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LA REVOLUTION DE L’ISLAM le 26/12/2009 à 14h20

Pour choisir le titre de cette chronique, j’ai hésité entre les mots révolution et renouveau. Finalement, j’ai opté pour le terme révolution parce qu’à mon sens, il correspond plus à ce que notre religion l’Islam est en train de vivre.
Ne vous leurrez pas, cette révolution que vit l’Islam n’a rien à voir avec la révolution à la Che Guevara ou à l’iranienne de Khomeiny. C’est une révolution pacifique, intelligente est surtout convaincante.

Ce n’est pas un tabou ni un secret pour nous de dire que nous sommes des musulmans par héritage que par conviction. Nos parents étaient nés musulmans alors pourquoi ne le serions-nous pas nous aussi?
C’était de cette façon que nos parents et nos grands parents qui étaient analphabètes et qui ne pouvaient lire et encore moins comprendre les texte du Coran sont devenus musulmans. Ils connaissaient les cinq piliers de l’Islam, ils en pratiquaient quatre, pour le cinquième pilier l'insécurité au cours du voyage et le manque de moyens de transport ne permettaient pas d'accomplir le pèlerinage, seuls quelques uns ont d'après leurs dires se rendre à la Mecque, (moins de dix pour tout le 19eme siècle)
Pour palier à l’insuffisance de leur connaissance dans le domaine religieux, on leur avait trouvé une formule magique qui reste à nos jours valable cette formule est : « A niyatou ablaghou min al 3amal » (l’Intention est plus méritante que l’action)

Ceci étant dit, il faut aussi reconnaître et cela est une vérité historique que l’islamisation de plusieurs pays s’est faite par obligation et par contrainte. Tu dis la « Chahada » ou on te tranche la tête, leur disaient les conquérants porteurs du message d'Allah ! Et ce n’est pas une exclusivité des conquérants musulmans. Les catholiques ont fait de même en Andalousie, les juifs qui sont restés en Espagne au temps d’Isabelle la catholique étaient obligés de déclarer en public leur conversion au Christianisme même si chez eux en cachette, ils continuaient à porter la kipa et à pratiquer le Judaïsme.
Il va de soit que lorsque vous êtes obligé de faire une chose par contrainte et non par conviction, souvent le cœur n’y est pas !

Pour comprendre l’Islam il faut non seulement lire le saint Coran mais le comprendre et pour le comprendre il faut bien maîtriser la langue Arabe, ce qui n’est pas le cas pour le commun des mortels.
Si à cette difficulté vous y ajoutez le fait que l’Islam n’a pas de clergé ni de missionnaires qui se chargeraient de faire connaître à d’autres peuples la religion islamique. Il ne reste plus qu’une chose, celle de faire comprendre l’islam par un moyen que tout le monde comprend et cet autre moyen n’est autre que sa traduction en d’autres langues !

Faites lire à un Juif la Soura de Youssouf (Joseph) ou à un Chrétien la Soura d’ »Al 3imrane » (la famille d’Imrane), vous verrez après avoir fini sa lecture, il s’étonnera et vous demandera
Est-ce que c’est écrit dans le Coran?
Je me souviens de la réaction d’un ami Chrétien Canadien qui n’en revenait pas lorsque je lui ai expliqué le rituel du Haj (pèlerinage), et qu’il s’est rendu compte que tout ce rituel n’est que la commémoration d’une partie de la vie du prophète Abraham (Sidna Ibrahim) !
Le Coran apprend aux juifs l’histoire du prophète Moussa (Moïse) et tout ce qu’il avait enduré avec le pharaon (Fir3aoune) que ne le fait la Thora !

Vous avez certainement compris ce que j’ai voulu dire par la Révolution de l’Islam; Cette révolution pacifique intelligente qui consiste à expliquer la parole de Dieu aux populations du monde à travers leurs langues.

Pour se faire, il ya bien sûr les livres et l’Internet, mais nous pouvons accompagner ces deux moyens par un atout majeur que nous les musulmans avons et que les deux autres religions monothéistes n’ont pas. Celui de dire aux Juifs que Moïse est aussi notre prophète et nous musulmans que nous sommes nous croyons en lui. On peut dire aussi aux Chrétiens que Jésus fils de Marie est aussi notre prophète et que nous croyons en lui également.

Seulement il me semble qu’avec cette révolution que vit l’Islam, il faut commencer à vivre notre propre révolution. Celle de croire aux écritures et à tous les envoyés de Dieu, celle de distinguer entre les versets révélés pour répondre à une question ou à un problème conjoncturel de l’époque du prophète et puis les versets qui traitent les fondamentaux de notre monde.
Le fait de tout confondre et de ne pas se référer « aux motivations de la révélation » (Asbab n’ouzoul) peut induire plus d’un en erreur et entrainer une interprétation erronée du livre saint.
Pour clore cette chronique je citerais le 7éme verset de sourate Al Imrane (famille d’Imrane) il fait allusion à ce risque de confusion et d’interprétation :

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
7. C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre: il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: ‹Nous y croyons: tout est de la part de notre Seigneur!› Mais, seuls les doués d'intelligence s'en rappellent. (Saddaq Allah Al3adim).

Ainsi va Ghriss
Goulmima le 26 Juillet 2008

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