner du soixante dix huitième  anniversaire de la bataille d’Amglagal.
Cette bataille est différentes de toutes les autres que notre pays a connu durant sa colonisation pour deux raisons.
La première elle est la seule à s’être terminée par la victoire des Ait Morghades sur l’armée française composée de légionnaires et supplétifs sénégalais et marocains qui avant d’avancer sur Ghriss avaient installé une garnison dans la localité à Tarda (36km de Goulmima) qui représentait la frontière entre Ait Morghade et Ait Izdeg. Malgré le grand nombre de ses soldats et l’artillerie dont elle disposait et malgré qu’elle soit cantonnée durant quatre années à Tarda pour préparer l’invasion de Ghriss, l’armée coloniale fut décimée à Amglagal.
La deuxième raison est aussi importante car c’est suite à cette déroute cuisante de leur armée que les autorités militaires s’étaient rendues compte que la prise de Ghriss leur était impossible qu’elles avaient pris la décision quelques mois après de bombarder Goulmima et de faire intervenir pour la première fois l’aviation dans cette campagne de colonisation du Maroc. Et c’est suite à ces bombardements que certaines famille prirent le chemin d’Alnif puis du Saghro pour continuer à se battre aux cotés des Ait Atta. Cette exode est communément connue à ce jour sous l’appellation d’ « Lhijr » faisant ainsi allusion à l’exode du prophète. Cette appellation n’est pas fortuite car nos 3oulama de Fès continuaient de demander aux nôtres de résister à l’occupant.
Finalement Goulmima tomba sous l’occupation de l’armée française et le Résident Général accompagné de du Général Giraud vinrent assister du haut d’Assedrem à la prise d’Ighrem N’Igoulmimen le 1930 ; Voilà pour l’histoire.
Maintenant revenons à ce que j’ai appelé plus haut « comme il se doit »
Cette résistance et cette bravoure des nôtres, on ne peut qu’en être fiers elles honore nos parents comme elle honore nous qui sommes leurs petits et les arrières petits fils, mais, il faut aussi savoir qu’une année (1929) avant la chute de Goulmima le premier marocain (de Fès comme par hasard) obtenait son baccalauréat !
Faut-il chanter et danser la bravoure de nos parents ou pleurer tout ce temps perdu qui a désavantagé nos parents par rapport aux habitants des villes qui avaient levé le drapeau blanc dès 1912 ?
Moi j’ai trouvé la solution, le 30 août, j’irais à Amglagal et je me comporterai comme Abred N’Taydwine, lorsque je penserai au courage et à la bravoure des miens je chanterai et danserai et quand je penserai à tout ce temps perdu qui a désavantagé ma région, je pousserai des cris de colère et regret.

Ainsi va Ghriss
Le 02 août 2008

[Retour]