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UNE VISITE TANT SOUHAITEE le 26/12/2009 à 14h08

Dans nos campagnes, en dehors des grandes agglomérations, notre administration semble être atteinte d’une paralysie généralisée. Les responsables des divers départements donnent l’impression de laisser le temps au temps et attendent que passent les quatre années dans les localités de leurs lieux de travail pour espérer se voir affectés ailleurs et recommencer l'attente.
Si effectivement ces changements d’affectations après quatre années de service dans une localité ont leurs avantages et évitent que se nouent des relations de copinage entre certains responsables et les patrons des entreprises qui opèrent dans leurs circonscriptions, ils ont le désavantage de ne pas laisser le temps nécessaire aux responsables départementaux pour planifier et mettre en exécution leurs projets et ainsi les responsabiliser du début jusqu’à la fin de la bonne exécution et du respect des normes de qualité de leurs ouvrages, ce qui permettra par la suite d’évaluer le travail effectué et de demander des explications et surtout de punir en cas de constatation d’un quelconque manquement à la règle ou à la déontologie de la profession.
Que de chantiers ont été mal entrepris et mal exécutés et lorsque quelques mois après on se rend compte de ces manquements et qu’on demande qui était responsable de l’exécution ou de la supervision de ces travaux, on nous dit c’est un tel qui a été muté entre temps loin de l’endroit de son « forfait ».
S’il était encore là au moins pour voir « Lfdihte nss ! » le résultat de son mauvais travail pour ne pas dire autre chose !

Il fut un temps ou la mutation d’un responsable est vue comme une sanction qui est conséquente à l’insatisfaction de sa hiérarchie dans l’exercice de sa fonction.
Des fois même c’étaient les populations qui demandaient qu’un responsable soit relevé de ses fonctions ou muté quand elle constatent que les choses n’évoluent pas dans leurs villages.
Me vint en tête, cette histoire arrivée dans un village du Haut Atlas oriental, chez les Ait Hlidou pour les citer.
Les habitants de ce petit village du Haut Atlas avaient constaté que leur localité n’a vu aucune amélioration après une douzaine d’années de fonction de leur caïd.
Un jour ils décidèrent d’aller voir le gouverneur à Errachidia et lui dirent :
Monsieur le gouverneur de Sa Majesté, le caïd que vous nous avez affecté est chez nous depuis douze ans, si il est performant il faut que d’autres villages aussi profitent de son efficacité car chez nous, en douze ans, il avait tout le temps pour finir ce qu’il a entrepris!
Si au contraire il ne l ’est pas, est-ce que nous sommes les seuls a être victimes de son laxisme et son inefficacité ?
Je garderais pour moi la suite réservée à cette doléance des Ait Hlidou.

Dans l’incapacité de trouver des stimuli pour que tous ceux dont le développement de notre région fait partie de leurs missions et de leurs charges de travail se mettent au boulot, tout ce que je souhaite, c’est que notre souverain honore notre région par sa visite.
Une visite tant attendue par les populations qui, certainement, à l’instar de ce qui est fait dans la province de khénifra et bien dans d'autres, lancera la mise à niveau des infrastructures qui permettront à notre région d’entamer son développement socio-économique.
C'est un voeu que je formule et je garde l'espoir de le voir se réaliser.

Ainsi va Ghriss
Agadir le 10 mai 2008

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