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LES REVOLUTIONNAIRES DE SALONS ! le 26/12/2009 à 14h12

Un dicton Ghrissois (de ma propre invention) dit : « Attends que tu casse l’amande et que tu la goûtes pour dire qu’elle est douce ou amère ! »
A quelques jours de la tenue du congrès de l’USFP, je me demande si ce parti a encore dans sa stratégie et sa ligne politique quelque chose qu’aurait validé un Benbarka ou un Bouabid s’ils étaient encore en vie?
Le terme socialiste, trouve-t-il toujours sa place dans ce parti ou serait-il en train de subir la torture de ceux qui, chaque jour le dénaturent ?
Moi, je dis que ce parti n’a de socialisme que son appellation ; car le socialisme est d’abord un état d’esprit  avant d’être une doctrine ! Un état d’esprit de ceux qui l’incarnent et de ceux qui parlent en son nom et agissent sous sa couverture !
 
Tout le monde se rappelle des interventions au parlement de l’ancien ministre qui, avant d’être nommé au gouvernement contestait en vrai homme d’opposition et de gauche  ce que proposait l’équipe gouvernementale de l’époque ! Mais hélas, une fois au gouvernement notre contestataire est devenu docile, oubliait même ses chiffres et leurs virgules. Ce n’est pas ses charges de ministre qui l’ont érodé et lui ont fait prendre le pli, mais il avait pris goût  au mode de vie de la bourgeoisie qu’il dénonçait auparavant.
« Billahi 3alaykoum » (j’arabise, quand il le faut et berbérise lorsque c’est nécessaire !), pensez-vous un instant qu’un Ben Barka, un Bouabid ou un Yousfi aurait accepté un poste de ministre sans portefeuille, qui se contenterait de percevoir un salaire de ministre tout en sachant que ce salaire qui lui est versé par l’Etat provient pour une partie des impôts prélevés des salaires des classes laborieuses de notre pays ?
Abbadane ! (Jamais) Car ces hommes avaient le sens de l’éthique et respectaient les principes de leur parti!
Nos révolutionnaires de salons ne voulaient que révolutionner leur mode de vie et leur statut social ! Et là je pense qu’ils ont atteint leur but ; une ou plusieurs grosses cylindrées, une belle battisse du coté de la route de Z3er et peut être une ferme de quelques dizaines d’hectares acquise auprès de la SODEA à un prix préférentiel pour ne pas dire symbolique, Mehdi,  Abderrahim et Abderrahman, vous  pouvez dormir en paix, vos successeurs font du bon travail !

Revenons donc au prochain congrès qui va se tenir dans quelques jours. Nous constatons que ces personnes qui appelaient il y’a quelques décades au rajeunissement des instances dirigeantes du parti sont en train de tout faire pour se maintenir aux commandes et barrer la route aux nouvelles générations.
Ceux-ci sont en train d’élaborer des textes et d’inventer des stratégies qui n’ont qu’un seul objectif, assurer leur maintien aux commandes du parti.
Nous avons vu tous comment les militants de base de l’USFP avaient réagi après les résultats désastreux enregistrés par le parti lors des élections législatives. La majorité, sinon tous réclamaient le départ de tous ceux qui sont à l’origine de cette déconvenue, à commencer par le Premier Secrétaire qui a été poussé à la sortie (même s’il est resté au perron) !
Mais les éléphants ne veulent pas jeter l’éponge ni même pas faire leur autocritique (Annaqd Addati)  terme que les gens de gauche aiment utiliser lorsqu’ils ne s’agit pas d’eux !
Au lieu d’organiser des élections individuelles pour désigner les membres du prochain bureau politique, ils ont inventé des artifices qui permettent le maintien des anciens, excluant la chance de voir les jeunes aux commandes du parti.
Le vote par liste est une bonne chose lorsqu’il s’agit de garantir la représentativité de plusieurs partis politiques ou des courants d’idées différents au sein même d’un même parti, mais si c’est pour permettre à chaque tête de liste de passer, demain nous aurons des personnes qui seront réélues tout simplement parce qu’elles se sont arrangées pour être des têtes de liste et ceci au grand dam de la base militante qui réclamait leur départ
Hier, c’étaient El Yazghi, Radi, Oulaalou, El Malki et quelques autres, demain à moins d’une grande surprise, ça sera Radi, Oulaalou, El Malki, El Yazghi et les mêmes autres. Bonnet blanc ou blanc bonnet c’est kif, kif m’avait dit un Mejdoub !
A défaut de laisser la place aux nouveaux, pourquoi les anciens ne  laissent-ils pas ceux qu’ils avaient écartés au sein même du bureau politique, précisément les pro-Yousfi prendre les commandes du parti ? Pourtant, certains d’entre eux ont démontré leurs compétences et leur savoir faire en réussissant là où on les donnait pour perdants ! Mais comme dit un adage Amazigh « Atkhmaj oula Itchate 3ami » (mieux qu’elle pourrisse, que de la voir mangées par mon oncle) !

Habitué à ne voir qu’espoir dans la fraîcheur et la beauté des pétales  d’une rose,  la voir se faner ne peut que me rendre bien triste !

Ainsi va Ghriss
Agadir le 28 Mai 2008

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