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EN MARGE DES EVENEMENTS DE SIDI IFNI (suite) le 26/12/2009 à 14h15

Ce qui est arrivé à Sidi Ifni, ne doit pas être pris à la légère ni faire l’objet d’une exploitation politicienne de certains qui agissent comme des vautours qui attendent que l’animal s’affaisse pour se ruer sur lui!

Ceux qui gesticulent aujourd’hui à travers les écrans de tv et via certaine presse ne peuvent pas se défaire de leur responsabilité, ils doivent l’assumer et reconnaître d’avoir failli à leur mission.

Je ne préconise pas de sévir ni même de punir, cela ne servira rien. Ce qu'il faut c'est de tirer des enseignements de ce qui est arrivé pour que ce genre d’évènements ne se répètent pas à Sidi Ifni ou ailleurs !

On ne solutionne pas les problèmes par la répression et les coups de matraques ni par l’arrestation de ceux qui ont agi même s'ils ont mordu sur les lignes rouges tracées par le Makhzen. La solution des problèmes se fait par la concertation, par le dialogue, par l’écoute et la compréhension des revendications de l’autre.

« Fhamni oula T3tini » (Comprends-moi sans me donner) dit l’adage ! Et s'il se termine par « sans me donner» c’est tout simplement parce qu’on est sûr qu’après être écouté et compris on ne peut pas être renvoyés « sans rien » !

Le paradoxe dans les relations Autorités et Elus d'une part et la population d'autre part, c’est que les premiers qui sont sensés écouter pour prévenir et anticiper sur certains évènements, évitent de rencontrer et de dialoguer avec les seconds. Ils font le dos rond et observent un attentisme volontaire espérant que tout soit « calme » jusqu’à leur prochaine mutation ou à la fin de leurs mandats d’élus.

J’ai déjà écrit que nous avons un vrai problème au niveau des gens qui se présentent aux élections locales, nombreux sont ceux pour qui, être élu représente un objectif et une fin en soi. Donc une fois élue, la personne considère qu’elle a atteint son objectif, un objectif qui consiste à faire partie des notabilités pour assister aux cérémonie et d’être conviée aux divers événements (même familiaux) qui se déroulent dans sa circonscription.
Rares sont ce qui comprennent qu’être élu est avant tout « Taklif » (charge). Avant d’être « Tachrif » (honneur) !

Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais dans ma localité j’aurais aimé voir nos élus initiés des rencontres avec les jeunes, avec les cadres de la diaspora , avec nos MRE pour discuter des problèmes, ébaucher des solutions locales qui certainement existent.
Les visites sur terrain qui étaient fréquentes un mois avant les élections se sont arrêtées d’un coup dès la proclamation des résultats!
Plus grave encore ces personnes qui avant cherchaient le contact et la discussion font tout maintenant pour éviter de vous rencontrer !
J’ai déjà écrit dans une de mes précédentes chroniques que je rejette la violence d’où qu’elle vienne, cela ne veut pas du tout dire qu’il faut se taire et subir. Si ceux qui venaient nous promettre mont et merveilles pour avoir nos voix ne viennent plus nous voir, il ne nous reste à nous que d’aller les voir !
C’est légitime non ?
C’est pour cela que personnellement les manifestations pacifiques et calmes devant le parlement ne me surprennent pas.
Ceux qui venaient sonner à nos portes pour que nous votions pour eux doivent aussi accepter qu’on vienne en groupe sonner à leurs portes et leur faire part de nos mécontentements !

Je ne sais pas si sur le plan juridique, il est possible de déposer une plainte contre un élu ou un agent d’autorité qui n’aurait pas bien rempli sa mission ?
Une telle possibilité ferait bouger ceux qui perçoivent un traitement sans remplir leurs missions et servirait aussi d’indicateurs en décelant à l’autorité centrale les défaillances là où elles sont, bien mieux que le ferait une mission d’audit.

Ainsi va Ghriss
Agadir le 21 juin 2008

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