[Retour la liste]


MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE MAIS AUSSI EXECUTIVE ! le 26/12/2009 à 13h52

Je pense qu’il n’y a pas plus dangereux que de mettre une arme entre les mains de quelqu’un qui ne sait pas ou qui risque de mal s'en servir.
Quelques personnes qui regardent plus les chaînes étrangères que locales, et qui connaissent mieux le quartier latin et les rues de Paris tout en ignorant où se trouve Krouchen ou Outarbate, se trompent beaucoup lorsqu'ils demandent que notre monarchie doit être à l’image des monarchies européennes.
Ils oublient ou plutôt font semblant d’oublier le fossé qui sépare le niveau intellectuel des populations et leur degré d'imprégnation dans le domaine politique, à moins que le but recherché n'est qu'avoir la possibilité de pêcher dans une eau trouble.
Le but de tous les partis politiques est le même et cet objectif n'est autre que celui de s'emparer du pouvoir et de gouverner. Ce qui diffèrent d'un parti à l'autre, ce sont les méthodes et les chemins choisis pour y parvenir.
Ce n'est pas parce que la personne est élue sur un programme qu'elle avait présenté à ces électeurs, qu'une fois aux commandes elle applique ou modifie des lois pour lesquelles elle n'a pas été élue ni fait part à ces électeurs lors de sa campagne électorale. Malheureusement il arrive souvent que l'élu profite de sa position pour faire passer certaines décisions qui ne vont pas toujours dans l'intérêt de la communauté. De tels faits ne peuvent être qualifiés que d'abus de confiance et de pouvoir.
C'est pour cette raison que je dis que le Maroc qui a la chance d'avoir une monarchie constitutionnelle et exécutive à la fois a tout intérêt à garder ce mode de gouvernance qui évite de mettre le destin et le devenir du pays entre les mains d'un premier ministre issu d’un parti et dont le souci ne serait que d’appliquer les recommandations issues d’une idéologie qui souvent ne vont pas dans l’intérêt de la nation.
Pour être plus claire et sans user de la langue de bois, imaginez que le premier ministre dispose des pouvoirs dont dispose son homologue espagnol dans une monarchie semblable à celles de nos voisins ibériques ou des belges, je suis sûr qu’une des premières décisions qu’il prendra sera l’arabisation de tout, y compris l’enseignement supérieur et le secteur privé. Quitte à mettre en péril les investissements étrangers et rendre encore plus difficile l'accès de nos étudiants aux grandes écoles étrangères.
Et là qui dira quoi ? Même en descendant dans la rue, il répliquera qu'il n'a fait qu'appliquer ce que la loi lui permet.
Dans la même vision, supposons que c’est le PJD qui remporte la mise des élections et que son patron devienne premier ministre et impose le hijab partout, interdit les plages aux femmes et ferme les bars et interdit même Takerfiyte !
On n'aura plus que nos yeux pour pleurer, à moins de tenter de s’embarquer dans une pattèra pour aller mieux respirer ailleurs !
Ainsi, la chance qu’a notre pays réside justement dans le fait qu’il soit une monarchie constitutionnelle et en même temps exécutive.
Le roi qui est au-dessus de tous les partis reste garant des libertés de tous les marocains et du respect des valeurs qui constituent les fondamentaux intouchables de la nation. Il règne c'est certain, mais il gouverne aussi, même si c'est à distance et tant mieux.
Avant de penser à donner plus de pouvoirs au premier ministre comme le demandent certains, attendons qu'il utilise dans le bon sens ceux dont-il dispose et que lui confère la constitution sans favoritisme, sans copinage et sans tenir compte de liens de parenté. Vous conviendrez avec moi que ce n'est pas le cas actuellement chez-nous !
La révision que nous souhaitons et que nous demandons est celle qui consolidera les valeurs marocaines ou qui en ajoutera d'autres afin de mettre à l’abri notre pays des manipulateurs aux petits calculs malintentionnés et qui ne voient en premier que leurs intérêts personnels.
Parmi ces valeurs, qu'il faudrait ajouter à notre constitution je citerais.
- La reconnaissance de l’Amazighité du Maroc et l'adoption de sa langue comme langue officielle au même titre que l’arabe.
- L’application par les faits et non seulement dans les textes de l’égalité des droits de la femme et de l’homme.
- La garantie de la liberté du culte. Car si on a accepté que les enfants de marocaines mariées aux étrangers non musulmans portent la nationalité marocaine, ce qui est une très bonne chose, il faut qu’Edouard Moha, Rachida Dupont, Ali Abitbol et tous les autres puissent en toute liberté implorer Dieu et prier pour les prophètes auxquels ils croient sans qu'ils soient montrés du doigt ni regardés du coin de l'oeil sous une barbe !

Ceci étant dit, Ali est toujours égal à lui même, loin d'être plus royaliste que le roi !

Ainsi va Ghriss
Agadir le 09/02/08

[Retour]